Devenir une famille missionnaire

L’un de nos buts de ce tour du monde en famille est de partager la vie des gens dans chaque pays et d’aider, de participer dans la mesure de nos moyens, en famille, là où on nous le demandera. Nous ne choisissons pas ce que nous allons faire dans chaque pays, nous nous mettons au service de paroisses, d’organismes, de personnes, selon les contacts que nous trouvons et, toujours, nous nous mettons dans les mains de la Providence. Chaque fois que nous offrons d’aider, nous n’avons donc aucune idée de ce que l’on va nous demander de faire, ni comment nous allons vivre, et chaque fois nous sommes « surpris ». Cette année est une année pour dire OUI, pour aider, pour rencontrer, pour agir, pour partager, pour découvrir et surtout pour vivre tout cela en famille et prendre le temps de le faire. Une année, c’est long et c’est court tout à la fois, et nous avons déjà voyagé presque 10 mois maintenant…

Nous avons ainsi aidé des enfants dans un orphelinat à faire leur devoir et joué avec eux en Afrique. Nous avons vécu dans un petit village ancestral, peint l’école du village et semé des légumes, en Afrique toujours, à Gwexintaba. Nous avons partagé la vie d’un petit village très pauvre en Inde pendant un mois, à Bhimanapally, et appris à cuisiner indien avec 3 fois rien, à nous doucher avec un simple seau d’eau froide, à nous passer d’électricité. Nous avons enseigné l’anglais à travers des chants, des poèmes et des comptines à gestes aux enfants du village. Nous avons crée des sites Internet, fait des conférences, chanté, visité des familles et témoigné auprès d’elle, organisé des jeux et des activités, etc., et ce n’est pas fini…

Partout, nous nous sommes souvent dit dans un premier temps que nous ne savions pas vraiment faire ce que l’on nous demandait et, chaque fois, nous avons découvert que nous pouvions le faire, et en famille en plus! C’est là le grand avantage de ne pas choisir nos « missions », c’est que nous découvrons sans cesse de nouvelles ressources en famille. Si l’on nous avait dit chaque fois ce qui nous attendait exactement avant de venir, nous aurions peut-être trouvé des excuses, tergiversé, voire fui même parfois… Après tout, nous ne sommes qu’une famille comme toutes les autres, nous ne sommes pas choristes, professeurs, conférenciers, peintres, jardiniers ou missionnaires. Mais nous avons dû chaque fois nous jeter à l’eau, faire le grand plongeon et nous donner à fond dans ce que nous faisions. Et nous avons découvert que nos pouvions le faire! Et ainsi, nous avons pu partager la vie simple des gens qui nous accueillaient, faire fi des barrières linguistiques (qui connait le xhosa ou le télégu?) et vivre ces rencontres incroyables qui attendent tout voyageur qui sort un peu de sa zone de confort pour aller vers l’autre et partager son quotidien.

Depuis que nous sommes en Amérique du Sud, tous les contacts que nous avons eu nous ont demandé d’aller “missionner”, d’aller frapper de porte en porte, de témoigner et d’évangéliser. Il y a quelque chose d’un peu étonnant à penser que nous, qui venons d’un continent où la la foi est souvent en difficulté et en déclin chez beaucoup, sommes appeler à évangéliser dans un continent en grande majorité catholique. Pourtant, même dans ce pays en majorité catholique, il reste de gros besoins par rapport à la foi. Beaucoup se disent catholiques, mais connaissent à peine leur foi ou pratiquent un catholicisme mêlé d’autres pratiques étonnantes, souvent par manque d’éducation… un certain nombre de sectes sont aussi très actives et parviennent à gagner du terrain. La péninsule du Yucatan où nous sommes actuellement est considérée comme une « terre de mission » et beaucoup de jeunes et de paroissiens se dédient à visiter les familles et à évangéliser. Certains « adoptent » un village dans lequel ils iront missionner en particulier.

