Aventures dans le désert… « Salar de Atacama » et flamants roses

Le lendemain, nous nous levons tôt, pour aller voir le « salar de Atacama », immense étendue de sel, parsemée de lagunes qui sont le lieu de nidification de flamants roses. Les croûtes de sel recouvrent cette étendue et forment des monticules blancs aux formes étonnantes et tourmentées qui brillent au soleil. Nous arrivons a la « laguna Chaxa ». Des flamants roses avancent tranquillement et dignement, les pattes dans l’eau, et le rose de leurs ailes contraste avec le bleu de l’eau et le blanc des croûtes de sel. Formant une seule et même image, le flamant rose semble prolongé par son reflet parfait dans l’eau. L’œil, charmé, s’y perd, et confond réalité et image. Les montagnes et volcans à l’horizon confèrent une beauté particulière à ce site sauvage et majestueux. Le silence est à peine troublé par quelques cris d’oiseaux. Nous sommes seuls et émus par tant de beauté.

Nous repartons pour aller voir les lacs « Miscanti et Miñiques », perdus dans les montagnes, a plus de 4.000 mètres d’altitude. Pour y aller, nous empruntons une mauvaise piste et nous dirigeons droit vers la chaine de volcans que nous apercevons au loin devant nous. Le volcan «Lascar, qui culmine à plus de 5.000 mètres, émet une petite fumée en permanence, et nous rappelle que tous ces volcans sont encore actifs… Je suis au volant et la voiture grince et tressaute à chaque irrégularité de la piste. Après pas mal de temps, bien secoués, nous apercevons enfin la route. Un banc de sable recouvre la piste sur une trentaine de mètres. Je m’engage dans les traces des véhicules précédents et après une dizaine de mètres, les roues patinent et s’enfoncent dans le sable. Impossible de repartir… Nous voilà ensablés au milieu du désert! Derrière nous, l’immense étendue salée. Devant nous, les montagnes et volcans nus et balayés par le vent et la poussière. De chaque côté de la piste, du sable, et encore du sable… Il est midi et aucun véhicule ne circule sur la route que nous pouvons voir, à environ 500 mètres de là où nous sommes arrêtés. Nous sortons tous de la voiture et partons à la recherche de grandes pierres plates pour essayer de former une piste pour la voiture. Nous trouvons un peu de carton que nous mettons au niveau des roues arrières. Nous nous mettons tous derrière la voiture pour pousser et Ian prend le volant. Rien à faire, nous sommes bel et bien ensablés. Nous n’avons pas de couverture téléphonique pour appeler… Génial… Au moins, nous avons de l’eau, beaucoup d’eau même… Ce matin, j’ai pris toutes les bonbonnes d’eau de 5 litres que nous avions, sous l’œil un peu taquin d’Ian qui m’avait fait cette remarque: « on dirait que tu pars dans le désert… »

Ian part s’installer au bord de la route pour arrêter un véhicule éventuel qui voudrait bien passer par là.

Sur la route, nous pouvons nous servir du téléphone et Ian apelle les « carabineros », la police locale, qui nous donnent le nom d’un dépanneur. L’appel à ce dépanneur est intéressant. Lorsque nous lui expliquons la situation et lui demandons de l’aide, il nous répond:

« Je ne peux pas venir, ma dépanneuse est cassée ».

« Ah! Y-a-t-il quelqu’un d’autre que nous pouvons appeler pour demander de l’aide? »

« Oui, il y a un autre dépanneur, mais sa dépanneuse est cassée aussi. »

« Que pouvons-nous faire alors? »

« Je vais venir avec des pelles d’ici 2 heures! »

Nous attendons donc dans la voiture. Le soleil tape, mais heureusement il ne fait pas trop chaud à l’ombre de la voiture. Les garçons lisent et Amandine a trouvé une genre de petite pelle (au milieu du désert!) et s’amuse avec le sable qu’elle met dans une demi-bouteille (elle aussi récupérée pas loin de la voiture…). Quoi de mieux que de faire des pâtés de sable au milieu du désert?

Nous voyons enfin une voiture et l’arrêtons. Il vient voir notre voiture ensablée, mais sa fourgonnette est trop légère pour pouvoir nous tirer. Il repart donc. Il travaille dans une mine de lithium.

Vers 2 heures, nous apercevons enfin la fourgonnette de notre dépanneur. Il sort des planches de récupération et sa pelle, et commence à creuser sous la voiture. Nous attachons un filin entre nos voitures et la voiture avance d’une dizaine de mètres. Il recommence la même opération et nous sortons enfin de ce banc de sable… Ouf! Nous retrouvons la piste, puis la route avec plaisir. Nous avons de la chance, nous dit notre dépanneur sympathique en nous offrant une « empanadas » aux tomates et au fromage; beaucoup de gens ici ne sont pas honnêtes et trafiquent avec la drogue. Entre temps, le premier homme qui était venu nous voir vient vérifier si nous allons bien. Décidément, nous n’aurons vu que des chiliens ultra-sympathiques!

Après cet interlude imprévu, nous repartons pour aller voir ces fameux lacs. Après le désert, le sable et la chaleur, nous retrouvons l’altitude, le vent frais et un peu de végétation. Nous apercevons des vigognes et pique-niquons non loin du lac, dans un abri de pierre pour nous protéger du froid! Nous continuons à boire notre infusion de « chacha », car nous sommes à plus de 4.000 mètres d’altitude. Les eaux bleues du lac Miscanti scintillent au soleil et contrastent avec les pentes grises du volcan qui le domine. Tous ces paysages sont magnifiques. Quelle chance! Au retour, nous croisons de petites églises au toit de fibres de cactus, toutes simples. Nous aimons cette simplicité et la sérénité qui s’en dégage.

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