Quelques réflexions et impressions sur notre séjour en Inde… (désolée pour le titre pompeux…)

Nous aurons passé un peu plus d’un mois dans le village de Bhimanapally, ce qui nous a permis de découvrir un peu plus l’Inde rurale traditionnelle. En même temps, nous avons vu quelques grandes villes, comme New Delhi, Hyderabad et Bombay (au plus mauvais moment! ), et passé un peu de temps dans différents états, au Rajasthan, dans l’état d’Andhra Pradesh ou dans la région côtière de Goa, notamment. Nous avions un certain nombre de clichés à propos de l’Inde: les palais des Maharajah, Bollywood, les nombreux dieux et déesses hindous, un pays surpeuplé, une économie qui monte en puissance, un pays très avancé en informatique et qui se modernise, et en même temps, ces bidonvilles, Mère Thérésa, des gens dormant à même le trottoir, des enfants et des femmes exploités, etc. En fait, tout cela est vrai, mais à une échelle difficilement imaginable. L’Inde est le pays des contrastes et de la démesure, et le visiteur, qui arrive tout droit de nos pays occidentaux et qui découvre l’Inde profonde, ne peut que se retrouver sans cesse étonné, sans cesse éprouvé dans ses convictions et dans ses attentes. L’Inde est un pays qu’il faut prendre le temps de découvrir lentement, car à nos yeux, tout y est incroyable et déroutant, voire choquant. Pourtant, c’est aussi un pays d’une grande profondeur, d’une grande spiritualité et d’une riche culture. Les gens y sont incroyablement accueillants et chaleureux, pourvu que l’on prenne le temps de les rencontrer. Nous avons beaucoup aimé notre séjour en Inde, surtout grâce à notre temps passé à Bhimanapally, mais l’Inde nous a aussi fatigués, obligés à sans cesse nous interroger et à nous remettre en cause. Voici quelques unes de mes réflexions et impressions, en vrac… Elles n’engagent que moi…

Le silence est d’or…

En 2 mois, nous avons constamment manqué de sommeil. Le bruit incessant, à toutes les heures de la nuit et du jour, est assez inimaginable. Les klaxons des véhicules résonnent à chaque instant, klaxonner étant partie intégrante et normale de la conduite: aucune animosité dans les coups de klaxons, mais le klaxon est préféré aux freins et donc utilisé de façon illimitée… Le flot incessant des véhicules est un spectacle unique, bruyant et effrayant: des véhicules en tous genres et en toutes conditions, des vaches un peu partout, des chiens, des routes en mauvais état, des gens et des enfants au milieu de la route, des bus bondés où sont accrochées de véritables grappes humaines… tout concourt à rendre la circulation hasardeuse et bourdonnante. Ajoutés à cela, les appels à la prières des muezzins, les fêtes hindoues où les haut-parleurs crachent à tue-tête leurs musiques envoûtantes et fatigantes tout à la fois. Même notre petit village catholique participe à cette cacophonie: à 5 heures du matin, le bus partant pour Hyderabad klaxonne avec insistance pour appeler les retardataires, et à 5h30, la musique résonne dans tout le village et appelle chacun à la prière… Dans le village, les annonces sont faites au haut-parleur et un certain nombre de codes sonores préviennent chacun que l’eau arrive dans les canalisations ou que la station d’eau potable est ouverte. Mais où est donc le silence?

D’un autre côté, personne ne semble affecté par ce manque de silence, à part nous qui avons besoin du silence extérieur pour faire silence en nous…

Mais où sont les poubelles et les décharges?

En 2 mois d’Inde, nous n’avons quasiment pas vu de poubelles publiques ou de camions poubelles… Les détritus s’amoncellent un peu partout, et c’est visiblement normal. Dans les trains, alors que les voyages durent facilement plus de 12 heures, aucune poubelle… Pourtant, les marchands ambulants passent constamment et en 12, 15, 18 ou 24 heures, nous accumulons beaucoup d’articles à jeter… Bouteilles et gobelets en plastique, barquettes en aluminium, emballages divers…. tous ces éléments sont non biodégradables, et pourtant, tous les jettent par les fenêtres, et les détritus jonchent ainsi les milliers de kilomètres de rails, les abords des villes et les villes elles-mêmes. Nous gardons nos poubelles lors de nos voyages en train, ne pouvant imaginer de les jeter par les fenêtres, et à la fin du voyage, lorsqu’une personne vient faire le ménage, que fait-elle? Elle jette par la fenêtre les poubelles que nous avions précieusement gardées! De même, à Bhimanapally, nous ne savons pas trop quoi faire de nos poubelles et, alors qu’elles commencent à s’accumuler de façon peu discrète, le Père Fathima les aperçoit et nous explique où les jeter: dans un endroit à ciel ouvert où elles s’accumulent… Il n’existe pas de décharge à Bhimanapally et les ordures se retrouvent le long des chemins, dans la campagne, un peu partout… Inimaginable pour nous! A Hyderabad, dans la gare, nous apercevons nos premières vraies poubelles. Sur chacune d’elles, une inscription: « cleanliness is a sign of civilisation… » (la propreté est un signe de civilisation…). A Bombay, nous voyons nos premiers camions poubelles… Cela n’empêche pas de nombreux endroits de la ville d’être jonchés de détritus… Des gens fouillent ces détritus et tentent de trouver quelque chose à manger ou à revendre…

Pauvreté dans beaucoup de campagnes…

L’Inde est un pays immense, qui a plein de ressources, mais beaucoup de villages n’ont même pas d’eau potable ou manquent d’eau tout simplement. L’électricité n’arrive pas partout dans les campagnes, et elle est « rationnée » pendant la journée. Parfois, par manque d’électricité, il est impossible de pomper de l’eau pour boire ou arroser les champs, pour ceux qui ont des puits. L’état des installations électriques est assez effrayant, et, en ville, il faut faire attention et se baisser, car des câbles électriques pendent un peu partout, et nous avons entendu des histoires de personnes mortes électrocutées… Le village dans lequel nous étions est un petit village rural traditionnel, et nous avons été étonnés par la pauvreté et le manque d’initiatives du gouvernement pour y remédier… Les écoles d’état, là où nous sommes, ne sont visiblement pas bonnes du tout, et beaucoup de familles ont du mal à envoyer leurs enfants ailleurs. Payer les livres et les uniformes est une vraie charge pour les familles et beaucoup n’y arrivent pas. En cas de sécheresse, comme cette année, ce sera la misère pour beaucoup de familles…

En France, nous sommes habitués à être aidés pour tout: allocations familiales, remboursement de beaucoup de soins médicaux, écoles et livres scolaires gratuits, aide au chômage, au logement, aide aux agriculteurs, etc. Dans le village de Bhimanapally, très peu d’aides sont fournies par le gouvernement, laissant à la charge des prêtres, religieuses et de tous ceux qui peuvent aider, le soin de mettre en place une aide absolument nécessaire, comme cette station pour filtrer l’eau, ces puits qui sont creusés pour arroser les récoltes, ces médecins qui visitent le village 2 fois par mois, cette école d’informatique, etc. Mais chacune de ces initiatives est ralentie et parfois compliquée par le système bureaucratique et n’est pas réellement soutenue par le gouvernement. Des initiatives sont quand même en cours pour améliorer le quotidien des familles, et notamment ces cartes, instituées il y a 3 mois dans l’état d’Andhra Pradesh, et donnant le droit d’acheter, chaque mois, 4 kilos de riz à 2 rupees le kilo, 1 kg de sucre à 16 rupees, et quelques autres denrées de base à des prix inférieurs au marché. Ces cartes sont réservées aux agriculteurs dont les champs ont moins de quelques hectares et qui n’ont pas d’autres revenus, ce qui est le cas de la plupart des familles à Bhimanapally.

Nous avons été frappés et touchés par cette pauvreté. Nous ne nous attendions pas à une telle pauvreté et, pour nous occidentaux, il est difficile d’imaginer comment quelqu’un pourrait vivre avec moins d’un euro par jour. Pourtant, la vie dans ces campagnes, bien que pauvre, est très loin de la misère des villes…

Richesse et misère dans les villes...

