Blog d’Amandine au Mexique

Je suis arrivée au Mexique et j’ai été dans une famille qui avait 4 enfants. J’ai joué avec Lorea, qui a 7 ans et qui parle anglais et espagnol.J’ai dormi dans la chambre de Lorea.

J’ai été à une très grande messe où il y avait beaucoup de monde, dans une église où il y a une image très spéciale de Marie. Après je suis partie en voiture pour aller à Malinalco en mégamission. Là-bas, j’ai visité des maisons pour parler avec les familles, mais comme je ne parle pas espagnol, ce sont mes parents qui parlaient. L’après-midi, je faisais des bricolages et je jouais avec les enfants des villages. On mangeait sous une tente et on se servait de ce que l’on voulait. Il y avait des tortillas, des genres de crêpes plates et rondes, mais salées, et des très bons jus de fruits. On dormait dans une maison et il pouvait y avoir des scorpions et une dame s’est fait piquer par un scorpion pendant qu’elle faisait les bagages. Le scorpion était caché dans les habits. Elle est allée à l’hôpital et heureusement elle n’est pas morte.

Après je suis partie à Cancun, au bord de la mer. Quelqu’un nous a prêté une maison et dehors il y avait un parc avec un toboggan et des balançoires. J’ai fait des missions où on parlait aussi à des familles. J’ai vu des pyramides mayas, des gens qui vivaient avant au Mexique. Je suis allée avec le Père Pierre et j’ai été dans un endroit où il y avait de l’escalade, des bateaux et du kayak. J’ai fait du catamaran et j’avais un peu peur de tomber à l’eau, parce qu’il allait vite. J’ai aussi fait de la plongée avec une grosse bouteille d’oxygène. Il y avait de très bons repas et on pouvait se servir de tout ce que l’on voulait. Dans une réserve, j’ai caressé un toucan: il était doux et très joli. Il avait le corps noir, le cou et la tête jaunes et le bec était vert, orange, jaune et rouge et c’était très beau. J’ai aussi caressé un daim qui mangeait des feuilles vertes.

Je me suis baignée dans la mer et elle était très chaude. J’ai vu des pyramides mayas. J’ai vu la pyramide de Chichen Itza, qui avait 91 marches, et qui servait pour compter les jours, les mois et les années. La nuit, il y avait un spectacle sur la pyramide qui expliquait l’histoire des pyramides, mais en espagnol.

J’ai visité un village maya. Dans les maisons en bois, les gens dormaient dans des hamacs et faisaient un feu dans la maison pour faire les repas. Il y avait un arbre dont le fruit était comme du coton. C’était très doux.

A la fin, je suis retournée chez Loréa à Mexico et j’ai grimpé sur des pyramides très vieilles.

Teotihuacan ou les immenses pyramides du soleil et de la lune

Nous allons à Teotihuacan, à 40km au nord-est de la ville de Mexico, dans la plus grande cité de l’Amérique précolombienne. Cet endroit était un centre de civilisation très important entre 150 et 750 AD, et s’étend sur plus de 30km² (dont seulement 2% ont fait l’objet de fouilles archéologiques systématiques).

Le nom de Teotihuacan est un nom aztèque, qui a été donné à la cité alors qu’elle était déjà abandonnée. Il signifie. « Le lieu où les hommes deviennent des dieux ». Cette cité était visiblement une cité multiéthnique qui abritait dans ses différents quartiers des Zapotèques, des Mixtèques ou des Mayas.

Une allée principale, l’« Allée des morts » (longue de plus de 2km et large de 40 à 95 mètres), est bordée par des monuments et notamment par 2 immenses pyramides: la pyramide du soleil et la pyramide de la lune.

La pyramide du soleil est la deuxième plus grande pyramide en Amérique et sa construction a probablement commencée au début de notre ère et a été achevée en 150. Elle a été construite d’un seul jet. Elle mesure 65 mètres de haut et, à sa base, forme un carré de 225 mètres de côté. Nous avons la chance de pouvoir gravir les 248 marches, réparties en 5 niveaux, et de pouvoir voir la vue sur toute cette immense cité incroyable. Le sommet abritait un temple, qui a maintenant disparu.

La pyramide de la lune, un peu plus petite, mais tout aussi impressionnante, termine l’allée des morts. Elle a été construite en plusieurs fois, et plusieurs monuments sont superposés, les uns sur les autres. Derrière la pyramide, un ancien volcan, le Cerro Gordo, peut être admiré.

