De Sydney à Cairns en passant par Wagga Wagga

Sydney… Ville extraordinaire! Le soleil, la mer, les espaces verts un peu partout, les monuments “phares”, tels le superbe Opéra de Sydney, le pont qui traverse le port de Sydney, la tour de Sydney qui domine toute la ville, la vieille bibliothèque et ses anciens volumes reliés, le magnifique centre commercial de Queen Victoria, les fontaines et l’animation du port de Darling Harbour.. Tout contribue à faire de Sydney une ville où il fait bon flâner et vivre. Les enfants sont d’autant plus conquis que nous venons de vivre plusieurs mois où nous avons dû faire attention à tout et où la pauvreté et la misère, et la saleté aussi parfois, ont été particulièrement visibles. C’est en arrivant à Sydney que nous nous rendons compte que nous avons bien besoin de nous reposer et de faire une pause dans un pays plus “normal” pour nous… Les enfants ont tellement pris l’habitude de faire attention à l’eau et à la nourriture, qu’ils n’osent pas se brosser les dents avec l’eau du robinet ou manger des fruits et des crudités en les lavant simplement, et ils s’émerveillent de ce « nouveau » confort… Depuis le début de ce voyage, les enfants, et notamment Amandine, nous ont surpris par leur facilité d’adaptation à tous ces détails contraignants et par leur sens des responsabilités. Avant chaque nouveau pays, nous discutons avec eux de tous les risques inhérents au pays, sans leur cacher les faits (nous faisons quand même attention à ne pas trop inquiéter Amandine), et pouvoir compter sur eux et sur leur sérieux facilite grandement les choses.

Retrouver le confort d’une douche chaude et d’un matelas moelleux n’est pas désagréable et nous savourons les plats que nous n’avons pas gouté depuis plusieurs mois… Nous n’avons pas encore mangé de riz de nouveau (3 mois à manger du riz matin, midi et soir font qu’une petite pause n’est pas désagréable…). Nous sommes heureux de retrouver Sydney et de faire découvrir cette ville, que nous aimons beaucoup, aux enfants. La décontraction australienne est très agréable et le rythme de vie très reposant. Après une bonne semaine passée à Sydney, nous louons une voiture pour pouvoir aller à Wagga Wagga, ville où Xavier, notre ainé, est né. Nous sommes un peu étonnés de voir l’âge de la voiture que l’on nous donne: datant de 1995, elle a plus de 280.000 kilomètres au compteur… Mais, après tout, nous sommes en Australie (notre toute première voiture, achetée en Australie il y a 15 ans, avait déjà plus de 200.000 kilomètres au compteur et nous l’avions revendue avec plus de 250.000 kilomètres…), et il n’est pas facile de trouver des voitures suffisamment grandes pour nous tous… A bord d’une voiture, nous retrouvons un autre sentiment de liberté: nous pouvons aller où bon nous semble et nous arrêter au gré de nos découvertes et envies, et ce encore plus facilement que lorsque nous dépendons des trains, bus ou rickshaws…

Nous allons d’abord un peu à l’ouest de Sydney pour nous promener dans les Blue Mountains. A perte de vue, des montagnes couvertes de forêts à la végétation luxuriante. Dans le lointain, les montagnes paraissent bleues. Tout comme en Afrique du Sud, l’immensité du paysage nous oblige à un peu d’humilité… Nous ne sommes que de petits points dans ces forêts magnifiques. Nous démarrons notre marche près des « Three Sisters », 3 cheminées de fées qui surplombent les montagnes boisées. Après avoir descendu les escaliers géants en pierre, nous nous retrouvons dans la « rainforest ». Il fait presque sombre, les arbres fougères, les lianes et les autres plantes exotiques cachant le soleil et le ciel, plutôt menaçant ce matin d’ailleurs. Nous sommes presque seuls et pouvoir marcher ainsi nous fait beaucoup du bien. Xavier marche en tête, pour pouvoir penser et méditer tout à son aise… C’est notre grand « penseur ». Il aime et recherche ces moments en solitaire, notre adolescent… Il ne cesse de grandir et de s’interroger sur le monde et ce voyage est sûrement un grand « accélérateur » pour forger son caractère… Ensuite, suivant Xavier de loin, vient Eric, le moins « accroc » à la marche. C’est notre « mathématicien »… Déjà l’année dernière, nous avions découvert à quel point il aimait les mathématiques, mais, cette année, il nous a surpris en « avalant » le programme de mathématiques de 6ème en quelques mois… Puis, vient le reste de la famille qui ferme la marche. David, curieux et passionné de nature et de survie, s’émerveille de toutes ces plantes qu’il découvre et aimerait bien que nous nous perdions dans la forêt pour pouvoir mettre en pratique toutes ses connaissances en survie… Quant à Amandine, elle s’adapte à tous les changements que nous lui « imposons » pendant ce tour du monde et continue à observer ce qui l’entoure avec son entrain et sa joie habituels. Elle nous fait souvent tous rire avec ses observations étonnantes et situées souvent sur un tout autre plan que celui de ses frères ou de ses parents.. C’est aussi celle qui se lie le plus facilement avec d’autres enfants, n’étant pas arrêtée à son âge par la barrière des langues ou de la culture. Chacun de nos enfants est décidément incroyablement différent et pouvoir passer autant de temps avec eux et découvrir ces pays en famille est un vrai privilège. Les enfants enrichissent notre perception et nous font découvrir beaucoup pendant ce tour du monde…

