Mi casa es chiquita, pero mi corazón es grande… (Ma maison est petite, mais mon cœur est grand)

Bonjour à tous!

Après une bonne semaine de repos à Santiago, à essayer de dormir avec plus ou moins de succès et à s’habituer au décalage horaire, à découvrir la cuisine chilienne et à se gaver de « pancakes » américaines au petit-déjeuner, spécialité de notre auberge, à jouer au babyfoot et à se perfectionner au billard, à rattraper certains cours, contrôles et blogs et à déambuler dans Santiago, sans autre but que de découvrir un petit peu cette ville, et après quelques jours à ne rien faire, tout simplement, nous voilà dans la banlieue de Santiago, à moins d’une demi-heure de la Cordillère des Andes.

Nous passons tout d’abord une première semaine à Pirque, petit village de 16.000 habitants, au milieu des champs de maïs et face à la Cordillère, partout présente et imposante. Nous avons un contact, le Père Teodomiro, et, comme toujours, nous proposons d’aider pendant quelques semaines, en tant que famille, là où on nous le demandera. Par e-mail, un rendez-vous s’organise à Pirque. Nous sommes accueillis par Bruni et Miriam, qui tout de suite nous font sentir chez nous. Gentillesse, ouverture et douceur, nous sommes conquis par cet accueil chilien. Miriam nous explique notre « mission »: visiter des familles et témoigner de notre expérience autour du monde, de notre vie en tant que famille catholique, et prier avec les familles d’ici. Pour nous qui recherchons avant tout les rencontres, cette mission tombe à point. C’est encore une nouvelle expérience et nous sommes heureux de cette opportunité.

Tout d’abord, trouver un logement. Il y a bien un camping, mais il n’y a pas de sanitaires et nous n’avons pas de tente pour nous 6… Il y a aussi un hôtel, mais les prix sont bien au-dessus de notre budget… Bruni nous avait d’emblée invités à rester dans sa maison, mais nous ne voulions pas nous imposer et envahir ainsi. Finalement, nous plantons une tente dans le jardin pour les enfants et Ian et moi nous installons dans une chambre. Les enfants sont ravis, car Bruni et Antonio ont deux enfants Fernando, 16 ans, et Nacho, 11 ans, avec qui ils vont pouvoir jouer et échanger. Le contact entre eux s’établit très vite. Quelle chance! L’accueil de Bruni et Antonio est extraordinaire de gentillesse et très vite nous échangeons et partageons nos expériences.

Notre espagnol à peine « dérouillé », nous voici donc en service. Partout, l’accueil est sympathique, et partout cette petite phrase quand nous arrivons: « mi casa es chiquita, pero mi corazón es grande » (ma maison est petite, mais mon cœur est grand). Petit à petit, nous apprenons a nous présenter, à parler de nous, de notre expérience autour du monde, mais surtout à écouter ces familles, ce qu’elles vivent chaque jour, leurs « batailles » au quotidien. Dans l’ensemble, les revenus sont modestes, et les deux parents doivent travailler. Petit-à-petit, les enfants de ces familles nous découvrent et viennent jouer chez Bruni, et chaque jour, de plus en plus d’enfants viennent ainsi, pour la plus grande joie des nôtres. Ici, ce sont les grandes vacances d’été et la rentrée aura lieu au début du mois de mars. Beaucoup d’enfants doivent suivre des « cours de rattrapage » payants pendant leurs vacances, car le niveau des écoles ne semble pas suffisant. Un bon élève dans une école publique ne pourra pas entrer à l’université sans prendre des cours supplémentaires, vu le faible niveau de beaucoup d’écoles ici. C’est d’autant plus étonnant que le Chili est un pays à première vue très moderne, dont le système de santé et de prise en charge des familles à faible revenu semble particulièrement impressionnant.

Nous écoutons avec joie nos enfants parler espagnol. Xavier et David se débrouillent bien et peuvent aussi témoigner lorsque nous visitons des familles, mais Eric et Amandine doivent se contenter d’écouter et d’essayer de reconnaître quelques mots. Eric apprend l’espagnol depuis le début de ce tour du monde, mais son vocabulaire est encore limité. Pourtant, pour pouvoir communiquer avec Nacho notamment, il me fait toute une liste de vocabulaire, de mots qu’il aimerait apprendre… Amandine connait quelques mots d’espagnol et les utilise beaucoup pour la plus grande joie de toutes les familles chiliennes. Cette immersion en langue espagnole nous fait du bien et nous rappelle un peu nos 5 ans de vie en Espagne, pays que nous avions particulièrement apprécié.