A Bombay notamment, les contrastes entre riches et pauvres sont visibles de façon spectaculaire (Calcutta est probablement un exemple aussi frappant, mais nous n’y avons pas été). C’est à Bombay que nous apercevons les plus belles voitures: des limousines immenses, des voitures de sport ultra-modernes. Bombay est la ville du cinéma, surnommée Bollywood, à l’image de la ville d’Hollywood aux Etats-Unis. Beaucoup de gens, et de femmes en particulier, sont richement habillés… L’hôtel du Taj Mahal, tristement touché par les attaques terroristes, est un exemple de ce contraste. La nuit est à 400-500 US$, ce qui est difficile à imaginer dans un pays où une grande partie de la population a moins d’un euro ou un dollar pour vivre par jour. Tout contre notre hôtel, qui n’a rien du Taj, bien au contraire, mais qui est quand même situé à moins d’un 1km du Taj (nous avons mal choisi notre quartier, mais comment même imaginer qu’une attaque terroriste allait se produire?), des gens vivent à même le trottoir… Le matin, après notre première nuit dans cet hôtel, et alors que les attaques au Taj vont crescendo, nous ouvrons notre fenêtre et découvrons, derrière l’hôtel, un mini bidonville… Tout autour, dans les rues, des gens dorment, cuisinent et vivent sur le trottoir. Le matin, nous les voyons balayer et laver à grande eau leur partie de trottoir, leur chez-eux… Pendant ce temps, les hommes d’affaire se rendent au travail… Les villes possèdent presque toutes leurs bidonvilles et Bombay est ainsi entourée d’immenses bidonvilles. Mais dans la ville elle-même, la misère est aussi palpable, visible et quotidienne.

Le travail et la mendicité des enfants

Pour la première fois depuis le début de notre voyage, nous voyons des enfants travailler dans les hôtels, les restaurants ou sur les trottoirs, pour cirer les chaussures notamment. Ces enfants ne semblent guère plus âgés que David (13 ans) et, pourtant, ils travaillent toute la journée, sont probablement sous-payés, et ne sont pas particulièrement bien traités. C’est dur à voir, et c’est pourtant une réalité de l’Inde. Dans les trains, à chaque arrêt, des enfants montent et mendient. Certains, à genou, passent un torchon sale et usé par terre et demandent de l’argent, d’autres passent simplement et tendent la main silencieusement. Lorsqu’ils aperçoivent à manger, ils nous montrent les plats et font le signe de manger.

Au début, nous nous disions que donner de l’argent était encourager cette mendicité et peut-être éloigner certains enfants de l’école, en leur faisant préférer « l’argent facile ». Puis au fur et à mesure que nous nous enfonçons un peu plus en Inde et que nous découvrons le quotidien des gens, nous réalisons que beaucoup de ces enfants n’ont même pas la possibilité d’aller à l’école et qu’ils n’ont pas forcément à manger tous les jours. Il y a un vrai problème de fond par rapport à cette misère quotidienne. Par la suite, nous avons donc pris l’habitude de toujours garder des pièces sur nous pour pouvoir les donner à ces enfants et aux femmes qui passent, et chaque fois que nous le pouvons, nous leur donnons des bananes, des biscuits, des plats… Nous ne pouvons pas faire grand chose pour eux, le problème étant beaucoup trop profond, et nous savons que ces quelques pièces ne solutionnent rien. Mais nous savons aussi maintenant qu’avec quelques rupees, il est possible d’acheter à manger, et pour l’immédiat, cet argent leur permet d’avoir quelque chose à manger.

Amandine, qui a accumulé plein de petites boites de crayons et de carnets qui lui viennent de nos voyages en avion, décide de les donner à ces enfants. A chaque enfant qui passe, en plus des quelques pièces ou aliments que nous pouvons lui donner, Amandine lui tend un petit carnet et une boite de crayons. La réaction des enfants est la même chaque fois. Incrédules, ils ouvrent la boite de petits crayons et un immense sourire éclaire leur visage. Ils ne doivent jamais recevoir ce genre de cadeaux… Si nous voyageons une autre fois en Inde, nous nous munirons de ces babioles qui peuvent faire germer un sourire chez ces enfants qui manquent de tout… Pour nos enfants et pour nous, voir ces enfants travailler et mendier est difficile, et pouvoir faire un petit geste, aussi minuscule soit-il, est important.

Une autre fois, c’est une mère qui monte avec sa petite fille de 2 ou 3 ans. La fillette s’approche des gens et se prosterne silencieusement devant eux jusqu’à ce qu’ils donnent quelque chose. Il est évident que la mère se sert de son enfant pour mendier, mais comment la juger alors que son quotidien doit être si difficile à vivre. Cette petite fille, si jeune, a beaucoup impressionné les enfants, car elle n’avait pas un comportement d’enfant, mais plutôt un comportement de « grande ».

Les transports en Inde

Nous devons avoir passé près de 80 heures dans les trains indiens. Rarement ponctuels, ils sont tout de même plutôt agréables, pourvu que l’on ne voyage pas dans la classe sans couchette, où les sièges ne sont pas réservés et où les gens se serrent pour 12, 15 ou 24 heures… Pour les couchettes, il existe plusieurs types de billets: la 1ère classe avec air conditionné (jamais testée, vu les prix pratiqués….), la 2ème et la 3ème classe avec air conditionné (testées au début de notre séjour en Inde alors qu’il faisait si chaud) et la classe sans climatisation (que nous avons utilisée régulièrement). Nous avons tous appréciés ces longs voyages, propices à la réflexion, à la contemplation du paysage, à la lecture, aux jeux et même au sport, les enfants ayant tendance à se prendre pour Tarzan et à se pendre un peu partout… Les vendeurs ambulants qui sillonnent le train en vendant du thé, du café, de la soupe ou bien des samosas ou autres plats indiens mettent un peu d’animation par leurs cris et leurs allées et venues. Nous apprécions particulièrement ce thé indien, bien sucré et épicé, et devons en avoir bu des litres pendant nos longs voyages…

A Bombay, nous avons pris les trains de banlieue, et là, tous les clichés de l’Inde nous sont revenus à l’esprit. Il faut physiquement pousser et presque se battre pour monter dans le train qui est bondé. Ian bloque un coin de porte et nous montons tous en ordre, du plus petit au plus grand, aussi vite que nous le pouvons. Pendant ce temps, quelqu’un en profite pour tâter les poches arrières de Ian (qui ne contiennent rien de valeur, heureusement…), et tout le monde pousse… Nous sommes serrés comme des sardines (l’expression est particulièrement bien adaptée), et ce quelque soit l’heure de la journée. Nous créons un mur, un « rempart » pour Amandine et Eric qui sont au centre, afin qu’ils ne soient pas écrasés. Les trains ne s’arrêtent que quelques secondes souvent, et il faut donc réellement pousser tout le monde pour pouvoir entrer ou sortir et beaucoup sautent avant même que le train ne s’arrête ou s’accrochent aux portes, qui ne ferment pas. Pourtant, personne ne se plaint ou ne montre de mouvements d’humeur. Tout est parfaitement normal….

Nous avons aussi passé un certains nombre d’heures dans les bus, assis ou debout, et les routes étant souvent en très mauvais état, nous avons été secoués et ballotés… En allant à Hyderabad, depuis Bhimanapally, nous expérimentons ce qu’est un bus indien bondé… Alors qu’il n’y a plus de places assises et que beaucoup sont déjà debout, nous nous arrêtons devant une école où attendent au moins 50 enfants. Il semble impossible qu’ils montent tous, et pourtant une grande majorité réussit à monter… Là aussi, serrés de façon si compacte qu’il est impossible de tomber, personne ne se plaint. Une voiture de police nous fait des signes. Ils veulent contrôler les billets de tous! Il faut d’abord faire sortir tous ceux qui sont debout, et le contrôle durera longtemps… Nous arrivons donc tard le soir à Hyderabad…

Les autorickshaws…. Superbe moyen de transport, les autorickshaws sont particulièrement bien adaptés à l’Inde. A trois roues, avec un guidon de moto et un petit moteur, ils sont incroyablement maniables et étonnamment « extensibles »: lorsque les banquettes sont pleines, on s’accroche à l’arrière, sur les côtés, sur le toit…. Nous réussissons plusieurs fois l’exploit de monter à 6, avec tous nos bagages, dans ces rickshaws prévus pour 3-4 personnes… Vu l’état des routes, il vaut mieux bien s’accrocher et, lorsque l’on est grand, faire attention à ne pas se cogner la tête… Ian et Xavier ont quelques bosses pour en témoigner…. Dans les villes et dans les campagnes, c’est souvent le meilleur moyen de transport et le moins cher. On peut le réserver pour toute la journée, le conducteur nous attendant alors. N’allant pas à plus de 40 km à l’heure, il vaut mieux ne pas être pressés… De toutes façons, les routes de campagne ne permettent pas d’aller très vite!