Beaucoup plus loin se trouve le temple de Quetzalcoatl, le temple du serpent à plumes, le monument le plus récent de cette cité. C’est une pyramide à 7 degrés, beaucoup plus petite que les 2 autres pyramides, mais ornée de sculptures de serpents à plumes ondulés et de têtes de serpents. Ces sculptures, comme la plupart des monuments et pyramides, étaient peintes. Chaque tête de serpent pèse plus de 4 tonnes et est fixée par un tenon. On peut imaginer le travail titanesque que cela a demandé…

Un temple aztèque en plein centre ville, à Mexico

Après notre mois à Cancun, nous passons quelques jours à Mexico, chez Jose et Charito qui nous avaient accueillis pour la mégamission. La veille du départ de Cancun, et alors que nous devons prendre l’avion pour Mexico, Amandine nous fait une grosse fièvre, avec une pointe à 40. Le moment est particulièrement mal choisi. Avec cette épidémie de grippe porcine, il est impossible de voyager avec de la fièvre… Le lendemain matin, Amandine va mieux et n’a plus que 38. A l’aéroport, nous devons remplir des formulaires et répondre à des questions sur notre état de santé, en vue de détecter tout risque de grippe. Nous signalons la fièvre d’Amandine (qui heureusement n’a aucun autre des symptômes à signaler) et on nous laisse voyager et prendre l’avion. Ouf! Dans l’après-midi, à notre arrivée, Amandine semble avoir totalement récupéré sa bonne forme et part jouer au parc avec Loréa.

Nous profitons de ces quelques jours pour découvrir un peu plus la ville de Mexico et allons visiter le « Zocalo », le centre ville. La cathédrale du centre est la plus vieille et la plus grande cathédrale d’Amérique. Il a fallu plusieurs siècles pour finir la cathédrale (de 1573 à 1813), d’où les différents styles que l’on y retrouve. Aujourd’hui, l’église s’enfonce dans le sol, comme beaucoup de monuments à Mexico, vu que le sous-sol est meuble et que le niveau des nappes d’eau sous Mexico baisse considérablement.

Tout près de la cathédrale se trouve les ruines d’un temple aztèque. Les espagnols, après leur conquête de Tenochtitlan rasèrent presque complètement ce temple et Hernan Cortes ordonna qu’une église soit construite quasiment sur le site aztèque même. Par la suite, cette église fut remplacée par la cathédrale que nous voyons actuellement. Beaucoup de pierres qui ont servi a la construction proviennent des monuments aztèques.

Les restes du temple aztèque (“Templo Mayor”) n’ont été découverts qu’en 1978, complètement par hasard, lors d’excavations par la compagnie d’électricité. Des bâtiments coloniaux ont alors été détruits pour pouvoir découvrir ce site. Il ne reste aujourd’hui que les bases du temple, mais par contre plus de 6.000 objets aztèques y ont été découverts et peuvent être contemplés dans le musée adjacent au site archéologique. Selon la légende maya, ce temple aurait été construit à cet endroit parce qu’un aigle aurait été vu sur un cactus en train de dévorer un serpent, répondant ainsi à une prophétie aztèque.

La construction du temple aurait commencé après 1325 et se serait prolongé au cours des 2 siècles suivant. Lors de la conquête espagnole, dès 1521, la ville de Mexico comptait 300.000 habitants et ce temple servait de centre religieux. Il était dédié aux dieux de la guerre et de l’eau et des sacrifices humains y étaient fréquemment pratiqués. On peut d’ailleurs voir dans le musée de nombreux couteaux, en obsidienne notamment, qui servaient pour les sacrifices.

Pour aller visiter le musée et en l’espace de 2 minutes, on nous asperge 2 fois les mains avec une solution anti-bactérienne et on nous donne un masque à porter… Les précautions sont toujours de mise, même si peu de gens maintenant portent ces masques.

Mais assez d’histoire pour le moment, je vous laisse découvrir en photos quelques-uns des objets retrouvés dans ce temple…

Une semaine à la Guadalupana à Playa del Carmen

Après 3 semaines à Cancun, nous partons un peu plus au sud sur la côte, à Playa del Carmen. Comme pour Cancun, il y a deux Playa del Carmen: la partie touristique, avec ses hôtels en bord de plage, ses rues commerçantes et ses restaurants, et la partie plus à l’intérieur des terres, où vit une grande partie de la population. C’est dans cette deuxième partie que nous nous rendons, à l’invitation du Père Pablo.

Nous sommes dans le quartier de la Guadalupana. Les maisons ont toutes la même architecture et seule la couleur des maisons les distinguent les unes des autres. Ici, les moyens sont modestes, voire très modestes, quand ils ne manquent pas tout simplement. Certains enfants du quartier n’ont jamais vu la mer, alors qu’elle est à peine à plus de 10-15 minutes de bus! L’alcool et la drogue sont aussi très présents et font beaucoup de ravages dans les familles. L’école publique terminant à 11 heures (elle commence à 7 heures du matin) et les deux parents travaillant en général, les enfants et les jeunes trainent dans la rue et, pour certains d’entre eux, cela signifie une plongée rapide dans toutes sortes de problèmes, et notamment la drogue.

