Quelques réflexions et impressions sur notre séjour en Inde… (désolée pour le titre pompeux…)

Nous aurons passé un peu plus d’un mois dans le village de Bhimanapally, ce qui nous a permis de découvrir un peu plus l’Inde rurale traditionnelle. En même temps, nous avons vu quelques grandes villes, comme New Delhi, Hyderabad et Bombay (au plus mauvais moment! ), et passé un peu de temps dans différents états, au Rajasthan, dans l’état d’Andhra Pradesh ou dans la région côtière de Goa, notamment. Nous avions un certain nombre de clichés à propos de l’Inde: les palais des Maharajah, Bollywood, les nombreux dieux et déesses hindous, un pays surpeuplé, une économie qui monte en puissance, un pays très avancé en informatique et qui se modernise, et en même temps, ces bidonvilles, Mère Thérésa, des gens dormant à même le trottoir, des enfants et des femmes exploités, etc. En fait, tout cela est vrai, mais à une échelle difficilement imaginable. L’Inde est le pays des contrastes et de la démesure, et le visiteur, qui arrive tout droit de nos pays occidentaux et qui découvre l’Inde profonde, ne peut que se retrouver sans cesse étonné, sans cesse éprouvé dans ses convictions et dans ses attentes. L’Inde est un pays qu’il faut prendre le temps de découvrir lentement, car à nos yeux, tout y est incroyable et déroutant, voire choquant. Pourtant, c’est aussi un pays d’une grande profondeur, d’une grande spiritualité et d’une riche culture. Les gens y sont incroyablement accueillants et chaleureux, pourvu que l’on prenne le temps de les rencontrer. Nous avons beaucoup aimé notre séjour en Inde, surtout grâce à notre temps passé à Bhimanapally, mais l’Inde nous a aussi fatigués, obligés à sans cesse nous interroger et à nous remettre en cause. Voici quelques unes de mes réflexions et impressions, en vrac… Elles n’engagent que moi…

Le silence est d’or…

En 2 mois, nous avons constamment manqué de sommeil. Le bruit incessant, à toutes les heures de la nuit et du jour, est assez inimaginable. Les klaxons des véhicules résonnent à chaque instant, klaxonner étant partie intégrante et normale de la conduite: aucune animosité dans les coups de klaxons, mais le klaxon est préféré aux freins et donc utilisé de façon illimitée… Le flot incessant des véhicules est un spectacle unique, bruyant et effrayant: des véhicules en tous genres et en toutes conditions, des vaches un peu partout, des chiens, des routes en mauvais état, des gens et des enfants au milieu de la route, des bus bondés où sont accrochées de véritables grappes humaines… tout concourt à rendre la circulation hasardeuse et bourdonnante. Ajoutés à cela, les appels à la prières des muezzins, les fêtes hindoues où les haut-parleurs crachent à tue-tête leurs musiques envoûtantes et fatigantes tout à la fois. Même notre petit village catholique participe à cette cacophonie: à 5 heures du matin, le bus partant pour Hyderabad klaxonne avec insistance pour appeler les retardataires, et à 5h30, la musique résonne dans tout le village et appelle chacun à la prière… Dans le village, les annonces sont faites au haut-parleur et un certain nombre de codes sonores préviennent chacun que l’eau arrive dans les canalisations ou que la station d’eau potable est ouverte. Mais où est donc le silence?

D’un autre côté, personne ne semble affecté par ce manque de silence, à part nous qui avons besoin du silence extérieur pour faire silence en nous…

Mais où sont les poubelles et les décharges?

En 2 mois d’Inde, nous n’avons quasiment pas vu de poubelles publiques ou de camions poubelles… Les détritus s’amoncellent un peu partout, et c’est visiblement normal. Dans les trains, alors que les voyages durent facilement plus de 12 heures, aucune poubelle… Pourtant, les marchands ambulants passent constamment et en 12, 15, 18 ou 24 heures, nous accumulons beaucoup d’articles à jeter… Bouteilles et gobelets en plastique, barquettes en aluminium, emballages divers…. tous ces éléments sont non biodégradables, et pourtant, tous les jettent par les fenêtres, et les détritus jonchent ainsi les milliers de kilomètres de rails, les abords des villes et les villes elles-mêmes. Nous gardons nos poubelles lors de nos voyages en train, ne pouvant imaginer de les jeter par les fenêtres, et à la fin du voyage, lorsqu’une personne vient faire le ménage, que fait-elle? Elle jette par la fenêtre les poubelles que nous avions précieusement gardées! De même, à Bhimanapally, nous ne savons pas trop quoi faire de nos poubelles et, alors qu’elles commencent à s’accumuler de façon peu discrète, le Père Fathima les aperçoit et nous explique où les jeter: dans un endroit à ciel ouvert où elles s’accumulent… Il n’existe pas de décharge à Bhimanapally et les ordures se retrouvent le long des chemins, dans la campagne, un peu partout… Inimaginable pour nous! A Hyderabad, dans la gare, nous apercevons nos premières vraies poubelles. Sur chacune d’elles, une inscription: « cleanliness is a sign of civilisation… » (la propreté est un signe de civilisation…). A Bombay, nous voyons nos premiers camions poubelles… Cela n’empêche pas de nombreux endroits de la ville d’être jonchés de détritus… Des gens fouillent ces détritus et tentent de trouver quelque chose à manger ou à revendre…