Les rickshaws « vélos »: nous n’en avons vraiment vu qu’à Agra et ne les avons essayé qu’une seule fois. Ils sont peu à peu remplacés par les autorickshaws. Peu payés, les conducteurs essayent parfois de se faire un peu plus d’argent en emmenant les touristes dans des magasins où ils touchent une commission…

La moto… Ian et les garçons ont voyagé à moto, derrière le Père Fathima à plusieurs reprises, pour leur plus grand plaisir… Amandine a eu le droit a un mini trajet elle aussi. Il n’y a donc que moi qui n’aurait pas essayé…

Les éléphants ou les chameaux… Pour les touristes, il y a plein d’opportunités d’essayer ces moyens de transports quelque peu différents de ce que nous avons l’habitude d’utiliser.. Notre balade à dos d’éléphant nous a beaucoup plu, mais nous avons aussi été contents de descendre… Il vaut mieux bien s’accrocher, ce qui à 6 a été difficile à faire… et faire attention aux câbles électriques, plutôt bas dans les villes… Nous n’avons pas essayé les chameaux, ce sera pour une autre fois…

La cuisine indienne

Nous nous sommes tous régalés avec la cuisine indienne, particulièrement à Goa, où nous avons goûté la meilleure cuisine de tout notre séjour en Inde. Les plats sont parfois très épicés -la palme d’or revient à notre repas à l’évêché de Nalgonda, où, rouges et transpirants, nous essayions en vain d’apaiser nos papilles gustatives, en feu, avec le riz blanc accompagné de curd (yaourt indien)-, parfois peu épicés -surtout dans les endroits pour touristes. Les plats sont variés et délicieux et tous, mais vraiment tous, nous avons beaucoup aimé cette cuisine! Dans beaucoup d’endroits, on ne sert que de la cuisine végétarienne, et certains plats sont étonnants, notamment les omelettes sans œufs… (je ne sais pas ce que l’on met dans ces omelettes, n’ayant pas essayé… manque de curiosité, peut-être…).

Lorsque nous sommes invités, à Bhimanapally notamment, et qu’il y a du poulet au repas, nous pouvons être sûrs que le volatile était encore bien vivant quelques moments auparavant… Nous avons ainsi l’occasion de rencontrer l’un de ces volatiles avant qu’il ne finisse dans notre assiette. Les enfants avaient envie de voir toute l’opération, mais heureusement, cela s’est fait discrètement ailleurs…

Dès notre arrivée en Inde, et après 1 mois de Chine sans aucun problème pour nos systèmes digestifs, nous avons tous eu quelques jours d’adaptation nécessaire et avons découvert ce qu’est la fameuse « tourista ». Heureusement, sans rien faire (car elle est restée à un niveau contrôlable… Oui, vous saurez tout…), elle est passée en 2-3 jours pour certains d’entre nous, et en un peu plus d’une semaine pour les moins chanceux d’entre nous… Après ces premiers temps, nous n’avons plus eu aucun problème, alors que nous avons souvent été invités et que les assiettes n’étaient pas forcément parfaitement essuyées. Au début, nous ne buvions que de l’eau minérale, et dès notre arrivée à Bhimanappaly, nous avons bu l’eau filtrée et par la suite, nous avons bu l’eau que l’on nous servait, dès lors qu’elle était filtrée.

L’Inde a le sens de la fête et des couleurs

Partout, dans toutes les villes, nous avons vu des fêtes hindoues, et à Bhimanapally, nous avons assisté à la fête de Diwali (la fête de la lumière) et été invités à deux mariages. La musique, les percussions, les couleurs vives des saris et des couronnes de fleurs, les mets d’offrande, l’encens, etc. , tout contribue à faire de ces fêtes un régal pour les yeux et pour les sens. Les saris des femmes, leurs bijoux et les tenues des jeunes filles sont souvent superbes (quelque soit le niveau de vie) et, même dans les campagnes et aux champs, ces tenues apportent une note de couleur vive et de gaité. L’Inde nous a vraiment éblouis par ses couleurs…

Quelques contrastes entre les villes indiennes « modernes» et les campagnes traditionnelles

A Bhimanapally, nous avons découvert l’Inde rurale et traditionnelle. Les femmes ne portent que des saris, les jeunes filles des jupes longues et des hauts brodés, ou ces longues tuniques sur des pantalons plus ou moins larges. Le jean est une exception que l’on ne voit que sur quelques enfants. Les hommes sont en chemise et « pagne » (un grand rectangle de tissu porté en « pagne » ou enroulé autour des jambes) ou pantalon de toile. Lorsque nous arrivons à Bombay, le contraste est saisissant: partout les femmes et jeunes filles portent des jeans et des petits hauts moulants, ou des tenues courtes… et le sari est beaucoup moins porté. Pourtant, il y a quelque chose de réellement magique et digne dans ces saris et tenues multicolores des campagnes.

Les deux mariages auxquels nous assistons à Bhimanapally sont des mariages arrangés. Pour le 2ème mariage, nous apprenons que les mariés ne se sont vus que 2 fois auparavant. Il en est ainsi de beaucoup de mariages dans les campagnes et dans les villes, même si les mariages « d’amour » sont de plus en plus courants dans les villes. La dote est toujours de mise dans ces mariages arrangés et constitue parfois une vraie source de difficultés pour certaines familles…

Les religions en Inde

L’Inde est un pays profondément religieux et spirituel, où cohabitent de nombreuses religions, dont beaucoup sont uniques à l’Inde: l’hindouisme, le jaïnisme, le zoroastrisme, etc. En même temps, d’autres religions, comme le bouddhisme, la religion musulmane et le christianisme sont présentes dans ce pays. L’Inde est à 82% hindoue et comprend 12% de musulmans, ces 2 religions dominant en Inde. Toutes ces religions cohabitent avec plus ou moins de bonheur. Les tensions entre hindous et musulmans peuvent toujours être fortes, comme elles l’ont été à de nombreuses reprises dans l’histoire récente de l’Inde. En même temps, les chrétiens sont de plus en plus persécutés dans certaines régions de l’Inde, notamment dans la région d’Orissa. Dans l’état d’Andhra Pradesh, où nous avons donc passé un peu plus d’un mois, un prêtre, séminariste en même temps que le Père Fathima, a été tué il y a peu. Heureusement, dans beaucoup d’autres régions, toutes ces religions cohabitent de façon positive et tranquille…

Voilà quelques réflexions que je voulais coucher par écrit pour pouvoir m’en souvenir et y revenir avec plus de recul… Il y en aurait bien d’autres, mais je ne voudrais pas épuiser la patience de mes lecteurs…

Terror in Mumbai!

Terror has struck Mumbai in the form of

Terrorists. These men went on a suicide

mission after some extensive training.

Their goal: To put terror in all the hearts.

To do this, they attacked Mumbai’s most

sensitive spots.

The terrorist’s attacks aimed at a maternity,

a train station, some random streets, a café

and 2 luxury hotels. The terrorists killed

over 150 people, injuring many more.

Unfortunately, they managed their goal:

They struck terror in the town of Mumbai!

How could men kill women and innocent

babies? How could they aim for a maternity?

Of all their acts,this is the worse! They

wanted to destroy the lives of innocent babies,

some who hadn’t even seen the world. They

destroyed young families.

Through attacking the stations and the hotels,

they struck terror in the hearts of tourists, and this

could be disastrous for India’s economy. They

shot at random in the station, killing, destroying

families, and bringing fear. They held hostages

in the hotels, killing men,women and children

alike. They felt no pity. They had a mission to

kill citizens, and they stopped being men. They

became machines of destructions, intent on

killing. They cannot have had a good reason.

They killed in cold blood.

Journal d’Eric en Inde

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22/11/08 – A Goa

Après le déjeuner nous sortons pour aller à la plage. Nous prenons un taxi qui nous amène au mauvais endroit et nous devons marcher jusqu’à la plage. Nous arrivons, nous baignons pendant quelques heures et nous nous rhabillons. Il fait noir alors on revient en passant par une autre route et nous trouvons un taxi qui nous ramène.

23/11/08

Juste après la messe du dimanche, nous allons voir la tombe de St. François Xavier. Nous passons une demi heure dans un bus pour aller à Old Goa et nous visitons une grande église vide. Tristement elle n’était pas active, je crois que c’est parce qu’il y a plusieurs églises au même endroit. Nous rentrons dans un musé d’histoire et d’art de cette ville, et à la fin il y avait un bon panneau qui était normalement vrai en anglais: ”We have noticed that children are being dragged against their will to monuments and (…) ” Nous sortons et rentrons dans une autre église non active. Puis nous pénétrons dans l’église de St. François Xavier. Nous voyons sa tombe et restons quelques minutes, puis nous décidons de manger mais il n’y a rien dans cette ville. Nous rentrons en bus à Panaji (notre ville) et mon père prend un de ses fameux accourcis très très long. Nous mangeons dans un restaurant délicieux et rentrons.