Le Père Pablo est arrivé dans cette paroisse il y a un peu plus d’un an. Auparavant, il n’y avait pas de prêtre pour s’occuper de toute cette zone. Même si la population du quartier est essentiellement catholique, il y a tout à faire. Lors de son arrivée, seule une quinzaine de personnes venait assister à la messe le dimanche, maintenant ils sont plus de mille chaque week-end. Le quartier était le cadre de beaucoup de violence et de crimes, qui semblent s’être calmés depuis la construction de la “Palapa”, l’église très simple et ouverte à tout vent qui abrite les fidèles lors des messes. De même, depuis que cette église est présente et que le Père célèbre chaque jour la messe, il n’y a pas eu de suicides, alors que ceux-ci étaient fréquents auparavant.

Nous découvrons le Père Pablo et sommes tout de suite impressionnés par son énergie et son souci pour chacune des familles de sa paroisse. Le quartier compte 12.000 maisons, il y a donc beaucoup de travail et le Père Pablo sillonne inlassablement les rues avec sa bicyclette et son microphone, pour inviter les familles à venir à la messe ou les enfants au catéchisme et aux diverses activités préparées pour eux. Il visite les familles et peu à peu « réanime » la foi du quartier. La plupart viennent d’autres endroits de la Péninsule et sont venues pour travailler dans le tourisme. Il n’y a donc pas de lien fort et de traditions ancrées dans ce quartier de la Guadalupana et il y a beaucoup de va-et-vient: des familles partent, d’autres s’installent.

Le Père nous demande là aussi d’aller visiter les familles. L’accueil est chaleureux et nous passons du temps avec un certain nombre de familles. L’intérieur des maisons est tout petit. Des hamacs sont pendus et permettent de faire la sieste ou de dormir. Suite à la grippe porcine, les écoles sont fermées et beaucoup n’ont plus de travail, les hôtels étant fermés. Nous voyons donc toute la famille lors de nos visites et on sent que la vie n’est pas facile ici.

Chaque jour, la messe est célébrée dans la « Palapa »: une structure en bois, ouverte, sans mur (ici, il fait toujours chaud et l’air a besoin de circuler) et un toit en tôle ondulé. Le Père espère consolider la structure et bâtir un toit en ciment pour pouvoir résister à un cyclone, la région étant souvent balayée par des cyclones et des ouragans. Petit à petit aussi, il ramène des troncs de la jungle juste à côté pour installer des bancs qui ne s’envoleront pas lors de ces tempêtes, et remplacer ainsi les chaises qui ne résisteront pas aux premiers assauts du vent… Chaque messe est l’occasion pour le Père Pablo de former ceux qui assistent à la messe et de renforcer ainsi la foi de chacun. Dans ce quartier, beaucoup de pratiques occultes ont cours et peu ont une vraie connaissance de leur foi ou ont reçu tous les sacrements. Nous sommes vraiment impressionnés par le Père Pablo, qui, avec patience, ténacité et amour, guide chacun de ses paroissiens, connait chacune de ses familles et a un contact incroyable avec les enfants qui viennent tous le voir et semblent le considérer comme leur meilleur ami.

Le vendredi, nous avons l’occasion d’aller dans cette jungle que nous apercevons derrière l’église. En quelques minutes, nous nous retrouvons dans un décor totalement différent, loin du béton et de la ville. Des « cenotes », puits naturels parsèment la région et nous avons l’occasion d’aller nager dans l’un de ces puits. L’eau est fraiche et des poissons chats se laissent admirer. Nous n’avons pas de torches pour aller explorer un peu plus cette grotte. Des stalactites pendent du plafond et nager dans ce décor a quelque chose d’irréel, d’autant plus que nous sommes dans la pénombre, loin de la chaleur incroyable qui sévit au dehors. Bien rafraîchis, nous ressortons et admirons des oiseaux au plumage bleu qui viennent se reposer sur les branches. Les papillons et les oiseaux dans ce pays ont des couleurs magnifiques. Ils sont en général trop rapides pour que nous arrivions à les photographier, malheureusement. De même, nous sommes surpris par le nombre d’oiseaux de proie qui planent dans le ciel à tout moment.

Après cette escapade sympathique, nous retrouvons notre quartier de la Guadalupana, étonnés de passer ainsi en quelques minutes de la jungle à la ville…

Magnifiques pyramides de Chichen Itza

Nous avons la chance de pouvoir aller voir le site maya de Chichen Itza, possiblement le principal site religieux maya du Yucatan, et qui fait maintenant parti des nouvelles merveilles du monde. En maya, « chi » signifie « bouche » et « chen » puits, et le nom « Itza » (« sorcier de l’eau”) est le nom du peuple ou de la famille qui a fondé ce lieu. Sur le lieu de Chichen Itza se trouvent 2 « cenotes », puits naturels, d’où ce nom de « la bouche du puits des Itzas ».