Pauvreté dans beaucoup de campagnes…

L’Inde est un pays immense, qui a plein de ressources, mais beaucoup de villages n’ont même pas d’eau potable ou manquent d’eau tout simplement. L’électricité n’arrive pas partout dans les campagnes, et elle est « rationnée » pendant la journée. Parfois, par manque d’électricité, il est impossible de pomper de l’eau pour boire ou arroser les champs, pour ceux qui ont des puits. L’état des installations électriques est assez effrayant, et, en ville, il faut faire attention et se baisser, car des câbles électriques pendent un peu partout, et nous avons entendu des histoires de personnes mortes électrocutées… Le village dans lequel nous étions est un petit village rural traditionnel, et nous avons été étonnés par la pauvreté et le manque d’initiatives du gouvernement pour y remédier… Les écoles d’état, là où nous sommes, ne sont visiblement pas bonnes du tout, et beaucoup de familles ont du mal à envoyer leurs enfants ailleurs. Payer les livres et les uniformes est une vraie charge pour les familles et beaucoup n’y arrivent pas. En cas de sécheresse, comme cette année, ce sera la misère pour beaucoup de familles…

En France, nous sommes habitués à être aidés pour tout: allocations familiales, remboursement de beaucoup de soins médicaux, écoles et livres scolaires gratuits, aide au chômage, au logement, aide aux agriculteurs, etc. Dans le village de Bhimanapally, très peu d’aides sont fournies par le gouvernement, laissant à la charge des prêtres, religieuses et de tous ceux qui peuvent aider, le soin de mettre en place une aide absolument nécessaire, comme cette station pour filtrer l’eau, ces puits qui sont creusés pour arroser les récoltes, ces médecins qui visitent le village 2 fois par mois, cette école d’informatique, etc. Mais chacune de ces initiatives est ralentie et parfois compliquée par le système bureaucratique et n’est pas réellement soutenue par le gouvernement. Des initiatives sont quand même en cours pour améliorer le quotidien des familles, et notamment ces cartes, instituées il y a 3 mois dans l’état d’Andhra Pradesh, et donnant le droit d’acheter, chaque mois, 4 kilos de riz à 2 rupees le kilo, 1 kg de sucre à 16 rupees, et quelques autres denrées de base à des prix inférieurs au marché. Ces cartes sont réservées aux agriculteurs dont les champs ont moins de quelques hectares et qui n’ont pas d’autres revenus, ce qui est le cas de la plupart des familles à Bhimanapally.

Nous avons été frappés et touchés par cette pauvreté. Nous ne nous attendions pas à une telle pauvreté et, pour nous occidentaux, il est difficile d’imaginer comment quelqu’un pourrait vivre avec moins d’un euro par jour. Pourtant, la vie dans ces campagnes, bien que pauvre, est très loin de la misère des villes…

Richesse et misère dans les villes...