24/11/08

Aujourd’hui, mon père à été appelé tôt le matin pour lui dire qu’on avait gagné un prix pour la famille et qu’on allait faire un tour de 1 heure… A 2 heures, nous avons été appelés pendant qu’on mangeait au restaurant pour nous dire qu’un taxi nous prendrait à l’hôtel dans 15 minutes. Nous avons attendu un quart d’heure et un monsieur nous a amené à ” Whale inn”. Puis, on a parlé avec une dame et remplit un formulaire. Mais ce n’était que pour deux personnes et on devait aussi payer. Ils nous dirent ensuite que il n’y avait pas de personne pour nous faire faire le tour, alors on est rentré Ma mère n’était pas contente d’avoir gâché une heure. On rentra en passant par des magasins et s’arrêta pour voir des habits. Ensuite on est rentré à l’hôtel.

27/11/08

Je n’ai pas raconté les jours précédents car il n’y a rien à raconter. Maintenant je vais raconter ce jour. Nous rentrâmes dans un train pour aller à Mumbai et nous apprîmes que des terroristes attaquaient Mumbai, notre destination. Nous passâmes un peu près 12 heures dans le train et sortirent au terminal. Il était 10:30. Un chauffeur voulu nous conduire mais nous refusâmes. Nous marchâmes un peu et le chauffeur nous suivit. Comme mon père ne savait pas l’emplacement exact de notre hôtel, il accepta pour un prix qui était pour les bagages aussi. Il nous amena à l’hôtel et nous demanda beaucoup plus pour les bagages. Nous refusâmes mais il eut plus que le prix normal car on n’avait que des grands billets. Ma mère voulait voir les nouvelles et apprit qu’un super hôtel avait été attaqué et que des personnes étaient en train de tirer sur des gens avec des fusils.

28/11/08

Nous sommes restés dans l’hôtel toute la journée et sommes sortis seulement pour manger. Nous avons regardé aussi les nouvelles sur la télévision.

29/11/08

Pour sortir de la ville des terroristes, nous sommes allés à un parc d’eau hors de l’endroit des terroristes. Nous prîmes un train, puis un ”rickshaw”. Ensuite nous mangeâmes un déjeuner rapidement et prîmes un bateau pour arriver au parc. Nous rentrâmes et payâmes. Il y avait des super attractions d’eau. Mais, j’étais 2 centimètres trop petit! Un peu moins que 2! Il n’y avait qu’une piscine pour moi. Je n’avais rien à faire. Le soir, je jouai avec des enfants à la balle, dans l’eau. En tout je me suis ennuyé pour quelques heures. Au soir nous rentrâmes très tard à l’hôtel et dormîmes.

30/11/08

Nous sommes allés à l’aéroport. Nous avons mangé des ”samosas” et des sandwichs. Nous avons passé la sécurité et attendu que l’avion atterrisse. Nous sommes ensuite montés dans l’avion et il décolla peu après. Puis nous vîmes des films. Nous dormîmes ensuite.

Au revoir Bhimanapally…. (18 novembre)

Après plus d’un mois passé à Bhimanapally, il est temps pour nous de reprendre nos sacs à dos et de recommencer nos pérégrinations. Nous laissons beaucoup d’amis et de gens merveilleux à Bhimanapally et nous repartons, tout à la fois excités par les nouvelles découvertes qui nous attendent, et attristés de quitter ainsi tous ceux qui nous ont ouvert leurs portes et leurs cœurs. Mais nous n’oublierons pas Bhimanapally et nous espérons bien pouvoir aider un peu dans le futur, voire y revenir, qui sait?

Notre prochaine destination est la région de Goa, sur la côte. Nous arrivons le soir, après 14 heures de train, à Panjim (Panjini), et cherchons un hôtel. Sans Internet et sans téléphone, nous n’avons pas eu le temps de préparer la suite de notre séjour (de toutes façons, même sans cette excuse, nous procédons souvent ainsi, nous laissant guider…). Nous nous rendons compte très vite que les prix à Goa sont bien plus chers que ceux que nous avons connus jusque là. Nous trouvons quand même un hôtel où poser nos sacs. Nous avons 2 chambres et les lits ont des matelas (nous en avions perdu l’habitude…) et il y a l’eau chaude théoriquement. L’eau chaude se révèle vite une un mirage, mais nous n’en avons pas vraiment besoin, après tout… Devant la fenêtre de la chambre des garçons, un énorme nid d’abeilles est installé à l’extérieur. Espérons que la fenêtre ferme bien… Nous voulions un hôtel avec Internet pour rattraper tout notre retard, mais « on ne peut pas tout avoir », comme le dit si bien notre Amandine, qui est devenue très philosophe et nous sert des grandes vérités très régulièrement, comme cette autre formule « C’est mieux que rien!…. ». Merci Amandine! Tu as tout compris…

A Goa, nous goûtons la meilleure cuisine que nous ayons essayée jusque-là. Peut-être est-ce aussi dû au fait que nous savons maintenant manger à l’indienne et savons quoi commander…. Nous retrouvons le goût de la viande et nous essayons tous les plats au fur et à mesure. Rien de tel qu’un mois à cuisiner pour apprécier de nouveau de pouvoir mettre les pieds sous la table… Il reste bien d’autres choses à faire pour nous occuper, ne vous inquiétez pas…

Le 21 novembre, c’est notre anniversaire de mariage… 16 ans déjà… Les enfants, qui ont bien compris que nous avons besoin d’intimité, nous poussent hors de l’hôtel, avec mission de bien nous amuser… Les repas pouvant être pris à l’hôtel, nous ne nous faisons pas prier et les laissons ensemble avec mission de ne rien faire de dangereux et avec un budget maximum pour le repas… et aussi avec plein de devoirs, il ne s’agirait pas de faire l’école buissonnière pour autant! Nous savourons notre journée à deux, car nous n’avons pas beaucoup d’occasions de nous retrouver seuls…

A Goa, nous redécouvrons les joies de la plage, au grand bonheur d’Amandine. Nous en profitons aussi pour aller visiter la vieille ville de Goa. Toute la région était sous domination portugaise, et il y a un nombre incroyable d’églises très impressionnantes. Les maisons et monuments portent aussi l’empreinte du style portugais. C’est joli et très différent de ce que nous avons vu auparavant. C’est dans la vieille ville de Goa que se trouve le corps de Saint François Xavier, corps miraculeusement et naturellement préservé. Il n’est exposé maintenant qu’une fois tous les 10 ans, nous ne le verrons donc pas, mais nous pouvons prier dans l’église où il repose. De plus, c’est bientôt la fête de Saint François Xavier et la ville est en effervescence. Des gens sont venus d’un peu partout pour venir prier la neuvaine qui se terminera le 3 décembre.

Dans un café Internet de Panjim, nous rencontrons Martin, un suédois, et entendons son histoire. En débarquant à Panjim, fatigué, il s’est endormi sur la plage avec tous ses bagages. A son réveil, bien sûr, il n’avait plus rien… Plus de passeport, plus de carte de crédit, plus d’argent. Lorsque nous le rencontrons, cela fait deux jours qu’il n’a pas mangé, la police ne voulant pas l’aider et lui refusant même d’effectuer un appel en PCV. Son ambassade est à Delhi et il ne peut la joindre… Même boire est un problème, vu que l’eau n’est pas potable et qu’il ne peut pas acheter d’eau minérale. Le café Internet le laisse appeler et il arrive à joindre sa mère. Il va devoir patienter jusqu’à l’arrivée de sa carte de crédit, mais au moins il aura un toit pour dormir, sa famille ayant pu lui payer un hôtel par Internet. Il a dormi dans la rue la nuit précédente… Nous l’invitons à venir dîner avec nous. Les enfants sont impressionnés par son histoire; cela pourrait nous arriver, même si nous ne nous endormirions pas ainsi à l’extérieur avec tous nos bagages…

Le jeudi matin, nous quittons Goa pour Bombay. En montant dans le train, nous découvrons dans les gros titres des journaux que Bombay a fait l’objet d’attaques terroristes la veille au soir, et ce dans la gare où nous allons et à l’heure où nous devons arriver… Si nous étions partis un jour plus tôt, nous aurions été en plein dedans… Nous découvrons en même temps que l’aéroport de Bangkok, notre prochaine destination, est bloqué et que le pays n’est pas sûr pour le moment. Nous ne pouvons pas faire grand chose dans le train, et nous attendons d’en savoir plus pour prendre une décision… Nous arrivons le soir à la gare, où rien ne transparait des attaques de la veille, si ce n’est les policiers et soldats qui patrouillent. Il y a beaucoup de monde, peut-être moins que d’habitude, mais c’est difficile à dire. Par contre, les rues de Bombay sont vides, ce qui n’est pas normal dans une ville indienne, et surtout à Bombay. Notre hôtel, que nous avons réservé la veille, est tout près de la gare et à peine plus d’un kilomètre de l’hôtel Taj Mahal, ce qui n’est pas franchement idéal, mais nous avons déjà eu beaucoup de mal a trouver un hôtel qui avait de la place et qui était à un prix abordable pour nous 6. Le soir, nous regardons les nouvelles à la télévision, ce n’est pas rassurant, il vaut mieux ne pas sortir, et la situation à Bangkok semble bloquée… Le lendemain, nous décidons de changer nos billets et de partir en Australie directement. Les bureaux de British Airways ont changé d’adresse par rapport à l’adresse que donne notre guide. Le temps de découvrir où ils se trouvent et nous réalisons qu’il ne nous reste plus qu’une heure pour y aller, les bureaux fermant ensuite pour tout le week-end. Notre vol pour Bangkok part le lundi matin, à 5 heures du matin, c’est donc notre seule opportunité pour changer nos billets. Ian part en taxi et parvient à l’agence juste à temps. Vu les circonstances, on nous trouve un avion pour Sydney, le dimanche soir. Ouf! Le personnel de British Airways est visiblement très inquiet, ils doivent avoir du personnel dans le Taj, qui fait toujours l’objet d’attaques terroristes. Les télévisions parlent de « guerre » et la police répète que la situation n’est pas maitrisée. Nous passons la journée de vendredi dans la chambre hôtel, qui est petite et où nous sommes tous entassés, et la journée passe lentement. Nous ne sortons que pour les repas, de toutes façons, la plupart des commerces et restaurants sont fermés, ainsi que les écoles… Nous sommes fatigués et nous attendons notre avion avec impatience. Le samedi, la situation semble un peu meilleure, nous décidons de sortir et d’aller très au nord, dans un parc aquatique, histoire de changer un peu le moral des troupes… Cette journée nous fait du bien à tous. Elle nous fait un peu oublier toutes ces attaques. Nous regrettons de ne pas pouvoir visiter un peu Bombay, car nous sommes impressionnés par les nombreux monuments imposants que nous avons aperçus, mais tant pis.

Le dimanche, nous nous rendons à l’aéroport. La sécurité est maximale. Interdit de stationner devant l’aéroport et, pour pénétrer dans l’aéroport, gardé par des soldats, il faut montrer ses billets d’avion et passeports. Nous sommes en début d’après-midi et notre vol ne part pas avant 21h45… Mais, avec nos bagages, il est difficile d’attendre ailleurs qu’à l’aéroport… Des soldats armés patrouillent l’aéroport. L’un d’eux vient vers nous et nous demande d’évacuer notre place, des bagages abandonnés ayant été trouvés un peu plus loin. Finalement, les propriétaires des bagages reviennent, autant dire qu’ils passent un très mauvais moment… Ensuite, nous devons nous rendre au guichet d’embarquement. Mais avant, nous devons faire la queue pour aller faire scanner nos bagages qui partent en soute. Ces bagages, après avoir été scannés, sont scellés. A chaque étape, nos passeports et billets sont vérifiés de nouveau, nos bagages à main scannés et étiquetés eux aussi, et les étiquettes vérifiées à chaque passage de porte. Tous les voyageurs sont fouillés, en plus de passer sous le détecteur de métal… Nous mettrons plus de 3 heures à passer tous ces contrôles… Heureusement que nous sommes venus bien à l’avance… Finalement, nous embarquons. Nous faisons escale à Singapour et devons sortir de l’avion, juste quand certains d’entre nous avaient enfin réussi à s’endormir. Par la suite, impossible de se rendormir. Nous arrivons à Sydney, heureux d’être arrivés à destination, mais complètement épuisés. Entre le changement d’horaire, la nuit manqué en avion, et les évènements de Bombay, nous ressemblons à des zombis… Pendant que nous cherchons une auberge, David s’endort sur les bagages. Les enfants deviennent capables de dormir dans n’importe quelle position et en n’importe quel lieu, un des nombreux talents acquis pendant ce tour du monde…

Nous avons tous besoin de nous reposer et de souffler. Vive l’Australie. Nous sommes « chez » nous. Nous avons déjà habité à Sydney, en 1993, et Xavier est né en Australie, à Wagga Wagga. C’est un pays que nous aimons beaucoup et nous espérons bien revoir tous nos amis…. Rien de tel pour récupérer.

Notre auberge a l’eau chaude et des matelas moelleux… Quel luxe! Notre première visite dans un supermarché nous laisse tous ébahis devant la diversité des produits. Après 3 mois d’Asie et surtout 2 mois d’Inde, nous ne sommes plus habitués a tant d’abondance. Amandine pousse des cris de joie à chaque rayon et nous appelle toute excitée à chaque nouvelle découverte. Elle ne sait plus où donner de la tête! Les gens doivent se demander d’où nous sortons…

A normal day

I wake up. The church is shouting music at me, and that has the irritating habit of dragging me out of my sleep. At least the bus departing at 5 didn’t wake me up… The only problem is that the music, starting at 5.30, will last half an hour until mass. Its mission is to wake everybody up to go to work. The music is Indian type, which means its melody will stay almost the same throughout the whole song. But that melody booms! Actually, this is probably one of the best songs to wake people, not very comfortably perhaps but then who cares about comfort?

Although it’s rather hot, I drag the covers over me. I prefer enduring a little uncomfortable heat than fall prey to the mosquitoes. The mosquitoes they have here are big, mean, and seemingly everlasting. Their stings don’t just itch, but also hurt. Then I drag my I-pod under with me and listen the hours through.

8 o’clock. Time for breakfast. This is a rather painful meal for me because Indians mostly eat rice for breakfast (as all meals). I’ve tried rice with sugar once or twice, but normally I’m not that desperate. Sometimes we have industrial bread with a rare luxury, jam. Before this village I hated this jam, as I’m not into bland chemical tastes. Now though, I regret that jam. Sometimes we replace it with a mixture of lemon juice and sugar…

School. I go to fetch my laptop, and when on my bed, one of my feet falls through a hole and throws me down. Our beds are made of interlacing straps, which continually move, forming treacherous gaps. At the beginning I used to sleep directly on these, but now I have a plastic sort of mat to sleep upon. I used to use my jumper as a cushion, but now I’ve given up on that and sleep just on my arm. Two hours of painful school pass. Working on my own is significantly harder than with teachers, especially in literary subjects. And here, I can only blame myself if I advance slowly, or don’t understand something. In a school, I just have to adapt to the rhythm and eventually, even if I don’t complete the program, it will not really matter. It’s the difference between swimming out of habit and swimming out of sheer will. The second might be more impressive, but it’s much less agreeable than the first.

Almost 11 o’clock. I’m the only one which still has another hour of school, but I’ll do it in the afternoon. Time to go see the kids at school. As we enter in the playground, all the children there shout ‘Good morning’ and run to shake our hands. I find it hard to shake hands without halting, while still seeming to respect the other, so I walk just behind my Dad, so that he receives the brunt of the attack. I stop just behind the wall, waiting for my family to catch up, then turn. At once we have roughly 50 ‘Good morning, everyone’s’. I observe with a smile that they’ve progressed. They used to say ‘Good morning, sisters’ before. Good morning children, my father responds, and, before the rows of disciplined 4-6 years old we place ourselves in a line.

Then its Head Shoulders Knees and Toes with actions. They know the words well, although they probably do not understand all the meanings. It’s remarkable how they can take the words and absolutely destroy the tune.

I love these children. They’re happy and eager to learn. And they’ve got just the right amount of pride at what they’re learning to make you glad to teach them. They’ve got a truly amazing capacity at learning by heart rhymes and songs, when they don’t even know what the words mean! They’re probably better than me at this. If we were to teach me German songs, I would be close to incapable of learning them without first understanding the language. Proof that they don’t understand the words is that one song finishes with ‘My fair lady’, where we taught them to point to my mother. One girl keeps pointing to my father…

‘Alice the Camel’ follows, then ‘The wheels on the Bus’, ‘If you’re Happy’, ‘Round the Garden’, ‘In the Jungle’, ‘B-I-N-G-O’, ‘The Ants go Marching’, ‘Once I caught a Fish Alive’, ‘Baa-baa Black Sheep’, ‘Farmer Joseph’ (=Old Mac’Donald, except in India the cow goes ‘Amba’, and the dog goes ‘Bow Pow’) and so on. All these songs have taking an incredible amount of remembering for us (we got Internet once though, and sort of cheated).

Then it’s goodbye and my family go ‘home’ while my father and I direct ourselves to the school edifice, to see the headteacher. We give computer lessons. When she sees us she asks a random teacher to get a random class for us to teach. They have 5 computers, so old that they only accept diskettes. (That seems incredibly old to me, but maybe not so much to you.)