Devenir une « famille missionnaire » au Mexique

Ainsi, après notre « mégamission » à Malinalco, nous avons continué à missionner, mais à Cancun, cette fois. Cancun est au bord de la mer, dans la Péninsule du Yucatan. C’est une ville qui a grandi à partir de rien et ce, en juste 39 ans. Auparavant, il n’y avait que quelques petits villages de pécheur, et la jungle et ces forêts de mangrove impénétrables. Maintenant, Cancun compte 1 million d’habitants et est l’une des destinations touristiques la plus connue au Mexique. Toute la zone côtière est bordée d’hôtels, tous plus luxueux les uns que les autres. Les avions directs des USA ou d’Europe amènent leur flot incessant de touristes. Il faut dire que la région a tout pour plaire: la mer des Caraïbes, chaude et d’un bleu pur irrésistible, des plages de sable fin bordées de cocotiers, la deuxième barrière de corail la plus longue du monde, des dauphins et autres mammifères marins, des grottes et rivières souterraines d’eau douce, des vestiges des civilisations mayas, des pyramides et temples magnifiques, le tout accompagné d’une culture mexicaine haute en couleur, en goût et en musique… En même temps, la ville a grandi de façon anarchique. Beaucoup de familles sont venues s’installer a Cancun pour y trouver du travail. Le tourisme fait vivre une grande partie de la population. Comme toujours, les contrastes ici sont forts et très marqués: les hôtels de luxe font oublier toutes ces familles installées dans des « favelas », dans des installations de fortune et qui bataillent au quotidien pour vivre et nourrir leur famille. La drogue et l’alcool sont aussi omniprésents et font beaucoup de ravages. Mais dans la zone hôtelière, tout est propre et reluisant, luxueux et irrésistible.

A notre arrivée, nous rencontrons le Père Pierre, prêtre français installé à Cancun depuis plus de 10 ans et qu’Ian connaissait très bien il y a 25 ans déjà. Clin d’œil de la Providence encore, car nous ne savions pas que nous allions le rencontrer et missionner dans sa paroisse…

Xavier et David partent aider à la construction d’une chapelle sur la plage. Il s’agit de déblayer des pierres et murs pour laisser le site net et pouvoir construire. Pendant quelques jours, en compagnie d’autres jeunes, ils manient le marteau et la pioche et travaillent dur, heureux de cette occasion d’être avec d’autres jeunes.

Pendant ce temps, nous allons frapper à la porte des maisons dans une zone assez pauvre. Frapper à la porte est un bien grand mot, car il est parfois difficile de savoir où commence la maison et où elle termine et où nous devons frapper ou sonner. Dans certaines des familles que nous visitons, les personnes ne savent ni lire ni écrire. Ensuite, nous allons missionner dans une zone nettement plus cossue: les maisons sont belles, bien soignées et bien « fortifiées » aussi… Certaines ont des sonnettes, d’autres non, ce qui rend la tâche plus difficile…

Nous avons droit à tous les types d’accueil, depuis ceux qui ouvrent leur porte et nous invitent à l’intérieur à ceux qui nous écoutent poliment d’une fenêtre et nous congédient rapidement, voire à ceux qui se cachent, ou ferment leur porte ou fenêtre ostensiblement quand nous arrivons. Mais dans l’ensemble, l’accueil est positif et beaucoup nous remercient et semblent heureux de cette visite. Certains sont visiblement en grande difficulté, matérielle ou spirituelle, et la solitude est aussi un problème ici.

Pas si simple, le travail d’un missionnaire. Debout, sous le soleil et la chaleur impitoyable (une constante de ce tour du monde…), pendant plusieurs heures, nous allons de porte en porte et nous efforçons de témoigner, d’apporter la Bonne Nouvelle, d’écouter les attentes, inquiétudes, questions de tous ceux qui nous consacrent un peu de temps et de prier avec eux. Suivant les jours, les enfants nous accompagnent ou restent à la « maison », ce logement qu’une famille nous a gentiment prêté pendant quelques semaines. Heureusement, il y a ces moments de grâce, ces visites où nous savons que nous avons apporté de la joie, un espoir, et que nous avons répondu à un besoin…

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: