Au revoir Bhimanapally…. (18 novembre)

Après plus d’un mois passé à Bhimanapally, il est temps pour nous de reprendre nos sacs à dos et de recommencer nos pérégrinations. Nous laissons beaucoup d’amis et de gens merveilleux à Bhimanapally et nous repartons, tout à la fois excités par les nouvelles découvertes qui nous attendent, et attristés de quitter ainsi tous ceux qui nous ont ouvert leurs portes et leurs cœurs. Mais nous n’oublierons pas Bhimanapally et nous espérons bien pouvoir aider un peu dans le futur, voire y revenir, qui sait?

Notre prochaine destination est la région de Goa, sur la côte. Nous arrivons le soir, après 14 heures de train, à Panjim (Panjini), et cherchons un hôtel. Sans Internet et sans téléphone, nous n’avons pas eu le temps de préparer la suite de notre séjour (de toutes façons, même sans cette excuse, nous procédons souvent ainsi, nous laissant guider…). Nous nous rendons compte très vite que les prix à Goa sont bien plus chers que ceux que nous avons connus jusque là. Nous trouvons quand même un hôtel où poser nos sacs. Nous avons 2 chambres et les lits ont des matelas (nous en avions perdu l’habitude…) et il y a l’eau chaude théoriquement. L’eau chaude se révèle vite une un mirage, mais nous n’en avons pas vraiment besoin, après tout… Devant la fenêtre de la chambre des garçons, un énorme nid d’abeilles est installé à l’extérieur. Espérons que la fenêtre ferme bien… Nous voulions un hôtel avec Internet pour rattraper tout notre retard, mais « on ne peut pas tout avoir », comme le dit si bien notre Amandine, qui est devenue très philosophe et nous sert des grandes vérités très régulièrement, comme cette autre formule « C’est mieux que rien!…. ». Merci Amandine! Tu as tout compris…

A Goa, nous goûtons la meilleure cuisine que nous ayons essayée jusque-là. Peut-être est-ce aussi dû au fait que nous savons maintenant manger à l’indienne et savons quoi commander…. Nous retrouvons le goût de la viande et nous essayons tous les plats au fur et à mesure. Rien de tel qu’un mois à cuisiner pour apprécier de nouveau de pouvoir mettre les pieds sous la table… Il reste bien d’autres choses à faire pour nous occuper, ne vous inquiétez pas…

Le 21 novembre, c’est notre anniversaire de mariage… 16 ans déjà… Les enfants, qui ont bien compris que nous avons besoin d’intimité, nous poussent hors de l’hôtel, avec mission de bien nous amuser… Les repas pouvant être pris à l’hôtel, nous ne nous faisons pas prier et les laissons ensemble avec mission de ne rien faire de dangereux et avec un budget maximum pour le repas… et aussi avec plein de devoirs, il ne s’agirait pas de faire l’école buissonnière pour autant! Nous savourons notre journée à deux, car nous n’avons pas beaucoup d’occasions de nous retrouver seuls…

A Goa, nous redécouvrons les joies de la plage, au grand bonheur d’Amandine. Nous en profitons aussi pour aller visiter la vieille ville de Goa. Toute la région était sous domination portugaise, et il y a un nombre incroyable d’églises très impressionnantes. Les maisons et monuments portent aussi l’empreinte du style portugais. C’est joli et très différent de ce que nous avons vu auparavant. C’est dans la vieille ville de Goa que se trouve le corps de Saint François Xavier, corps miraculeusement et naturellement préservé. Il n’est exposé maintenant qu’une fois tous les 10 ans, nous ne le verrons donc pas, mais nous pouvons prier dans l’église où il repose. De plus, c’est bientôt la fête de Saint François Xavier et la ville est en effervescence. Des gens sont venus d’un peu partout pour venir prier la neuvaine qui se terminera le 3 décembre.

Dans un café Internet de Panjim, nous rencontrons Martin, un suédois, et entendons son histoire. En débarquant à Panjim, fatigué, il s’est endormi sur la plage avec tous ses bagages. A son réveil, bien sûr, il n’avait plus rien… Plus de passeport, plus de carte de crédit, plus d’argent. Lorsque nous le rencontrons, cela fait deux jours qu’il n’a pas mangé, la police ne voulant pas l’aider et lui refusant même d’effectuer un appel en PCV. Son ambassade est à Delhi et il ne peut la joindre… Même boire est un problème, vu que l’eau n’est pas potable et qu’il ne peut pas acheter d’eau minérale. Le café Internet le laisse appeler et il arrive à joindre sa mère. Il va devoir patienter jusqu’à l’arrivée de sa carte de crédit, mais au moins il aura un toit pour dormir, sa famille ayant pu lui payer un hôtel par Internet. Il a dormi dans la rue la nuit précédente… Nous l’invitons à venir dîner avec nous. Les enfants sont impressionnés par son histoire; cela pourrait nous arriver, même si nous ne nous endormirions pas ainsi à l’extérieur avec tous nos bagages…

Le jeudi matin, nous quittons Goa pour Bombay. En montant dans le train, nous découvrons dans les gros titres des journaux que Bombay a fait l’objet d’attaques terroristes la veille au soir, et ce dans la gare où nous allons et à l’heure où nous devons arriver… Si nous étions partis un jour plus tôt, nous aurions été en plein dedans… Nous découvrons en même temps que l’aéroport de Bangkok, notre prochaine destination, est bloqué et que le pays n’est pas sûr pour le moment. Nous ne pouvons pas faire grand chose dans le train, et nous attendons d’en savoir plus pour prendre une décision… Nous arrivons le soir à la gare, où rien ne transparait des attaques de la veille, si ce n’est les policiers et soldats qui patrouillent. Il y a beaucoup de monde, peut-être moins que d’habitude, mais c’est difficile à dire. Par contre, les rues de Bombay sont vides, ce qui n’est pas normal dans une ville indienne, et surtout à Bombay. Notre hôtel, que nous avons réservé la veille, est tout près de la gare et à peine plus d’un kilomètre de l’hôtel Taj Mahal, ce qui n’est pas franchement idéal, mais nous avons déjà eu beaucoup de mal a trouver un hôtel qui avait de la place et qui était à un prix abordable pour nous 6. Le soir, nous regardons les nouvelles à la télévision, ce n’est pas rassurant, il vaut mieux ne pas sortir, et la situation à Bangkok semble bloquée… Le lendemain, nous décidons de changer nos billets et de partir en Australie directement. Les bureaux de British Airways ont changé d’adresse par rapport à l’adresse que donne notre guide. Le temps de découvrir où ils se trouvent et nous réalisons qu’il ne nous reste plus qu’une heure pour y aller, les bureaux fermant ensuite pour tout le week-end. Notre vol pour Bangkok part le lundi matin, à 5 heures du matin, c’est donc notre seule opportunité pour changer nos billets. Ian part en taxi et parvient à l’agence juste à temps. Vu les circonstances, on nous trouve un avion pour Sydney, le dimanche soir. Ouf! Le personnel de British Airways est visiblement très inquiet, ils doivent avoir du personnel dans le Taj, qui fait toujours l’objet d’attaques terroristes. Les télévisions parlent de « guerre » et la police répète que la situation n’est pas maitrisée. Nous passons la journée de vendredi dans la chambre hôtel, qui est petite et où nous sommes tous entassés, et la journée passe lentement. Nous ne sortons que pour les repas, de toutes façons, la plupart des commerces et restaurants sont fermés, ainsi que les écoles… Nous sommes fatigués et nous attendons notre avion avec impatience. Le samedi, la situation semble un peu meilleure, nous décidons de sortir et d’aller très au nord, dans un parc aquatique, histoire de changer un peu le moral des troupes… Cette journée nous fait du bien à tous. Elle nous fait un peu oublier toutes ces attaques. Nous regrettons de ne pas pouvoir visiter un peu Bombay, car nous sommes impressionnés par les nombreux monuments imposants que nous avons aperçus, mais tant pis.

Le dimanche, nous nous rendons à l’aéroport. La sécurité est maximale. Interdit de stationner devant l’aéroport et, pour pénétrer dans l’aéroport, gardé par des soldats, il faut montrer ses billets d’avion et passeports. Nous sommes en début d’après-midi et notre vol ne part pas avant 21h45… Mais, avec nos bagages, il est difficile d’attendre ailleurs qu’à l’aéroport… Des soldats armés patrouillent l’aéroport. L’un d’eux vient vers nous et nous demande d’évacuer notre place, des bagages abandonnés ayant été trouvés un peu plus loin. Finalement, les propriétaires des bagages reviennent, autant dire qu’ils passent un très mauvais moment… Ensuite, nous devons nous rendre au guichet d’embarquement. Mais avant, nous devons faire la queue pour aller faire scanner nos bagages qui partent en soute. Ces bagages, après avoir été scannés, sont scellés. A chaque étape, nos passeports et billets sont vérifiés de nouveau, nos bagages à main scannés et étiquetés eux aussi, et les étiquettes vérifiées à chaque passage de porte. Tous les voyageurs sont fouillés, en plus de passer sous le détecteur de métal… Nous mettrons plus de 3 heures à passer tous ces contrôles… Heureusement que nous sommes venus bien à l’avance… Finalement, nous embarquons. Nous faisons escale à Singapour et devons sortir de l’avion, juste quand certains d’entre nous avaient enfin réussi à s’endormir. Par la suite, impossible de se rendormir. Nous arrivons à Sydney, heureux d’être arrivés à destination, mais complètement épuisés. Entre le changement d’horaire, la nuit manqué en avion, et les évènements de Bombay, nous ressemblons à des zombis… Pendant que nous cherchons une auberge, David s’endort sur les bagages. Les enfants deviennent capables de dormir dans n’importe quelle position et en n’importe quel lieu, un des nombreux talents acquis pendant ce tour du monde…

Nous avons tous besoin de nous reposer et de souffler. Vive l’Australie. Nous sommes « chez » nous. Nous avons déjà habité à Sydney, en 1993, et Xavier est né en Australie, à Wagga Wagga. C’est un pays que nous aimons beaucoup et nous espérons bien revoir tous nos amis…. Rien de tel pour récupérer.

Notre auberge a l’eau chaude et des matelas moelleux… Quel luxe! Notre première visite dans un supermarché nous laisse tous ébahis devant la diversité des produits. Après 3 mois d’Asie et surtout 2 mois d’Inde, nous ne sommes plus habitués a tant d’abondance. Amandine pousse des cris de joie à chaque rayon et nous appelle toute excitée à chaque nouvelle découverte. Elle ne sait plus où donner de la tête! Les gens doivent se demander d’où nous sortons…

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