A Bombay notamment, les contrastes entre riches et pauvres sont visibles de façon spectaculaire (Calcutta est probablement un exemple aussi frappant, mais nous n’y avons pas été). C’est à Bombay que nous apercevons les plus belles voitures: des limousines immenses, des voitures de sport ultra-modernes. Bombay est la ville du cinéma, surnommée Bollywood, à l’image de la ville d’Hollywood aux Etats-Unis. Beaucoup de gens, et de femmes en particulier, sont richement habillés… L’hôtel du Taj Mahal, tristement touché par les attaques terroristes, est un exemple de ce contraste. La nuit est à 400-500 US$, ce qui est difficile à imaginer dans un pays où une grande partie de la population a moins d’un euro ou un dollar pour vivre par jour. Tout contre notre hôtel, qui n’a rien du Taj, bien au contraire, mais qui est quand même situé à moins d’un 1km du Taj (nous avons mal choisi notre quartier, mais comment même imaginer qu’une attaque terroriste allait se produire?), des gens vivent à même le trottoir… Le matin, après notre première nuit dans cet hôtel, et alors que les attaques au Taj vont crescendo, nous ouvrons notre fenêtre et découvrons, derrière l’hôtel, un mini bidonville… Tout autour, dans les rues, des gens dorment, cuisinent et vivent sur le trottoir. Le matin, nous les voyons balayer et laver à grande eau leur partie de trottoir, leur chez-eux… Pendant ce temps, les hommes d’affaire se rendent au travail… Les villes possèdent presque toutes leurs bidonvilles et Bombay est ainsi entourée d’immenses bidonvilles. Mais dans la ville elle-même, la misère est aussi palpable, visible et quotidienne.

Le travail et la mendicité des enfants

Pour la première fois depuis le début de notre voyage, nous voyons des enfants travailler dans les hôtels, les restaurants ou sur les trottoirs, pour cirer les chaussures notamment. Ces enfants ne semblent guère plus âgés que David (13 ans) et, pourtant, ils travaillent toute la journée, sont probablement sous-payés, et ne sont pas particulièrement bien traités. C’est dur à voir, et c’est pourtant une réalité de l’Inde. Dans les trains, à chaque arrêt, des enfants montent et mendient. Certains, à genou, passent un torchon sale et usé par terre et demandent de l’argent, d’autres passent simplement et tendent la main silencieusement. Lorsqu’ils aperçoivent à manger, ils nous montrent les plats et font le signe de manger.

Au début, nous nous disions que donner de l’argent était encourager cette mendicité et peut-être éloigner certains enfants de l’école, en leur faisant préférer « l’argent facile ». Puis au fur et à mesure que nous nous enfonçons un peu plus en Inde et que nous découvrons le quotidien des gens, nous réalisons que beaucoup de ces enfants n’ont même pas la possibilité d’aller à l’école et qu’ils n’ont pas forcément à manger tous les jours. Il y a un vrai problème de fond par rapport à cette misère quotidienne. Par la suite, nous avons donc pris l’habitude de toujours garder des pièces sur nous pour pouvoir les donner à ces enfants et aux femmes qui passent, et chaque fois que nous le pouvons, nous leur donnons des bananes, des biscuits, des plats… Nous ne pouvons pas faire grand chose pour eux, le problème étant beaucoup trop profond, et nous savons que ces quelques pièces ne solutionnent rien. Mais nous savons aussi maintenant qu’avec quelques rupees, il est possible d’acheter à manger, et pour l’immédiat, cet argent leur permet d’avoir quelque chose à manger.

Amandine, qui a accumulé plein de petites boites de crayons et de carnets qui lui viennent de nos voyages en avion, décide de les donner à ces enfants. A chaque enfant qui passe, en plus des quelques pièces ou aliments que nous pouvons lui donner, Amandine lui tend un petit carnet et une boite de crayons. La réaction des enfants est la même chaque fois. Incrédules, ils ouvrent la boite de petits crayons et un immense sourire éclaire leur visage. Ils ne doivent jamais recevoir ce genre de cadeaux… Si nous voyageons une autre fois en Inde, nous nous munirons de ces babioles qui peuvent faire germer un sourire chez ces enfants qui manquent de tout… Pour nos enfants et pour nous, voir ces enfants travailler et mendier est difficile, et pouvoir faire un petit geste, aussi minuscule soit-il, est important.

Une autre fois, c’est une mère qui monte avec sa petite fille de 2 ou 3 ans. La fillette s’approche des gens et se prosterne silencieusement devant eux jusqu’à ce qu’ils donnent quelque chose. Il est évident que la mère se sert de son enfant pour mendier, mais comment la juger alors que son quotidien doit être si difficile à vivre. Cette petite fille, si jeune, a beaucoup impressionné les enfants, car elle n’avait pas un comportement d’enfant, mais plutôt un comportement de « grande ».