Dès l’arrivée, la pyramide principale que nous apercevons nous impressionne. Surnommée “el Castillo” (le château), elle a été construite vers l’an 600 et est dédiée au dieu maya «Kukulcan », la représentation maya du dieu « Quetzalcoal », le serpent à plumes.

La construction de la pyramide répond à des critères astronomiques très précis: les 4 escaliers pointent vers les 4 points cardinaux et ont chacun 91 marches, ce qui avec la plateforme tout en haut, fait 365 marches, soit le nombre de jours dans l’année. Les 9 niveaux de la pyramide, coupés en leur milieu par les escaliers, forment 18 terrasses, qui symbolisent les 18 mois du calendrier maya. De plus, 52 panneaux sculptés sur les côtés des pyramides représentent le nombre d’années dans le cycle sacré maya.

Lors des équinoxes, les jeux de lumière et d’ombre sur les escaliers éclairent les têtes de serpents au pied de l’escalier et semblent dessiner un serpent en mouvement depuis le sommet de la pyramide. Nous avons la chance d’assister le soir à un son et lumière où les projecteurs recréent ce jeu du soleil et l’impression est saisissante: le serpent semble se mouvoir et est parfaitement éclairé et visible de loin.

A l’intérieur de cette pyramide se trouve une autre pyramide, plus ancienne, que l’on ne peut malheureusement plus visiter aujourd’hui.

Plus loin, le temple des guerriers avec les milles colonnes est l’endroit où les sacrifices humains étaient pratiqués. De même, un « cenote », un puits naturel où étaient jetés des personnes en sacrifice se trouve à proximité.

Nous voyons aussi un observatoire, sur nommé« El Caracol » (ou « l’escargot » – ainsi nommé à cause de l’escalier en colimaçon qui s’y trouve). Des fentes pratiqués dans les murs correspondent à la position de certains astres lors de dates clés du calendrier maya, et en particulier à la planète Vénus. D’autres monuments, tels un palais, la plateforme de Vénus, le « Tzompatli » dont les crânes sculptés sur les murs font penser que les têtes des victimes devaient être exposées en ce lieu, sont aussi présents.

Nous admirons un grand terrain de jeu, de balle, de 166 sur 68 mètres. Il est délimité par des murs sculptés de 12 mètres de haut, et, en hauteur, de chaque côté, se trouvent deux grands cercles creux dans lesquels les joueurs devaient faire passer la balle. L’acoustique est exceptionnelle et les personnes qui se trouvent sur les rambardes peuvent communiquer avec le prêtre dans le petit temple, à voix basse, sans que les autres entendent quoi que ce soit. De plus, le son porte d’où que nous nous trouvons. Dans ce jeu, 2 équipes s’affrontent et l’équipe qui la première parvient à faire passer la balle dans ce cercle en pierre a gagné. Le capitaine de l’équipe perdante était souvent sacrifié après le jeu, comme le montrent les panneaux sculptés sur les bas côtés.

Nous rentrons impressionnés et comblés, et bien contents aussi que les sacrifices humains ne se fassent plus…

Une semaine à la “Ciudad de la Alegría”, à Cancun, au Mexique (Cité de la Joie, version mexicaine…)

Qui n’a pas entendu parler de a Cité de la Joie en Inde? Ici, à Cancun, une autre cité de la joie, version mexicaine cette fois, s’est mise en place en 2000.

L’état de Quintana Roo où nous nous trouvons a changé du tout au tout ces quelques dernières décennies. Là où il n’y avait que de petits villages de pêcheurs d’à peine 100 habitants et d’immenses forêts de mangroves impénétrables, nous nous retrouvons maintenant en présence d’énormes villes comme Cancun, où vivent actuellement près d’1 million d’habitants. Ce changement s’est effectué en moins de 40 ans, suite à la décision du gouvernement de transformer cette péninsule en région touristique. La transformation en ce qui concerne toutes les infrastructures touristiques est réussie, la région recevant plus de 2 millions de visiteurs étrangers chaque année. Toute la région côtière, la « Rivière Maya », est bordée d’immenses complexes hôteliers, tous plus extraordinaires les uns que les autres. Les plages se sable blanc et la mer turquoise des Caraïbes rendent ce lieu magique.

Mais il y a en fait « deux Cancun »: le Cancun touristique, en bord de mer, et la ville même, à l’intérieur des terres, où vivent tous ceux qui viennent s’installer à Cancun pour travailler dans les grands hôtels ou dans l’industrie du tourisme. La ville même s’est développée sans véritable plan d’urbanisation. Ainsi, à côté du tourisme de luxe et d’une population aisée se trouve aussi une grande pauvreté. Peu de structures sociales d’accueil et d’aide ont été mis en place et beaucoup de familles luttent chaque jour pour assurer leur quotidien.