Le samedi, Miriam et Bruni ont organisé un grand barbecue et invité plein de familles pour nous souhaiter la bienvenue. Nous passons tous un bon moment et découvrons un peu plus le Chili. Nous découvrons quelques spécialités chiliennes: les « humitas » (pâte de maïs cuite dans des feuilles de maïs) qu’un papa, Horacio, nous prépare: le « completo » (version chilienne du « hot-dog »), dans lequel on empile avocats écrasés, tomates en morceaux, oignons, feuilles de basilique, saucisses et mayonnaise (grand succès chez les enfants, et Eric, notre petit mangeur, réussit même à en manger deux…), et les « asados», ou le barbecue version chilienne…

Petit-à-petit, certains évoquent leur enfance pendant la dictature de Pinochet et nous racontent un peu leur vie pendant toutes ces années. Nous ne connaissons que ce que les livres d’histoire nous présentent et nous écoutons avec attention. A Santiago, nous avions visité un musée d’art moderne où la plupart des peintures évoquaient la dictature et où les images et couleurs violentes montraient à quel point la répression avait été sanglante.

Le dimanche, nous nous rendons à la messe en fourgonnette. 10 personnes d’un coup, cela fait beaucoup… Les enfants, ravis, sont derrière. Antonio conduit avec prudence. Un véhicule de police nous dépasse et nous fait signe de nous arrêter. Le policier n’a pas l’air commode et commence par examiner tous les papiers. Puis il demande que les enfants passent tous dans le véhicule, sauf les grands… Même s’il est permis de transporter ainsi les personnes dans ce pays, le policier nous fait une leçon sur les dangers possibles. Nous ne sommes plus en Inde ou en Afrique… Ouf! Pas d’amende.  Juste une remontrance…

Après une bonne semaine à Pirque, nous empaquetons quelques affaires et allons à Puente Alto, chez Miriam. Après les champs de maïs et les « huasos » (cavaliers chiliens) qui se promènent dans la ville, nous voilà vraiment en banlieue de Santiago, mais toujours avec cette Cordillère, bien présente, au détour de chaque rue. Puente Alto a presque 1.000.000 d’habitants. Ici, toutes les maisons sont fermées à double tour, protégées par des grillages aux pointes impressionnants, chaque fenêtre a ses barreaux et chaque maison son chien de garde… On nous met en garde contre les vols et la vue de toutes ces maisons ainsi protégées nous rappelle qu’il faut rester vigilant. Là aussi, nous allons visiter des familles et continuer notre « mission ». Les enfants organisent des activités pour les enfants qui viennent jouer chaque jour avec eux et apprendre quelques mots d’anglais. Quant à Ian et moi, nous sortons souvent tard le soir pour aller faire les visites, car les parents travaillent toute la journée. Chaque fois, l’accueil est simple et chaleureux. Décidément, ce pays nous plait…

Dans la maison de Miriam, Amandine a trouvé plein de compagnons pour s’occuper: un petit hamster, une chatte et une chienne… Bien décidée à observer le hamster sous toutes ses coutures, Amandine s’installe en face du hamster endormi et s’applique à le dessiner… Notre artiste grandit et fête ses 8 ans au Chili, bien entourée. Un anniversaire autour du monde, ça n’arrive pas tous les jours… Que retirera Amandine de tout ce voyage? C’est la plus jeune de la famille et nous verrons bien au fur-et-à-mesure des années ce que ce voyage aura semé en elle…

Nous sommes toujours aussi heureux de ce voyage autour du monde, de cette chance qui nous est donnée et que nous avons pu saisir, de toutes ces rencontres si enrichissantes et si belles, et de tous ces moments de liberté à inventer notre voyage avec les enfants. Nous ne sommes probablement plus tout-à-fait les mêmes qu’au départ de cette aventure. J’ose espérer que tous ces changements nous auront tous rendus meilleurs et plus ouverts… Voyager dans les mains de la Providence, c’est s’ouvrir chaque jour aux changements et aux rencontres, grandir et apprendre de chaque personne ainsi mise sur notre chemin, découvrir que nous sommes à la fois bien petits et à la fois si grands. C’est aussi semer quelques graines par-ci, par-là, au grès de nos rencontres, et les confier à la prière, approfondir sa relation à Dieu, vivre sa foi en famille et ne pas oublier d’arroser et de cultiver les graines qui sont en nous pour qu’elles aussi puissent germer et s’épanouir… C’est tout un programme de vie…

One Response

  1. First blog I read after wakeup from sleep today!

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