Les transports en Inde

Nous devons avoir passé près de 80 heures dans les trains indiens. Rarement ponctuels, ils sont tout de même plutôt agréables, pourvu que l’on ne voyage pas dans la classe sans couchette, où les sièges ne sont pas réservés et où les gens se serrent pour 12, 15 ou 24 heures… Pour les couchettes, il existe plusieurs types de billets: la 1ère classe avec air conditionné (jamais testée, vu les prix pratiqués….), la 2ème et la 3ème classe avec air conditionné (testées au début de notre séjour en Inde alors qu’il faisait si chaud) et la classe sans climatisation (que nous avons utilisée régulièrement). Nous avons tous appréciés ces longs voyages, propices à la réflexion, à la contemplation du paysage, à la lecture, aux jeux et même au sport, les enfants ayant tendance à se prendre pour Tarzan et à se pendre un peu partout… Les vendeurs ambulants qui sillonnent le train en vendant du thé, du café, de la soupe ou bien des samosas ou autres plats indiens mettent un peu d’animation par leurs cris et leurs allées et venues. Nous apprécions particulièrement ce thé indien, bien sucré et épicé, et devons en avoir bu des litres pendant nos longs voyages…

A Bombay, nous avons pris les trains de banlieue, et là, tous les clichés de l’Inde nous sont revenus à l’esprit. Il faut physiquement pousser et presque se battre pour monter dans le train qui est bondé. Ian bloque un coin de porte et nous montons tous en ordre, du plus petit au plus grand, aussi vite que nous le pouvons. Pendant ce temps, quelqu’un en profite pour tâter les poches arrières de Ian (qui ne contiennent rien de valeur, heureusement…), et tout le monde pousse… Nous sommes serrés comme des sardines (l’expression est particulièrement bien adaptée), et ce quelque soit l’heure de la journée. Nous créons un mur, un « rempart » pour Amandine et Eric qui sont au centre, afin qu’ils ne soient pas écrasés. Les trains ne s’arrêtent que quelques secondes souvent, et il faut donc réellement pousser tout le monde pour pouvoir entrer ou sortir et beaucoup sautent avant même que le train ne s’arrête ou s’accrochent aux portes, qui ne ferment pas. Pourtant, personne ne se plaint ou ne montre de mouvements d’humeur. Tout est parfaitement normal….

Nous avons aussi passé un certains nombre d’heures dans les bus, assis ou debout, et les routes étant souvent en très mauvais état, nous avons été secoués et ballotés… En allant à Hyderabad, depuis Bhimanapally, nous expérimentons ce qu’est un bus indien bondé… Alors qu’il n’y a plus de places assises et que beaucoup sont déjà debout, nous nous arrêtons devant une école où attendent au moins 50 enfants. Il semble impossible qu’ils montent tous, et pourtant une grande majorité réussit à monter… Là aussi, serrés de façon si compacte qu’il est impossible de tomber, personne ne se plaint. Une voiture de police nous fait des signes. Ils veulent contrôler les billets de tous! Il faut d’abord faire sortir tous ceux qui sont debout, et le contrôle durera longtemps… Nous arrivons donc tard le soir à Hyderabad…

Les autorickshaws…. Superbe moyen de transport, les autorickshaws sont particulièrement bien adaptés à l’Inde. A trois roues, avec un guidon de moto et un petit moteur, ils sont incroyablement maniables et étonnamment « extensibles »: lorsque les banquettes sont pleines, on s’accroche à l’arrière, sur les côtés, sur le toit…. Nous réussissons plusieurs fois l’exploit de monter à 6, avec tous nos bagages, dans ces rickshaws prévus pour 3-4 personnes… Vu l’état des routes, il vaut mieux bien s’accrocher et, lorsque l’on est grand, faire attention à ne pas se cogner la tête… Ian et Xavier ont quelques bosses pour en témoigner…. Dans les villes et dans les campagnes, c’est souvent le meilleur moyen de transport et le moins cher. On peut le réserver pour toute la journée, le conducteur nous attendant alors. N’allant pas à plus de 40 km à l’heure, il vaut mieux ne pas être pressés… De toutes façons, les routes de campagne ne permettent pas d’aller très vite!

Les rickshaws « vélos »: nous n’en avons vraiment vu qu’à Agra et ne les avons essayé qu’une seule fois. Ils sont peu à peu remplacés par les autorickshaws. Peu payés, les conducteurs essayent parfois de se faire un peu plus d’argent en emmenant les touristes dans des magasins où ils touchent une commission…

La moto… Ian et les garçons ont voyagé à moto, derrière le Père Fathima à plusieurs reprises, pour leur plus grand plaisir… Amandine a eu le droit a un mini trajet elle aussi. Il n’y a donc que moi qui n’aurait pas essayé…

