San Pedro de Atacama – quelques pas en Bolivie et coucher de soleil sur la Vallée de la Lune

Lorsque nous arrivons à San Pedro, après 3 jours de voyage, nous sommes tout de suite séduits par les petites maison en « adobe » (briques de terre et de paille séchées au soleil). Les rues sont en terre, et les petites maisons basses qui bordent ces rues n’ont pas plus d’un étage. Certains toits sont en fibre de cactus. San Pedro compte moins de 2.000 habitants. La petite église en terre de San Pedro, qui date du XVIIème siècle, est peinte en blanc et donne une impression de calme et de sérénité. L’intérieur, tout simple, aide à se recueillir. Pour la construire, pas de clous, mais des courroies en cuir de lama, et une charpente en cactus, recouverte de terre et de paille.

San Pedro est le rendez-vous des touristes étrangers et, dans les rues, nous entendons beaucoup parler français, allemand ou anglais… Partout, des agences de voyage proposent toutes les excursions à la mode: Vallée de la Lune, Vallée de la Mort, ruines indiennes, lacs salés, lacs bleus, lacs verts, lagunes peuplées de flamants roses, geyser, volcans actifs, montagnes, excursions dans le désert, etc. Nous voilà touristes, au milieu des touristes, pendant quelques jours… Les rues regorgent de petits magasins d’artisanat, débordants de tissages colorés aux motifs typiques d’Amérique du sud…. Bonnets, ceintures, chemises brodées, sacs, flûtes de pan, bijoux…Restaurants, hôtels, auberges… Il y a tout ce qu’il faut pour dépenser… Malgré cela, San Pedro a un charme unique et le désert qui partout veut prendre ses droits sur cette petite oasis est terrible et magnifique, tout à la fois.

Après avoir parlé avec des chiliens en visite à San Pedro, nous décidons d’aller voir la « laguna verde » (lagune verte), située juste de l’autre côté de la frontière, en Bolivie. Ce lac est à plus de 4.000 mètres d’altitude, et pour ne pas souffrir du mal des montagnes, toujours sur les conseils de ce couple, j’achète dans un petit magasin de la « chacha » (chachacoma), pour faire des infusions. Cette plante, ainsi que la coca, permet de contrer les effets de l’altitude, à condition de commencer à la prendre suffisamment à l’avance. C’est ce que prennent les indiens qui vivent en altitude. Nous buvons donc tous notre infusion de «chacha ». L’odeur est forte, peu agréable, mais ce n’est pas si mauvais que cela… Amandine, pourtant, n’est pas de cet avis, et essaye divers techniques pour réussir à boire sa tisane: sans respirer, en se bouchant le nez, en buvant très vite ou très lentement, mais rien ne semble marcher…. Après pas mal de temps, et avec beaucoup d’efforts, la tisane passe enfin… Un peu plus tard, nous partons donc à l’assaut des montagnes. La voiture peine et donne des signes d’essoufflement. Finalement, nous devons nous arrêter, un voyant rouge s’allumant soudain… Après une bonne pause, nous refaisons un essai. La voiture repart et le voyant rouge s’éteint. Ouf! Nous avons été un peu ambitieux, en mettant à la fois la climatisation à son maximum et en voulant monter ces côtes raides et abruptes.

Après une piste en terre, nous arrivons enfin en vue du poste de frontière bolivien. Le poste de douane est une simple cahute perdue dans les montagnes, au bord d’une mauvaise piste, dont les fenêtres et portes laissent passer l’air froid et le vent glacial à cette altitude … Le douanier, emmitouflé dans un gros anorak, et son bonnet de laine bien enfoncé sur la tête, nous dit que nous ne pouvons pas aller voir ce lac. Il fallait payer les taxes pour l’entrée en Bolivie et l’entrée du parc naturel, et faire tamponner nos passeports tout en bas, à San Pedro… Le lac est à moins de 10 kilomètres, mais tant pis… Nous aurons juste fait quelques pas en Bolivie…

Sur le retour, nous croisons des guanacos sur « l’Altiplano » (plateau). Ian sort pour les photographier de plus près et revient transi… Il fait un froid incroyable à cette altitude, mais les guanacos, eux, ne semblent pas souffrir du froid… Un peu plus loin, nous découvrons un magnifique renard du désert. Il reste quelques temps à nous regarder avant de s’enfuir. Quelle chance!

Effets de la tisane (que nous continuons à boire régulièrement en montant) ou non, aucun de nous n’a souffert du mal des montagnes.

En redescendant, nous décidons d’aller voir la Vallée de la Lune (Valle de la Luna). Au creux de la Cordillère « de la sal » (composée notamment de sable, d’argile et de sel), des formations géologiques aux formes tourmentées et presque « tranchantes », balayées par le vent, donnent a cette vallée un véritable aspect lunaire. Aucun animal ne vit dans ce paysage désolé et aride, et même les insectes sont exceptionnels… Nous arrivons à temps pour admirer le coucher de soleil depuis une immense dune de sable. Nous ne sommes pas seuls, plusieurs minibus ayant déchargé leur « cargaison » de touristes avant notre arrivée… Nous peinons à arriver au sommet de la dune, mais sommes récompensés par un paysage magnifique. Pendant que le soleil se couche à l’horizon, la lune resplendit, presque pleine, au-dessus de ces formations incroyables. Nous aimerions courir dans ces dunes, maintenant éclairées par le pâle halo de la lune, mais cela n’est pas permis… Nous redescendons, conscients de notre petitesse face à ce monde incroyable, et comblés par tant de beauté…

One Response

  1. Très beau récit de voyage et superbes photos !!!! J’ai prévu de traverser ce désert au mois de septembre, et ai vraiment hâte d’y être!!!

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