I’ve programmed (=made) games on the computer which attempt to teach the students how to use a computer. The first throws letters then words at you and you must type the same letter or word before it grows too big. The smaller they are, the more points you win. The second is a maths game, which throws sums and subtractions at you at adjustable difficulties. A third features a war versus evil words which fall from the sky in increasing difficulties and which you must shoot (by typing the same word), before they destroy your village. Each time you destroy one, it contributes to the building of your cross. When this is fully built, it casts a protective aura on your village and secures your victory. The last is a compilation of 4 unique games, football, saving birds from rain with an umbrella (I love originality), avoiding rocks with a spaceship and getting through mazes. This last game is a sort of reward games for hard work, and they also have as goal to teach arrow-keys usage.

Anyway, the class comes, and distribute themselves about 4-8 per computer. My father says hello. They stare back. My father lifts a keyboard, says ‘today we will learn how to use the keyboard’ and suddenly the power cuts. We wait awkwardly for ten minutes, then go back home. Once we did manage a one hour course…

Lunch! Our father has made a potato curry with rice. It’s pretty nice (actually in the present conditions it’s superb), except one does get tired of getting the same meal twice a day for over a week. Sometimes my parents break the monotony with rice alone. Sob…

Follows another hour of school for me, then I read or practice programming.

Shouts suddenly break the cool silence. Shouts screaming ‘Xavier! David! Eric! Amandine? Come please!’ My watch has long broken, but I can guess it’s roughly 6 o’clock. Most nights I go out to play with the children. If not they’ll literally break our house apart with pounding on the door, choruses of shouts and screams, and what not. This time I go out, say hello. They say Bagunara (=how are you)? I answer Bagunamu (=fine) with my horrible accent, and a little boy keeps on asking Bagunara so he can hear me answer again. Every night is a new adventure.

Today, I asked Joseph to organize a game of ‘Kabadee’, their national sport. He said okay, but him and I never got to even choosing the players, because of all the fighting. I tried to take a hand in it, but not speaking Telegu means I have to use Joseph as an interpret, whom I suspect to deform my words to serve his purpose. I tried various tactics to start the game, each ending miserably and at last told them I was going in 3 minutes if we did not start. After one minute of everybody running, we finally started playing for 30 seconds, before Joseph rebelled and brought the game to a standstill. Two hours of waiting for 30 seconds’ playing. Not too bad!

On my third day here, I had decided to organize a special game with the skipping rope, where I twirl the rope around myself and people have to jump when it passes under them. But as 30 children ran to play, I could never play 2 seconds before hitting someone’s legs. I thought I would be able to turn this bad beginning into an organized game, where 3 people would start, and we’d proceed with elimination until only one was left. This person would continue to the next game and two more would be chosen, etc.

Now every time I would choose the next two people, I’d have a pure energetic force of 20 frenzied children rushing into me, shouting, screaming, touching and probing me to be chosen. And when the game would start, all the people who had not been chosen would rush in, making the game unplayable. Ah well…

Yesterday night we were invited to eat at a man’s house. There’s an Indian proverb saying that visitors are like a half-God. If I may, there’s ample place in the 33 million Hindu Gods for visitors. Anyway, this proverb is actually rather scary because most invitations tend to end up the same way. They lead us to a table, seat us, and even the old man who invited us serves us during all the meal, not eating himself. His wife and child serve us too. They’ll eat later, when we’re gone. Although they never get to eat meat themselves, they’ve slaughtered one of their chickens just for us. This thought makes me feel guilty, but I am so deprived of meat that me, who in France wasn’t very fond of it, water at the sight of it. When I see a live chicken, I can’t stop a sudden feel of affection.

I have a momentary puzzlement when I observe that the cutlery is missing. Then I realize and with a tinge of sadness plunge my hand in my plate, mixing the curry and rice together, then raising it up and shoving it in my mouth. Some Indians laugh when they see me eat, I probably have terrible manners, I wouldn’t know. All I really know is that you don’t eat with your left hand, reserving it as a replacement for toilet paper (people here looked at our toilet paper with puzzlement, feeling it in a futile attempt to classify this strange substance). The hardest thing is eating yoghurt mixed with rice with only one hand.

Before going to bed, at 10 when everybody’s asleep, I like to walk alone in the dark. I need the calm, the time to put my ideas back together. Then sleep.

Bhimanapally, small Indian village

This is a translation from the blog: “Bhimanapally, petit village indien », published on the 4th of November. More photos of Bhimanapally are posted in the French blog.


We have now been in Bhimanapally for 2 weeks, or more exactly in the settlement of Kammaguden, next to Bhimanapally. Kammaguden is a very small village of around 300 Catholic families, and it is situated in the state of Andhra Pradesh. Traveling from Udaipur in Rajasthan to this small village took us 2 days and a half…. We started with a 5 hour bus journey and experienced the « comfort » of Indian roads. As our Indian guidebook describes it most appropriately, it was a real «  bone rattling » experience! Then, we travelled by train for another 24 hours… These 24 hours of train were in fact quite nice and seemed to pass quickly, as we had time to read and play. Xavier started to learn to play Chinese chess, which is very different from our traditional chess game. The countryside we passed was beautiful and contemplating it, while drinking Indian tea, a sweet and spicy tea that we buy from sellers on the train, made the journey seem quite short, in the end! We had lunch and dinner on the train and while lunch was not too bad, dinner was the same meal, only not as fresh as lunch… At a few stops in particular, I wast amazed to discover that cows were actually grazing on the rails and some were even resting in the shade under some wagons, at railway stations…

When we arrived in Hyderabad, we were welcomed warmly by Father Ignatius’ family. It is through Father Ignatius that we discovered this little village and were invited to come for a month. Born in Bhimanapally, he is now priest in the United States. One of his projects for this village is to build a computer centre, so that children and teenagers can learn computer skills and find a job more easily in the future. Indeed, life in Bhimanapally is not easy and many families are poor, and being able to find a job can make all the difference for these young people. When we first got in contact with Father Ignatius, we were supposed to come and teach computer skills to the children, but then the computer building completion got delayed, through lack of money essentially, for nearly all the funds come from donations from the USA.

Originally, we were to spend a few days in Hyderabad before going to Bhimanapally, but, on arrival, we found that plans had changed and we headed straight to Bhimanapally. We were hoping to post our blogs and tell our families of our roundabouts as well as do a bit of shopping and withdraw some money, but there was no real time for this. We had no idea what to expect about Bhimanapally, as none of our guidebooks mentioned such a small village. We were not even sure were it was situated… While our hosts spoke good English, we still found it difficult sometimes to communicate, the Indian accent being quite different from ours (and our English accent being difficult for our hosts). After a good one hour journey in car, we stopped at a little village where we were expected for lunch. It was the second time we were invited for a meal in an Indian family, since being in India, and, every time, we were surprised by the Indian way of receiving, so different from ours. Indeed, our hosts served us and remained attentive to our every needs while watching us eat, and it is only when we had finished eating that they started to serve themselves and eat. Not yet completely used to eating with our fingers, using only the right hand, while balancing the plate on our knees, we gladly used the spoons that were provided for us… Then, we resumed our car journey and after ¾ of an hour, wondering at every small village we crossed whether we were in Bhimanapally (every village being smaller than the preceding one), we finally spotted a church in the distance… We had at last arrived at Bhimanapally, after 2 days and a half journey!

On our arrival, we were welcomed by Father Fathima, priest of Bhimanapally. We are lodged in the old presbytery, just next to the church: one big room to cook and eat, another big room to sleep and a small room to wash. The beds are Indian beds: they are made of a metal frame, with straps criss-crossing. These straps form the bed structure… and the mattress also. The wash room is equipped with a cold water tap: we fill buckets and use small recipients to pour water on us to “shower” or to “flush” the toilets…. Shobarhani and Pratap, Father Ignatius’s relatives, welcome us and lend us everything we need to cook: a gas stove, pans, plates and some cutlery. We even have a fridge, but electricity is cut for the main part of the day… I must learn to cook the Indian way, as there are few resources available here and as I am not sure how to cook them. Shobarhani shows me how to prepare and cook rice and curry, as well as chapatis. Indeed, the meals consist mainly of rice, served with a vegetable curry, and very rarely, on special days only, a meat curry. In the evening, women also prepare chapatis (flat Indian bread) to go with the rice and curry.

The area where we are is very dry and arid, and few vegetables and fruits grow. The courgettes are the size of our green pickles, while eggplants are no bigger than our tomatoes… For a living, people grow cotton, as this plant requires little water (in fact, only four good rains are enough to get a good crop). The fields are small and the crop (only once every year) is entirely dependent on rain. When we arrive, people are awaiting with anxiety the 3rd rain which is not coming. Without this rain, the cotton, the only real source of financial revenue for most families, will be lost. In fact, now that winter is coming, the odds of getting rain are very reduced, and some fields have started to dry up. Some families thus already know that they will have no financial resources until the next crop and some, who have had to borrow money, know they will not be able to reimburse their loans.

