En haut, dans la Cordillère…

Bonjour à tous! Décidément, nous avons un peu de mal à tenir le rythme des blogs dernièrement… Alors, sans tarder, voici quelques nouvelles.

Alors que nous continuons nos visites aux familles, nous découvrons toujours un peu plus cet accueil incroyable que nous recevons dans toutes les maisons. Dans l’une des familles que nous rencontrons, Margarita veut nous faire goûter le « pastel de choclos » (gâteau de maïs), et nous revenons la voir quelques jours plus tard pour faire honneur à ce plat typiquement chilien. Nous nous resservons tous pour la plus grande joie de notre hôtesse qui a cuisiné une partie de la journée pour nous faire plaisir. Ce gâteau de maïs se mange salé ou sucré (il contient de la purée de maïs, de la viande et des oignons notamment. Le dessus est légèrement sucré et caramélisé et l’ensemble est très bon!). Je me dis que nous avons vraiment des leçons à prendre pour l’accueil: ouverture, attention, chaleur et douceur… autant d’ingrédients qui permettent au visiteur de partager la chaleur d’un foyer le temps d’une rencontre.

Nous sommes invités au petit séminaire pour y faire une conférence sur notre voyage. Projecteur à l’appui, nous sélectionnons quelques photos (C’est la partie la plus difficile de la préparation… Nous avons tellement de choses à montrer et à raconter…). Les jeunes ont l’air très intéressé et, après notre présentation, les questions fusent: quel a été le pays que vous avez préféré? Le plus difficile? Comment faites-vous pour l’école? Que font les enfants pour s’occuper pendant les longs voyages? Comment avez-vous réagi face à la pauvreté en Inde? Comment avez-vous préparé votre voyage? Combien de temps vous-a t-il fallu? Pourquoi ce voyage? Avez-vous toujours voulu faire un tour du monde? Qu’avez-vous emporté avec vous? Comment trouverez-vous une maison à votre retour? Etc, etc. (Vous qui êtes nos fidèles lecteurs, vous devriez pouvoir répondre a toutes ces questions, n’est-ce pas?).

Nous prenons beaucoup de plaisir à faire cette conférence. Il s’est passé tant de choses que nous sommes contents de pouvoir le partager et de voir les réactions des jeunes.

Nous terminons nos visites aux familles, ainsi que le site Web qu’Ian aide à réaliser, et nous retournons dans la famille d’Antonio et de Bruni, à Pirque. Ils ont prévu de nous emmener en haut de cette fameuse Cordillère que nous apercevons maintenant depuis plus de 3 semaines… Le dimanche, nous nous levons tous à 4h30 du matin. L’air est frais, très frais, et Xavier et Fernando doivent s’installer à l’arrière de la fourgonnette, par manque de place à l’intérieur… Xavier ne tarde pas à disparaître sous les couvertures qui ont été placées à l’arrière, chaque centimètre carré de peau exposée subissant les assauts du froid. Nous ne tardons pas à quitter la route et à monter sur des chemins de terre et de pierre. Il fait toujours nuit et nous devinons de chaque côté de la piste les masses sombres et imposantes des montagnes. Peu à peu, le jour se lève et quelques rayons de soleil viennent éclairer le décor féérique qui se révèle ainsi à nous. Les sommets enneigés brillent sous le feu des premiers rayons et leur blancheur contraste avec les pentes noires, rocailleuses et arides. Pas d’arbre, ni de buisson, mais quelques petites plantes grasses ou épineuses. Nous montons avec la fourgonnette jusqu’à plus de 3000 mètres d’altitude et passons une mine de plâtre. Nous arrivons à des sources thermales et décidons de nous baigner. Les bassins en enfilade fument et il se dégage une chaleur agréable qui nous fait un peu oublier le froid vif et mordant. Le soleil n’éclaire encore que les sommets et la vallée dans laquelle nous nous trouvons est toujours dans la pénombre. Avant de se plonger dans ces sources chaudes, dont certaines sont à plus de 40 degrés, nous devons nous mettre en maillot de bain dans un cabanon ouvert à tous les vents et humide (cela semble révéler de la plus pure folie et nous n’arrivons pas à décider Amandine à se joindre à nous). Grelottants de froid, nous nous plongeons avec délice dans la source la plus basse (qui est aussi la moins chaude, comparativement…) et nous laissons flotter. La sensation est très reposante et agréable et nous en venons à oublier le froid extérieur, alors que nous contemplons les montagnes autour de nous. Certaines de ces montagnes culminent à plus de 6000 mètres… Peu à peu, nous nous enhardissons et sortons des bains, le temps de gagner une source plus haute et donc plus chaude. Xavier et Ian vont tester la source la plus haute. Xavier ne peut pas s’y baigner, mais Ian, au deuxième essai, parvient à s’y tremper un instant… Après quelques temps, il faut songer à sortir. Le soleil n’est pas encore arrivé jusqu’à nous et sortir et se changer dans l’air toujours aussi frais est un véritable défi. Les enfants jouent les prolongations et sortent quand les premiers rayons éclairent les sources thermales. Il fait un peu plus chaud, mais pas suffisamment encore pour apprécier ce moment… Le petit déjeuner maintenant loin derrière nous, nous nous rendons compte que nous sommes affamés et dévorons viande, saucisson, jambon et fromage à 10 heures du matin…

Peu après, fin prêts pour affronter ces pentes rudes, nous commençons l’ascension de l’une de ces montagnes. Au fur-et-à-mesure, nous découvrons d’autres sommets enneigés et surtout des sommets dont la neige est entièrement… noire! De fines particules de poussières noires, apportées par le vent, recouvrent la neige blanche et brillent au soleil. L’éclat de ces montagnes est étonnant et les contrastes entre les sommets d’une blancheur immaculée et ces sommets noirs argentés sont superbes. Alors que nous montons, nous découvrons des cavaliers chiliens, véritables «cow -boys », qui ramènent les vaches des pâturages d’été et les petits, nés il y a peu. Le troupeau ne semble pas décidé à quitter les montagnes et la plupart des vaches retraversent le ruisseau et s’éparpillent dans toutes les directions. Nous assistons à un véritable spectacle alors que les cavaliers partent dans toutes les directions pour les rattraper. Manque de sommeil ou manque d’oxygène, nous fatiguons tous et peinons à monter… Lors d’une pause, Eric s’endort sur des rochers, dans une position assez incroyable… Finalement, seuls les plus grands continuent et arrivent à un banc de neige. Bataille de boules de neige en plein été (c’est notre façon de ne pas vous oublier et de penser à l’hiver français…). Nous redescendons, non sans passer par des zones où de minuscules petites boules hérissées de piquants impressionnants s’accrochent à nos vêtements, chaussures et chaussettes.. Fatigués et comblés, nous retrouvons la voiture et dévorons de nouveau viande, saucisson et fromage. Il fait maintenant très chaud et le soleil tape. Gare aux coups de soleil! Nous redescendons en fin d’après-midi et contemplons toutes ces montagnes aux couleurs si diverses. Sous le soleil, certaines montagnes paraissent rouges, noires, orangées, vertes, etc. et les couleurs se mêlent et forment un tableau digne des meilleurs impressionnistes… Les strates, partout visibles, sont magnifiques.

Le lendemain, pour notre dernier jour, une fête s’organise et nous retrouvons beaucoup des mamans que nous connaissons bien maintenant. Mais il nous faut continuer notre voyage et repartir. Nous ne disons jamais adieu, car qui sait ce que l’avenir nous réserve? Nous espérons bien, d’une façon ou d’une autre, revoir ces familles et, en attendant, nous resterons en contact.

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