Une semaine à la Guadalupana à Playa del Carmen

Après 3 semaines à Cancun, nous partons un peu plus au sud sur la côte, à Playa del Carmen. Comme pour Cancun, il y a deux Playa del Carmen: la partie touristique, avec ses hôtels en bord de plage, ses rues commerçantes et ses restaurants, et la partie plus à l’intérieur des terres, où vit une grande partie de la population. C’est dans cette deuxième partie que nous nous rendons, à l’invitation du Père Pablo.

Nous sommes dans le quartier de la Guadalupana. Les maisons ont toutes la même architecture et seule la couleur des maisons les distinguent les unes des autres. Ici, les moyens sont modestes, voire très modestes, quand ils ne manquent pas tout simplement. Certains enfants du quartier n’ont jamais vu la mer, alors qu’elle est à peine à plus de 10-15 minutes de bus! L’alcool et la drogue sont aussi très présents et font beaucoup de ravages dans les familles. L’école publique terminant à 11 heures (elle commence à 7 heures du matin) et les deux parents travaillant en général, les enfants et les jeunes trainent dans la rue et, pour certains d’entre eux, cela signifie une plongée rapide dans toutes sortes de problèmes, et notamment la drogue.

Le Père Pablo est arrivé dans cette paroisse il y a un peu plus d’un an. Auparavant, il n’y avait pas de prêtre pour s’occuper de toute cette zone. Même si la population du quartier est essentiellement catholique, il y a tout à faire. Lors de son arrivée, seule une quinzaine de personnes venait assister à la messe le dimanche, maintenant ils sont plus de mille chaque week-end. Le quartier était le cadre de beaucoup de violence et de crimes, qui semblent s’être calmés depuis la construction de la “Palapa”, l’église très simple et ouverte à tout vent qui abrite les fidèles lors des messes. De même, depuis que cette église est présente et que le Père célèbre chaque jour la messe, il n’y a pas eu de suicides, alors que ceux-ci étaient fréquents auparavant.

Nous découvrons le Père Pablo et sommes tout de suite impressionnés par son énergie et son souci pour chacune des familles de sa paroisse. Le quartier compte 12.000 maisons, il y a donc beaucoup de travail et le Père Pablo sillonne inlassablement les rues avec sa bicyclette et son microphone, pour inviter les familles à venir à la messe ou les enfants au catéchisme et aux diverses activités préparées pour eux. Il visite les familles et peu à peu « réanime » la foi du quartier. La plupart viennent d’autres endroits de la Péninsule et sont venues pour travailler dans le tourisme. Il n’y a donc pas de lien fort et de traditions ancrées dans ce quartier de la Guadalupana et il y a beaucoup de va-et-vient: des familles partent, d’autres s’installent.

Le Père nous demande là aussi d’aller visiter les familles. L’accueil est chaleureux et nous passons du temps avec un certain nombre de familles. L’intérieur des maisons est tout petit. Des hamacs sont pendus et permettent de faire la sieste ou de dormir. Suite à la grippe porcine, les écoles sont fermées et beaucoup n’ont plus de travail, les hôtels étant fermés. Nous voyons donc toute la famille lors de nos visites et on sent que la vie n’est pas facile ici.

Chaque jour, la messe est célébrée dans la « Palapa »: une structure en bois, ouverte, sans mur (ici, il fait toujours chaud et l’air a besoin de circuler) et un toit en tôle ondulé. Le Père espère consolider la structure et bâtir un toit en ciment pour pouvoir résister à un cyclone, la région étant souvent balayée par des cyclones et des ouragans. Petit à petit aussi, il ramène des troncs de la jungle juste à côté pour installer des bancs qui ne s’envoleront pas lors de ces tempêtes, et remplacer ainsi les chaises qui ne résisteront pas aux premiers assauts du vent… Chaque messe est l’occasion pour le Père Pablo de former ceux qui assistent à la messe et de renforcer ainsi la foi de chacun. Dans ce quartier, beaucoup de pratiques occultes ont cours et peu ont une vraie connaissance de leur foi ou ont reçu tous les sacrements. Nous sommes vraiment impressionnés par le Père Pablo, qui, avec patience, ténacité et amour, guide chacun de ses paroissiens, connait chacune de ses familles et a un contact incroyable avec les enfants qui viennent tous le voir et semblent le considérer comme leur meilleur ami.

Le vendredi, nous avons l’occasion d’aller dans cette jungle que nous apercevons derrière l’église. En quelques minutes, nous nous retrouvons dans un décor totalement différent, loin du béton et de la ville. Des « cenotes », puits naturels parsèment la région et nous avons l’occasion d’aller nager dans l’un de ces puits. L’eau est fraiche et des poissons chats se laissent admirer. Nous n’avons pas de torches pour aller explorer un peu plus cette grotte. Des stalactites pendent du plafond et nager dans ce décor a quelque chose d’irréel, d’autant plus que nous sommes dans la pénombre, loin de la chaleur incroyable qui sévit au dehors. Bien rafraîchis, nous ressortons et admirons des oiseaux au plumage bleu qui viennent se reposer sur les branches. Les papillons et les oiseaux dans ce pays ont des couleurs magnifiques. Ils sont en général trop rapides pour que nous arrivions à les photographier, malheureusement. De même, nous sommes surpris par le nombre d’oiseaux de proie qui planent dans le ciel à tout moment.

Après cette escapade sympathique, nous retrouvons notre quartier de la Guadalupana, étonnés de passer ainsi en quelques minutes de la jungle à la ville…

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