A few families have bore wells, which means that they do not depend on rain. Little by little, Father Julian, another priest born in Bhimanapally and settled in the United States, is trying to collect money to have more bore wells built. Father Julian is in Bhimanapally for a few days, on holidays, and we are lucky to be present while new bore wells are being dug. A ceremony is organised and, while we try to sit discretely in the back, people gesture to us to come to the front where chairs have been reserved for us… The kindness and generosity of all here is always very touching and quite impressive… The digging truck is blessed and we all go to the field where the first bore well is going to be dug. The family, for whom this bore well is being built, invites us along with Father Julian and Father Fathima. There is no guarantee that the bore well will be successful and yield water, and even if nearly all precautions are taken to ensure that the site has water underground (a geologist comes to study the place and determine where to dig the bore well), some have to be stopped because of hard layers of rocks or lack of water. On this occasion, 3 of the bore wells yield enough water, but the 4rth one, unfortunately, doesn’t give any water.

In this village, all the inhabitants are Catholics and of the same caste (there are around 5000 different castes in India). They came to settle here in 1919, from the area of Madras, with the Italian Fathers who were with them at the time. They came in search of lands to cultivate and this migration movement was facilitated by the Central Authorities, as they wanted to encourage the cultivation of commercial crops, such as tobacco, chilli and cotton, plants that native people did not cultivate. The natives of the soil could not tolerate these new people, from a different caste and religion, to settle among them, so they settled just next to Bhimanapally and formed the settlement of Kammaguden. Today, there are around 300 families, and the total population is 2154 people. Such a village, where all the inhabitants are Catholics, is quite exceptional in India, as Christians only represent 2,3% of the Indian population, and as normally, Christian families are mixed with Hindu families in villages and towns. Most of the time, this cohabitation is peaceful and good, but these last 10 years, some Christians have been persecuted and killed by fanatical Hindus, particularly in the area of Orissa.

In Bhimanapally, people are deeply religious, in a way we have seldom witnessed elsewhere. In fact, we can feel that every moment of the day, every action, is deeply rooted in prayer and turned towards God. Vocations from this village are plentiful, as there have been already 16 priests ordained and more than 40 nuns have come from this village. Also, 25 seminarians from this village are now studying for priesthood. At 5.30 in the morning, the bells ring and Father Fathima reads the Angelus and the Gospel of the day. His microphone can be heard in all the village, for all those who will not be able to come to Mass, as they have to work in their field or try to find employment for the day. For us, who are sleeping just next to the Church, and who are not naturally early risers, this wake up call at 5.30 in the morning is a bit hard… though no doubt very good for us… All the children of the village, as well as the ones from the boarding school and all the adults who can come, gather in the church to pray and have Mass at 6.30. Every evening, at 5.30 in the church or at 7.30 in front of a house in the village, the Rosary is prayed and it is the children who are leading the prayers and reading. Their loud voices echo in the church in a very moving and impressive way. In fact, children learn to read, sing and answer with loud voices in school, and these strong voices contrast with the quiet and tiny voices we sometimes hear in our own schools… For us, there is something deeply moving as we listen and pray with these children. Bare feet, seating on the floor with our legs crossed , we pray with them in our own language, as everything here is in Telugu.

The priests of this village are very active and, day after day, try to make life a bit easier for their people. Some years ago, after the initiative of a priest, good brick houses were built to replace the simple huts some families were living in, and now every family has a real house with one or several rooms to live in. Equally, every house now has a water tap linked to the home. In this area, water contains too much fluoride, and elderly people have deformed joints and walk with difficulties because of this. One Father, with donations he was able to collect, had a water filter station built to purify the water and avoid these problems. For women, the Sisters have started an embroidery workshop, to help them have some revenue. Also, thanks to money collected, one Father had a little dispensary started: one bed, a few medicines and kits to draw blood samples and analyse them, thus allowing early detection of any real serious health problem. The money also pays for a doctor to come and visit Bhimanapally twice a month…

The two schools of the village are run by Sisters and Priests. The education is mainly in Telugu, and this is a problem, as only English will allow these children to find real jobs later on. This means that families who can afford it send their children to English boarding schools in bigger towns. The primary school, run by 7 nuns, has started this year a Kindergarten section, all in English. We go there every morning to sing and teach simple English rhymes to the children. We adapt the words to make them easier or more suited to Indian culture. This way, for example, “Old MacDonald” is now called Farmer Joseph and the cows do not do “moo moo”, but “emba” and the dogs “bow pow”…The Sisters try to obtain permission to extend this English teaching to older classes, but oddly enough, the government does nothing to facilitate the process, though eradicating poverty and pushing education are supposed to be among its main priorities… Obtaining permission is a costly process that has to be repeated every 5 years if it is successful. Also, the secondary school, run by a priest, is seeking permission to extend its teaching to 12th class, instead of stopping at 10th class. This way, every child in this village could study up to the age of 18 years old, as some families cannot afford to send their children to other places to study after their 10th class. Finally, the completion of the computer centre will allow children to learn computer skills and help them to find jobs later on. Indeed, computer is one of the most promising sector for employment here and Hyderabad is even sometimes nicknamed “cyberabad”.

In the meantime, the primary school has 5 computers, donated from abroad, but the power cuts during the day make it hard to teach computers. Xavier made didactic programs to teach the children how to use the keyboard. To install them on the school computers though, we needed one little installation file that we could only find on Internet… Less than ½ an hour after trying to install them at school, one local villager, Lourdes, arrived with his motorcycle to take Ian to a small town, where there was ONE computer with an Internet connection, the computer being at the back of a little bangle shop… When they arrive, there is no electricity in the town… Finally, when power comes back, Ian finds the file he needs, but the connection is so bad that he hardly manages to download it. Trying in vain to get all our emails or to send some, he must acknowledge defeat… We will have to wait to read all our emails or to post our blogs, till we get to a bigger town…

For us, life in this village is full of discoveries and the children enjoy it. We are learning to live with very little, compared to what we are used to… Ever since we started this round the world tour, we have been living with less and less: only one travelling bag each, 3 pair of trousers and 3 tee-shirts or shirts each… In Gwexintaba, we learnt to live without water to wash even our hands for a week (by far the biggest challenge…). Here, electricity is cut for the main part of the day (it is reserved for industries and towns) and sometimes, there is not enough water as the electrical pump is not working. The tiny shops (which we would not call shops in our countries) have very few items (only basic ones) and our meals, all consisting of rice, are very simple, without any luxury… We have hardly eaten meat since we arrived in Bhimanapally, only when invited, and fruits are a luxury here, and can only be found in nearby towns… We know that people who receive us can hardly afford to prepare meat for us or to give us fruit, and still, to our great embarrassment, they all go to great length to offer us the best they can… The generosity of the people in this village, who have very little, is a great lesson… Also, everywhere we go, people try to find chairs for us, the mere idea that we sit on the floor like them seeming to be quite inconceivable… Little by little, though, they seem to realise that we want to live as they live and share their way of life…

We slowly adopt Indian ways and we can now eat with our fingers, using only the right hand, and we can cook Indian food (though my currys still do not have exactly the right consistency…). We are a great source of curiosity for people in this village, and particularly for children, as we are the first white family to come and live in their village. As soon as we go out, all the children crowd around us and want to touch us and shake our hands. The women come to see what I cook and how I do it, and we try to communicate, though it is not easy, as everyone here speaks Telugu and very few can speak English. We have learned a few words in Telugu, but conversations are still quite limited… The children call us “uncle” and “aunty” and, every day, they call with insistence for Xavier, David, Eric and Amandine to come and play with them. Sometimes, we would like to be a little more on our own, but we know how lucky we are to be able to discover life in this little village and to be accepted and welcomed like this.

We participate in the village’ s events and, since we arrived, in the same week, we went to two funerals, one baptism and one wedding. People who die during the night or in the morning are buried within the same day and the whole village is present at the funerals. As for the wedding, the bride is dressed with a superb orange and red sari and wears her most beautiful jewels. Her hair are beautifully adorned with flowers of many different colours. The groom is all in white. Everyone has put his best clothes for the celebration and the colours of all the women’s saris form an extraordinary multicoloured pattern. For this event, Shobarhani lends me a beautiful blue sari and helps me to fasten it securely (with safety pins…). Another woman, Juvitha, seeming to find that I have too few jewels, lends me hers. Amandine also wears Indian clothes and her hair are adorned with orange flowers attached together and prepared by Shobarhani, and her hair style is supervised closely by many women. It is obvious that people appreciate seeing us adopt Indian clothes, and I am happy to be able to get closer to them. Amandine’s outfit is a superb pink skirt with an embroidered black top and a pink scarf. Girls here, though from poor families, are dressed beautifully in vivid colours, and their clothes are embroidered and often glitter. We bought Amandine’s outfit in a nearby village with Pratap’s family and they negotiated the price for us, as buying at the marked price would not be right… The marked price was 300 rupees (around 5 euros) and the final price is 200 rupees (around 3.2 euros).