La Fondation « Ciudad de la Alegría » a été créée en 2000 pour essayer d’aider toutes ces populations pauvres et oubliées du système social…. Ainsi, dans un même endroit, à 15 minutes du centre ville de Cancun, la Fondation réunit de nombreuses associations caritatives, comme Caritas, et aide plus de 16.000 personnes à travers les différents programmes mis en place. La Ciudad de la Alegría réunit notamment un centre de consultations médicales, un service juridique (beaucoup de personnes arrivent à Cancun pour y travailler et n’ont pas de papiers comme leur certificat de naissance par exemple, et n’ont donc droit à aucune aide) et de nombreuses « maisons », comme celle pour personnes âgées, celle pour mères seules ou maltraitées, celle pour les personnes qui ont des maladies terminales, un centre de formation pour les anciens drogués, alcooliques, etc., et un centre de distribution de nourriture et de matériel…

C’est dans le « hogar de los ancianos » (la maison des personnes âgées) que l’on nous demande de venir aider chaque matin, pendant une semaine. Il s’agit de venir tenir compagnie et de parler à ces personnes qui sont très seules et reçoivent peu de visite. La première visite nous impressionne un peu, mais nous nous lançons et allons saluer chacun des 45 résidents. Cette structure d’accueil est la seule qui existe a Cancun, alors que le nombre de personnes âgées va maintenant croissant. Des religieuses s’occupent à temps plein de ces personnes et nos admirons leur patience et leur vocation. Certains volontaires viennent aider une ou deux matinée par semaine, ou lors des repas, et deux infirmiers sont sur place.

Nous nous installons et essayons de parler un peu avec chacun. Seuls quelques uns peuvent soutenir réellement une conversation, mais notre présence et surtout celle des enfants semble leur faire très plaisir. La doyenne de cette résidence a 102 ans et la 2ème plus âgée a 95 ans. Un matin, nous organisons une projection de photos de notre voyage pour changer un peu et un autre matin, un concert familial. Nous ne sommes toujours pas des professionnels, même si nous avons maintenant une vraie petite chorale familiale, mais le résultat semble avoir du succès. Le dernier jour nous restons pour le déjeuner et aidons à servir et à faire manger certaines des personnes.

Petit à petit, au fur-et-à-mesure des jours, nous apprenons à interagir avec ces personnes âgées et cette expérience, comme tant d’autres que nous avons vécu cette année, nous a enrichis et rendus plus sensibles au problème de la vieillesse et de la solitude.

Site maya de Tulum, réserve écologique et hôtels incroyables…

Le Père Pierre nous emmène visiter Tulum, un ancien site portuaire maya, au bord de la mer. Les fondations de la ville pourrait dater de l’an 600 AD, mais l’ensemble des bâtiments de cette ville côtière fortifiée date de 1200 à 1500 AD. Le nom de Tulum signifie “barrière” et une imposante muraille entoure cette ville, qui abritait environ 10.000 habitants et était un axe commercial important. La forteresse principale surplombe la mer des Caraïbes et l’endroit est superbe.

Nous visitons une réserve écologique où nous pouvons tous approcher et caresser un toucan aux couleurs chatoyantes. Son plumage est soyeux et le toucan semble apprécier l’attention dont on l’entoure… Nous découvrons des singes « araignées » et de superbes flamants roses, dont le plumage d’un rose intense et soutenu est absolument magnifique.

Nous avons aussi l’occasion de goûter au superbe buffet de l’un de ces nombreux hôtels incroyables. Un changement de régime bienvenu et apprécié par toute la famille. Le buffet de desserts, alors que nous en avons si rarement maintenant, est absolument irrésistible et en voyant les yeux pétillants des enfants devant leur assortiment de desserts, et le nombre de voyages qu’ils effectuent pour remplir leur assiette, il y a de quoi se réjouir…

Dans l’après-midi, nous nous baignons dans cette mer des Caraïbes, chaude et irrésistible. Quelle journée incroyable!

Nous aurons l’occasion de répéter cette expérience et de passer une journée dans un hôtel, grâce au Père Pierre qui est amené à y célébrer des mariages: piscine en bord de mer, catamaran, planche à voile, kayak de mer, mini golf, billard, et même une initiation à la plongée en piscine (ou plutôt une initiation au matériel de plongée) pour toute la famille, Amandine y compris… Quelle chance! Merci Père!

Visite d’un village maya

Nous avons l’occasion d’aller visiter un village maya, essentiellement catholique, avec Gaspar, qui depuis deux ans se rend régulièrement dans le village. Il parle maya, ce qui aide grandement. Nous allons visiter toutes les familles et les inviter à des activités l’après-midi. Les jeunes et enfants parlent espagnol, les parents parlent essentiellement maya.