Les éléphants ou les chameaux… Pour les touristes, il y a plein d’opportunités d’essayer ces moyens de transports quelque peu différents de ce que nous avons l’habitude d’utiliser.. Notre balade à dos d’éléphant nous a beaucoup plu, mais nous avons aussi été contents de descendre… Il vaut mieux bien s’accrocher, ce qui à 6 a été difficile à faire… et faire attention aux câbles électriques, plutôt bas dans les villes… Nous n’avons pas essayé les chameaux, ce sera pour une autre fois…

La cuisine indienne

Nous nous sommes tous régalés avec la cuisine indienne, particulièrement à Goa, où nous avons goûté la meilleure cuisine de tout notre séjour en Inde. Les plats sont parfois très épicés -la palme d’or revient à notre repas à l’évêché de Nalgonda, où, rouges et transpirants, nous essayions en vain d’apaiser nos papilles gustatives, en feu, avec le riz blanc accompagné de curd (yaourt indien)-, parfois peu épicés -surtout dans les endroits pour touristes. Les plats sont variés et délicieux et tous, mais vraiment tous, nous avons beaucoup aimé cette cuisine! Dans beaucoup d’endroits, on ne sert que de la cuisine végétarienne, et certains plats sont étonnants, notamment les omelettes sans œufs… (je ne sais pas ce que l’on met dans ces omelettes, n’ayant pas essayé… manque de curiosité, peut-être…).

Lorsque nous sommes invités, à Bhimanapally notamment, et qu’il y a du poulet au repas, nous pouvons être sûrs que le volatile était encore bien vivant quelques moments auparavant… Nous avons ainsi l’occasion de rencontrer l’un de ces volatiles avant qu’il ne finisse dans notre assiette. Les enfants avaient envie de voir toute l’opération, mais heureusement, cela s’est fait discrètement ailleurs…

Dès notre arrivée en Inde, et après 1 mois de Chine sans aucun problème pour nos systèmes digestifs, nous avons tous eu quelques jours d’adaptation nécessaire et avons découvert ce qu’est la fameuse « tourista ». Heureusement, sans rien faire (car elle est restée à un niveau contrôlable… Oui, vous saurez tout…), elle est passée en 2-3 jours pour certains d’entre nous, et en un peu plus d’une semaine pour les moins chanceux d’entre nous… Après ces premiers temps, nous n’avons plus eu aucun problème, alors que nous avons souvent été invités et que les assiettes n’étaient pas forcément parfaitement essuyées. Au début, nous ne buvions que de l’eau minérale, et dès notre arrivée à Bhimanappaly, nous avons bu l’eau filtrée et par la suite, nous avons bu l’eau que l’on nous servait, dès lors qu’elle était filtrée.

L’Inde a le sens de la fête et des couleurs

Partout, dans toutes les villes, nous avons vu des fêtes hindoues, et à Bhimanapally, nous avons assisté à la fête de Diwali (la fête de la lumière) et été invités à deux mariages. La musique, les percussions, les couleurs vives des saris et des couronnes de fleurs, les mets d’offrande, l’encens, etc. , tout contribue à faire de ces fêtes un régal pour les yeux et pour les sens. Les saris des femmes, leurs bijoux et les tenues des jeunes filles sont souvent superbes (quelque soit le niveau de vie) et, même dans les campagnes et aux champs, ces tenues apportent une note de couleur vive et de gaité. L’Inde nous a vraiment éblouis par ses couleurs…

Quelques contrastes entre les villes indiennes « modernes» et les campagnes traditionnelles

A Bhimanapally, nous avons découvert l’Inde rurale et traditionnelle. Les femmes ne portent que des saris, les jeunes filles des jupes longues et des hauts brodés, ou ces longues tuniques sur des pantalons plus ou moins larges. Le jean est une exception que l’on ne voit que sur quelques enfants. Les hommes sont en chemise et « pagne » (un grand rectangle de tissu porté en « pagne » ou enroulé autour des jambes) ou pantalon de toile. Lorsque nous arrivons à Bombay, le contraste est saisissant: partout les femmes et jeunes filles portent des jeans et des petits hauts moulants, ou des tenues courtes… et le sari est beaucoup moins porté. Pourtant, il y a quelque chose de réellement magique et digne dans ces saris et tenues multicolores des campagnes.