The cost of life in India is very low compared to ours, and this is not surprising since, here, in Bhimanapally, a day’s wage (when people can find work) is around 50 rupees for women and 75 rupees for men (that is less than one euro for women and hardly more than one euro for men for one day’s labour…). People who seek daily jobs cannot find jobs everyday and, when the crops fail, there is no money and people have to buy food asking for credits… Understandably, life is not easy for many, especially as prices of basic necessities represent a good part of one day’s wages: the price of rice, for example, is of 27 rupees a kilo, sugar 21 rupees a kilo, tomatoes 16 rupees half a kilo and oil 70 rupees a litre… One day’s work thus allows people to buy 2 to 3 kilos of rice or only one litre of oil, which is often the only fat used for cooking and which is necessary to prepare chapatis and currys. Some families have buffaloes or oxen, but if the crop is lost, some of them will probably have to sell them as they will not be able to feed them.

One morning, Father Fathima takes us to another village where 8 Catholic families are settled amongst Hindus families. To get there, we use an autorickshaw and, we are now getting used to it, we all jump happily at every hole in the earth road… In this village, a church is slowly being built, but money is scarce, even though nearly all the labour is provided by the Catholic families and the land was donated by the first Catholic family who settled in this village. Meanwhile, Mass is celebrated in front of one of the houses. I cannot help wondering what is the reaction of Hindu families to this church being built in the village, but Father Fathima tells us that they like the presence of a church and of a life of prayers. They are also touched by the way these Catholic families live. In this village, the land is even dryer than in Bhimanapally and many have already lost their crop of cotton. After Mass though, we are all invited to stay for a breakfast of “semoule” and curry. Indian hospitality is as always so generous…

Yesterday, Sunday 2nd of November, we all went to Mass in the cemetery. The whole village is gathered there and many relatives came from nearby towns or villages to join their family. Our presence amongst them seem to be appreciated and we are moved by the way they celebrate this day. Candles are lit everywhere on the graves which are covered with flower petals and people have been preparing this moment since early morning. Joy and sadness, smiles and tears intermingle… Many have lost children or a husband.. and all are there to remember.

Today, 3rd of November, is Eric’s birthday. Father Fathima offers Mass for Eric, and right after Mass, comes with a birthday cake that he has had prepared just for this occasion. The Sisters are also here and have also prepared a birthday cake! Eric, who was worried that he would not have a birthday cake, as there was no way for us to buy or make a cake here, is reassured and overjoyed… We are all the more touched by the attention that children’s birthdays are not particularly celebrated here… Everywhere, we are treated with generosity and attention, and also a touch of curiosity, and we really fully appreciate this welcome and this simple life that we can share.

There would still be many things I could write about, but it will have to wait for next blog. Tomorrow, for the first time, we are going to a town (Nalgonda), where we will be able to find a real Internet connection (or so we hope)! Nalgonda is situated at 40km from Bhimanapally and it will take us one hour and a half by autorickshaw to reach it… Thus, today’s priority is writing and completing our blogs… Be patient for the next news, they will come at the latest in 2 weeks, when we leave Bhimanapally… or before if we have another opportunity.

As you can see, we are all happy living in this village and feel privileged to have all these opportunities to meet people and discover their way of life and share in it. We still keep you all in our thoughts and thank you for all your mails and comments that we hope to be able to download tomorrow and read in the next few days…

Religion in India

Wow. This is an incredible country.

Before coming here I didn’t know India. It was far, strange. They played cricket. And I wasn’t quite sure what language they spoke.

Well it has taken me some time to try to put things straight and understand the incredible differences this country has from anything I know.

First for a few facts. Hinduism is the main religion in India (and not a language). It has 33 million gods.

One of the main languages is Hindi and it has a weird alphabet. But other places in the country have not only another languages but also a totally different alphabet. Telugu for example is the first and often the only language for over 80 million people. Their bubbly looking alphabet is composed of 54 letters. Then if you move down south there are again different languages and alphabets.

English is considered as the lingua franca that anybody who wants a future will have to learn. So is Hindi.

Therefore educated people will most probably talk and write in at least three languages, with possibly 3 different alphabets. I tried learning Russian for one year. Different alphabets are a nightmare. In India it is part of their culture.

But I think that one of the most striking differences is religion.

We are fortunate to be able to spend a few weeks in India. And we have the blessing to stay a full month in a little village with 250 families.

The first thing which strikes the traveller is the multitude of temples and places of prayer. Some are no bigger than a shoe box. Others are impressive architectural feats. Each shop has a little oratory to some god or other. When someone goes by a temple he will show a sigh of respect. In Udaipur it seemed as if every other house was an temple to some god. All had bright colours, flowers, incense.

In the roads there always was some sort of procession. Dancing, chanting, always very loud.

But as time went by I realised that is was not just some show, it is a way of living. Religion is part of every day life, of every moment. I saw a shop owner perform a complicated ritual, stick the incense sticks in the wall, and then proceed to open his little shop.

It seems that if you don’t understand religiosity in India you don’t understand India.

Now what is Catholicism in India? We found out in the little village of Bhinamapally.

This village has 250 families which settled in 1919. They were all Catholics from the same caste. Today they are all still Catholics. And they live their faith in the Indian way. It permeates everything. Their houses, their attitudes, their feasts, the rhythm of their day, everything.

Living here is like going on a trip through time and landing in French Vendée prior to the French revolution, or in England prior to King Henry VIII. When we drive or walk through these places in France and England today we see shrines, churches, statues. But they are old and too often only part in history. Today new buildings are shopping malls and billboards.

But here in Bhinamapally we can live today what it was like back then in Europe. Not a house is built without heavy references to religion. Crosses are engraved in the walls, statues are there, pictures of Jesus, Mary or other saints are everywhere to be seen.

But faith is also expressed through prayers. Every evening at 5:30 pm there is the children’s rosary. Over a hundred people attend. In the evenings at 7:30 pm some villagers meet somewhere in the village, different every time, and will recite a rosary all together. A good 50 people attend.

Morning is early. Before 5:30 am, the bells send their call in the dark. Then religious music booms through the whole village and it is followed on the same loudspeakers by the gospel reading of the day and some morning prayers. In this country the Muslims are not the only ones to wake their brethren in the morning! Mass is at 6:30 am.

Prayers are also part of every project and aspect of life. During our stay new bore wells were being dug. The priest was called upon to bless the drilling equipment, the hole and the whole project. Coconuts were broken, incense burnt, everything was put in the hands of God

This village alone, over the last 90 years, has seen 20 priestly vocations and has provided 40 nuns.

The level of religiosity you find in this village every day is what you would find during a retreat or some great catholic gathering back where I come from. But here it never ends. It is life.

One village close by has a small Catholic community. The village is largely Hindu, there is a little mosque, but there are also 5 Catholic families. They have converted recently through the example of a lone family, the first Catholics in the village. Now the priest from Bhinamapally comes on Saturdays to celebrate mass, he also comes to teach catechism when the field work is less intense. A son of one of the families is in the seminary, training to be a priest.

This community, though small, is building their own church, to have a place to worship and celebrate mass. They are building the Church with their own hands, donating their time and labour. The only investment is for the materials. Today the Church is nearly standing. They have paused for lack of funds, and all they need is roughly 3000 euros.

Catholics have also a very practical impact. They run the school, the dispensary, invite a doctor to come twice a month, provide filtered water and many other things we discover as time goes by.

Here I have discovered and touched the real work that missionaries have carried out and still carry out. They care first and foremost for the poor of God. They help all those they can. The school in this village is relatively cheap and considered as one of the best in these areas. Though run by nuns and teaching the Catholic faith it is sought after by the Hindus of the surrounding villages. All are welcome. There is no discrimination on religious grounds and this is most common in all the schools, colleges, hospitals run by Catholics all round the country.

Does the Church try to convert everyone? No. It tries to serve the poor. But people see how missionaries live, seek where their joy comes from. Some will ask to join the Church. After two years of teaching, if they wish they will be baptised.

But what does Catholicism bring to the people? It brings freedom from the world, which Buddhism proposes, a sense of the divine which Hinduism excels at, but with joy, hope and a personal relationship with Christ. For Indian spirituality it is, when understood as here in Bhinamapally, a glimpse into the fulfilment of religion.

Hundreds of years ago Catholic missionaries have brought to India the joy of the Catholic faith, the freshness of the Good News, the love for the poor and the sense of service pushed to heroic levels.

In return India has preserved the vibrant faith of our forefathers, and through its many vocations is bringing it back to the world.