Les huttes sont construites en bois et couvertes de toits de palmes de « huano ». Le sol est en terre battue. A l’intérieur, pour tout mobilier très souvent, quelques hamacs sont accrochés aux poutres. Ils servent de lits, de « fauteuils » et de « canapés »… Et souvent, une petite table avec une machine à coudre noire, qui permet de réaliser les broderies de ces robes blanches mayas que portent quasiment toutes les femmes du village. Pour cuisiner, un feu de bois est installé à même le sol, dans un coin de la hutte. Il fait très chaud dehors et le feu allumé pour cuisiner n’aide pas beaucoup à garder la température fraiche à l’intérieur… Dans l’une des maison, deux femmes s’activent à faire des tortillas et à les cuire sur le feu de bois. Je suis invitée à essayer et à m’asseoir à coté du feu. Avec les doigts, les femmes aplatissent une boule de pâte en la tournant régulièrement pour lui donner une forme bien ronde. Ma technique n’est pas très au point, ma tortilla a une drôle de forme, ce qui fait bien rire les deux femmes, qui en quelques secondes lui redonnent une forme plus traditionnelle… Nous remarquons aussi dans un certain nombre de huttes que quelques jouets en plastique, encore dans leur emballage, sont pendus aux poutres. Nous interrogeons l’un des pères de famille sur ce détail. Il nous explique qu’ils descendent un jouet à la fois pour les enfants. Quand le jouet est cassé ou n’intéresse plus l’enfant, ils en descendent un autre. Intéressant comme façon de faire… Nos sommes loin de l’arbre de Noël où des dizaines et des dizaines de cadeaux s’empilent et où l’enfant ouvre tout et ne saura plus où donner de la tête… Dernier détail étonnant, la plupart des huttes sont décorées à l’extérieur, voire à l’intérieur, d’affiches politiques. Les hommes politiques viennent faire de grandes promesses à ces villages, les emmènent voter et se récupèrent ainsi le vote…

Un certain nombre d’adultes ne savent ni lire ni écrire et beaucoup ne parlent pas espagnol. Ici, les moyens manquent. Les enfants sont pied-nus et attrapent ainsi beaucoup d’infections qui souvent restent insoignées. L’Eglise organise maintenant des dispensaires pour tous ces villages. Les poubelles ne semblent pas non plus très présentes et beaucoup d’ordures trainent à côté des huttes. Les animaux sont en liberté à proximité des huttes, quand ils ne sont pas à l’intérieur, tout simplement.

Nous sommes invités à déjeuner dans une famille: tortillas, gros haricots rouges et omelette.

L’après-midi, Xavier et ses frères organisent des activités avec les jeunes, pendant qu’Amandine a toute une cour d’enfants autour d’elle qui la regardent dessiner. Je suis avec les femmes et les jeunes filles et je dois organiser une séance de catéchisme impromptu. Je les fais aussi chanter et nous passons tous un bon moment.

Au retour, nous allons visiter un « cenote », une source d’eau souterraine qui se trouve dans un village maya à côté et qui n’est pas encore connue des touristes… L’endroit est superbe et impressionnant. Toute la péninsule du Yucatan possède ainsi de nombreuses sources d’eau souterraines. Le mot « cenote » vient du maya « dzonot ». Beaucoup de ces sources étaient considérées comme sacrées du temps des mayas.

Devenir une famille missionnaire

L’un de nos buts de ce tour du monde en famille est de partager la vie des gens dans chaque pays et d’aider, de participer dans la mesure de nos moyens, en famille, là où on nous le demandera. Nous ne choisissons pas ce que nous allons faire dans chaque pays, nous nous mettons au service de paroisses, d’organismes, de personnes, selon les contacts que nous trouvons et, toujours, nous nous mettons dans les mains de la Providence. Chaque fois que nous offrons d’aider, nous n’avons donc aucune idée de ce que l’on va nous demander de faire, ni comment nous allons vivre, et chaque fois nous sommes « surpris ». Cette année est une année pour dire OUI, pour aider, pour rencontrer, pour agir, pour partager, pour découvrir et surtout pour vivre tout cela en famille et prendre le temps de le faire. Une année, c’est long et c’est court tout à la fois, et nous avons déjà voyagé presque 10 mois maintenant…

Nous avons ainsi aidé des enfants dans un orphelinat à faire leur devoir et joué avec eux en Afrique. Nous avons vécu dans un petit village ancestral, peint l’école du village et semé des légumes, en Afrique toujours, à Gwexintaba. Nous avons partagé la vie d’un petit village très pauvre en Inde pendant un mois, à Bhimanapally, et appris à cuisiner indien avec 3 fois rien, à nous doucher avec un simple seau d’eau froide, à nous passer d’électricité. Nous avons enseigné l’anglais à travers des chants, des poèmes et des comptines à gestes aux enfants du village. Nous avons crée des sites Internet, fait des conférences, chanté, visité des familles et témoigné auprès d’elle, organisé des jeux et des activités, etc., et ce n’est pas fini…