Les deux mariages auxquels nous assistons à Bhimanapally sont des mariages arrangés. Pour le 2ème mariage, nous apprenons que les mariés ne se sont vus que 2 fois auparavant. Il en est ainsi de beaucoup de mariages dans les campagnes et dans les villes, même si les mariages « d’amour » sont de plus en plus courants dans les villes. La dote est toujours de mise dans ces mariages arrangés et constitue parfois une vraie source de difficultés pour certaines familles…

Les religions en Inde

L’Inde est un pays profondément religieux et spirituel, où cohabitent de nombreuses religions, dont beaucoup sont uniques à l’Inde: l’hindouisme, le jaïnisme, le zoroastrisme, etc. En même temps, d’autres religions, comme le bouddhisme, la religion musulmane et le christianisme sont présentes dans ce pays. L’Inde est à 82% hindoue et comprend 12% de musulmans, ces 2 religions dominant en Inde. Toutes ces religions cohabitent avec plus ou moins de bonheur. Les tensions entre hindous et musulmans peuvent toujours être fortes, comme elles l’ont été à de nombreuses reprises dans l’histoire récente de l’Inde. En même temps, les chrétiens sont de plus en plus persécutés dans certaines régions de l’Inde, notamment dans la région d’Orissa. Dans l’état d’Andhra Pradesh, où nous avons donc passé un peu plus d’un mois, un prêtre, séminariste en même temps que le Père Fathima, a été tué il y a peu. Heureusement, dans beaucoup d’autres régions, toutes ces religions cohabitent de façon positive et tranquille…

Voilà quelques réflexions que je voulais coucher par écrit pour pouvoir m’en souvenir et y revenir avec plus de recul… Il y en aurait bien d’autres, mais je ne voudrais pas épuiser la patience de mes lecteurs…

5 Responses

  1. Nous lisons assidument vos messages, si, si… même si nous ne répondons pas souvent !…

    Vous ne reviendrez pas tout à fait les mêmes de ce grand voyage, et c’est formidable de nous donner l’impression de vous accompagner de loin dans ces pays fabuleux, repoussants et attirants à la fois…

    Saint François Xavier, ce fut notre paroisse pendant 25 ans. Nous avons médité sa vie d’aventures et de proclamation aux confins de la Chine. C’est émouvant de voir ce que vous nous montrez de son passage en Inde, du côté de Goa, sur place.

    Par contraste, vous nous faites mesurer combien l’Europe se fonde sur l’importance du respect et des comportements personnels, et combien à l’inverse, nous avons pris l’habitude de la profusion des biens matériels et de l’organisation autour de nous…

    amitiés !

    Colette et Jean

  2. Bonjour Anne, Moi aussi, je vous lis régulièrement, même si je ne lasise pas de commentaire à chaque fois. Contrairement aux messages de la Chine je ressens de la tristesse en lisant vos messages de l’Inde. je ne saurais pas expliquer pouquoi. En est à une dixaine de jours de Noël et pour la première fois je pense qu’on a réellement réussi à éviter la folie de cadeaux, en offrant que de choses simples (gateaux fait maison, photos) ou rien. J’entends beaucoup d’enfants parler de leur futurs cadeaux de Noël et je vois toute cette publicité à la télévision qui me fatigue.
    J’explique aux enfants qu’ils ont déjà une telle chance de vivre içi avec beaucoup d’amour et de sécurité et je prie pour qu’ils soit toujours aussi bien protégés.
    Ca y et , je crois que j’ai compris, c’est la situation désolante et sans espoir des enfants que tu décris, je pense, qui me rends si triste.
    Bonne fêtes à vous et bonne année également! Le monde est en train de changer et espérons le, en mieux!

  3. Bonjour à toute la famille,
    Merci encore pour tous vos témoignages qui font relativiser beaucoup de choses…
    Nous vous souhaitons une bonne fête de Noël (sans doute un peu spéciale !) et un bon début d’année 2009.
    La famille PHAM

  4. désolée ! faute de frappe….Et moi qui vous disez que je n’étais pas douée ! je continue : recevez de France la joie de Noël et la paix là où vous êtes. Je vous embrasse tous avec les miens et vous dis à l’année prochaine.
    Affectueusement
    Bénédicte
    La vie en ce moment est difficile en France mais nous restons dans l’Espérance. Bye, bye

  5. Très chers amis,

    Je reprends le début du message qui apparemment n’a pas été envoyé ! L’amie infidèle reprend la plume internet. Je suis heureuse de vous savoir enfin en sécurité dans un pays qui vous est cher. Je vous disais que cet après-midi en cellule, nous avions chanté en anglais pour être en union avec toute votre famille en cette période de l’Avent. Nous ne vous oublions pas et vous souhaitons d’excellentes vacances (génial les enfants, pause pour les devoirs).
    Bon vent….

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