Partout, nous nous sommes souvent dit dans un premier temps que nous ne savions pas vraiment faire ce que l’on nous demandait et, chaque fois, nous avons découvert que nous pouvions le faire, et en famille en plus! C’est là le grand avantage de ne pas choisir nos « missions », c’est que nous découvrons sans cesse de nouvelles ressources en famille. Si l’on nous avait dit chaque fois ce qui nous attendait exactement avant de venir, nous aurions peut-être trouvé des excuses, tergiversé, voire fui même parfois… Après tout, nous ne sommes qu’une famille comme toutes les autres, nous ne sommes pas choristes, professeurs, conférenciers, peintres, jardiniers ou missionnaires. Mais nous avons dû chaque fois nous jeter à l’eau, faire le grand plongeon et nous donner à fond dans ce que nous faisions. Et nous avons découvert que nos pouvions le faire! Et ainsi, nous avons pu partager la vie simple des gens qui nous accueillaient, faire fi des barrières linguistiques (qui connait le xhosa ou le télégu?) et vivre ces rencontres incroyables qui attendent tout voyageur qui sort un peu de sa zone de confort pour aller vers l’autre et partager son quotidien.

Depuis que nous sommes en Amérique du Sud, tous les contacts que nous avons eu nous ont demandé d’aller “missionner”, d’aller frapper de porte en porte, de témoigner et d’évangéliser. Il y a quelque chose d’un peu étonnant à penser que nous, qui venons d’un continent où la la foi est souvent en difficulté et en déclin chez beaucoup, sommes appeler à évangéliser dans un continent en grande majorité catholique. Pourtant, même dans ce pays en majorité catholique, il reste de gros besoins par rapport à la foi. Beaucoup se disent catholiques, mais connaissent à peine leur foi ou pratiquent un catholicisme mêlé d’autres pratiques étonnantes, souvent par manque d’éducation… un certain nombre de sectes sont aussi très actives et parviennent à gagner du terrain. La péninsule du Yucatan où nous sommes actuellement est considérée comme une « terre de mission » et beaucoup de jeunes et de paroissiens se dédient à visiter les familles et à évangéliser. Certains « adoptent » un village dans lequel ils iront missionner en particulier.

Devenir une « famille missionnaire » au Mexique

Ainsi, après notre « mégamission » à Malinalco, nous avons continué à missionner, mais à Cancun, cette fois. Cancun est au bord de la mer, dans la Péninsule du Yucatan. C’est une ville qui a grandi à partir de rien et ce, en juste 39 ans. Auparavant, il n’y avait que quelques petits villages de pécheur, et la jungle et ces forêts de mangrove impénétrables. Maintenant, Cancun compte 1 million d’habitants et est l’une des destinations touristiques la plus connue au Mexique. Toute la zone côtière est bordée d’hôtels, tous plus luxueux les uns que les autres. Les avions directs des USA ou d’Europe amènent leur flot incessant de touristes. Il faut dire que la région a tout pour plaire: la mer des Caraïbes, chaude et d’un bleu pur irrésistible, des plages de sable fin bordées de cocotiers, la deuxième barrière de corail la plus longue du monde, des dauphins et autres mammifères marins, des grottes et rivières souterraines d’eau douce, des vestiges des civilisations mayas, des pyramides et temples magnifiques, le tout accompagné d’une culture mexicaine haute en couleur, en goût et en musique… En même temps, la ville a grandi de façon anarchique. Beaucoup de familles sont venues s’installer a Cancun pour y trouver du travail. Le tourisme fait vivre une grande partie de la population. Comme toujours, les contrastes ici sont forts et très marqués: les hôtels de luxe font oublier toutes ces familles installées dans des « favelas », dans des installations de fortune et qui bataillent au quotidien pour vivre et nourrir leur famille. La drogue et l’alcool sont aussi omniprésents et font beaucoup de ravages. Mais dans la zone hôtelière, tout est propre et reluisant, luxueux et irrésistible.

A notre arrivée, nous rencontrons le Père Pierre, prêtre français installé à Cancun depuis plus de 10 ans et qu’Ian connaissait très bien il y a 25 ans déjà. Clin d’œil de la Providence encore, car nous ne savions pas que nous allions le rencontrer et missionner dans sa paroisse…

Xavier et David partent aider à la construction d’une chapelle sur la plage. Il s’agit de déblayer des pierres et murs pour laisser le site net et pouvoir construire. Pendant quelques jours, en compagnie d’autres jeunes, ils manient le marteau et la pioche et travaillent dur, heureux de cette occasion d’être avec d’autres jeunes.

Pendant ce temps, nous allons frapper à la porte des maisons dans une zone assez pauvre. Frapper à la porte est un bien grand mot, car il est parfois difficile de savoir où commence la maison et où elle termine et où nous devons frapper ou sonner. Dans certaines des familles que nous visitons, les personnes ne savent ni lire ni écrire. Ensuite, nous allons missionner dans une zone nettement plus cossue: les maisons sont belles, bien soignées et bien « fortifiées » aussi… Certaines ont des sonnettes, d’autres non, ce qui rend la tâche plus difficile…

Nous avons droit à tous les types d’accueil, depuis ceux qui ouvrent leur porte et nous invitent à l’intérieur à ceux qui nous écoutent poliment d’une fenêtre et nous congédient rapidement, voire à ceux qui se cachent, ou ferment leur porte ou fenêtre ostensiblement quand nous arrivons. Mais dans l’ensemble, l’accueil est positif et beaucoup nous remercient et semblent heureux de cette visite. Certains sont visiblement en grande difficulté, matérielle ou spirituelle, et la solitude est aussi un problème ici.

Pas si simple, le travail d’un missionnaire. Debout, sous le soleil et la chaleur impitoyable (une constante de ce tour du monde…), pendant plusieurs heures, nous allons de porte en porte et nous efforçons de témoigner, d’apporter la Bonne Nouvelle, d’écouter les attentes, inquiétudes, questions de tous ceux qui nous consacrent un peu de temps et de prier avec eux. Suivant les jours, les enfants nous accompagnent ou restent à la « maison », ce logement qu’une famille nous a gentiment prêté pendant quelques semaines. Heureusement, il y a ces moments de grâce, ces visites où nous savons que nous avons apporté de la joie, un espoir, et que nous avons répondu à un besoin…

Grippe porcine, pandémie annoncée ou psychose collective

Après plus d’un mois sans vraie connexion Internet, nous reprenons le fil de notre blog. Nous sommes maintenant à Cancun depuis presque un mois et nous allons tous bien. Impossible d’être au Mexique et de ne pas mentionner en premier lieu cette grippe porcine, vu que les médias ne parlent quasiment que de cela ici.

Epidémie avérée ou psychose collective, nous suivons avec attention les nouvelles et essayons de démêler les informations contradictoires et confuses que les médias balancent à longueur de journée. Au Mexique, toutes les écoles ont fermées dès l’annonce de la grippe et viennent seulement de réouvrir en début de semaine après presque 2 semaines. Beaucoup d’entreprises et de commerces ont aussi fermés. Impossible aujourd’hui de se procurer des masques chirurgicaux ou des gels anti-bactériens dans les magasins ou pharmacies, ils ont disparu de la circulation assez vite et se vendent au compte-goutte, bien au-dessus de leur prix réel…

A Cancun, certains ont commencé à porter ces masques, puis en voyant que la zone ne semblait pas touchée par l’épidémie, ont cessé de les porter. Quelques rares personnes semblent les porter encore ici. En tous cas, les autorités prennent cette épidémie très au sérieux et contrôlent les frontières entre les états ainsi que tous les voyageurs. Ainsi, en nous rendant au Yucatan de l’état de Quintana Roo, nous avons été arrêté par la police, qui a vérifié la température de chaque membre de la famille… Partout, des panneaux mentionnent les symptômes de la grippe et les précautions à prendre…

Même s’il n’y a pas de cas de grippe porcine à Cancun et sur la côte, les touristes étrangers ont annulés leurs séjour au Mexique et beaucoup d’hôtels ont dû fermer devant l’avalanche de ces annulations de clients venant de l’étranger. Dans un seul de ces hôtels, on nous a parlé de plus de 3.000 annulations… Comme ici, une énorme partie de la population vit du tourisme, beaucoup sont touchés de plein fouet par cette crise. Ainsi beaucoup de gens que nous avons visités se retrouvent sans travail temporairement (en congé sans solde et pour une durée non précisée), ou ont tout simplement été renvoyés, sans réelles compensations de la part de leur entreprise et sans assurance d’être réemployés. D’autres encore ont vu leur salaire baisser de 30% jusqu’à nouvel ordre, notamment dans l’un de ces immenses parcs touristiques dont les prix d’entrée ne sont indiqués qu’en dollars américains, s’il-vous-plait… Les salaires n’étant déjà pas très hauts et beaucoup de personnes ayant du mal à joindre les 2 bouts, cette situation est un véritable drame pour beaucoup. Certains ne vont plus pouvoir payer leur loyer, ni assurer leur quotidien. Ainsi, quelque soit l’ampleur de cette épidémie, les conséquences pour les gens d’ici sont bien réelles et s’ajoutent à la crise économique.