Nous terminons notre marche juste à temps, juste avant qu’une pluie diluvienne ne s’abatte sur la région. Nous repartons comblés, ayant même eu la chance de rencontrer un porc-épic pendant notre promenade, et nous dirigeons vers Wagga Wagga. Wagga Wagga est la plus grande ville de l’intérieur de l’état de la Nouvelle Galles du Sud. Les paysages sont très beaux et au fur-et-à-mesure que nous nous enfonçons un peu plus à l’intérieur des terres, nous redécouvrons le « bush » australien, de grandes étendues jaunes pâles, avec quelques arbres et buissons. Nous arrivons à Wagga Wagga (ce nom est aborigène et signifie « lieu avec de nombreux corbeaux »; la répétition du nom montre qu’il y en a beaucoup) et découvrons qu’en 15 ans, la ville a bien changé et s’est beaucoup étendue. Lorsque nous y habitions, il n’y avait qu’une grande rue centrale commerçante et les habitants n’hésitaient pas à parcourir 500 kilomètres pour faire leurs courses à Sydney ou à Melbourne lorsqu’ils ne pouvaient pas trouver ce qu’ils cherchaient. Maintenant, « on trouve de tout à Wagga ». Nous allons revoir notre petite maison et visitons le petit zoo de la ville. Les enfants découvrent leurs premiers kangourous et wallabies et nous pouvons nous promener à loisir dans une volière peuplée de nombreux oiseaux multicolores, tous natifs du sol australien. Nous allons à la messe dans notre ancienne paroisse. C’est « Gaudete Sunday » et le jeune prêtre nous parle de l’importance de savoir se réjouir. Son homélie plait beaucoup aux enfants qui retiennent notamment l’histoire du « glad game », ou comment savoir se réjouir en toute chose et trouver ce qu’il y a de bon et positif dans toute situation, et particulièrement si elle s’avère difficile… Petit jeu très utile et très éducatif, et pas toujours si facile que cela… Puis nous allons rendre visite à Amanda, une amie que nous avions il y a 15 ans. Elle est maintenant mariée et a 4 enfants, et elle et son mari nous accueillent chaleureusement sur leur magnifique ferme. L’amitié à ceci d’extraordinaire que nous nous retrouvons comme si nous ne nous étions pas quittés. Quelle joie! Nous allons aussi rendre visite au Père Murphy, qui avait baptisé Xavier, et que nous apprécions particulièrement. Là aussi, nous nous retrouvons comme si nous n’étions pas partis… Quel bonheur que ces retrouvailles qui nous sont données…

Après quelques jours, nous reprenons la route. Nous aimons ces paysages immenses aux couleurs si différentes de ce que nous connaissons en Europe. Les quelques arbres tourmentés ajoutent une touche dramatique à cet environnement. Alors que nous retournons tranquillement vers Sydney par le sud pour découvrir avec les enfants la côte australienne, si belle, notre voiture de location décide de tomber en panne et nous voilà tous à attendre la dépanneuse sur le bord de la route… Finalement, nous serons remorqués jusqu’à Gundagai, petite ville typique de l’intérieur du New South Wales: une rue centrale avec quelques magasins, et des maisons tout autour. L’agence de location nous annonce qu’elle n’a pas d’autres voitures à nous donner et nous dit de nous débrouiller pour rentrer sur Sydney… Charmant! Nous avons notre avion à prendre le lendemain à Sydney pour Cairns et ne pouvons pas le rater… Un bus relie Gundagai à Sydney. Nous nous levons tous tôt pour le prendre le lendemain matin et arrivons à Sydney dans l’après-midi. Notre avion part le soir, nous passons donc quelques bonnes heures à l’aéroport. Cela devient une habitude et tous nous nous installons, qui pour lire, qui pour faire une sieste, qui pour explorer l’aéroport…

Lorsque nous débarquons à Cairns, nous retrouvons la chaleur, qui nous enveloppe et ne nous lâche plus… Nous sommes au nord-est de l’Australie, sur la côte, et, en cette saison, la chaleur est incroyable. Dire que nous sommes presque Noël ! Nous passons juste deux jours à Cairns, le temps de bien profiter de la piscine du backpacker et de celle, superbe, du centre ville, installée en bord de mer et gratuite pour tous. Le soleil darde sur nous ses rayons impitoyables et même la piscine ne nous rafraichit pas, l’eau étant tellement chaude… Nous recherchons tous les endroits climatisés pour retrouver un peu de fraicheur… Mais bon, je crois que se plaindre serait malvenu, n’est-ce pas?… Nous sommes attendus un peu avant Noël chez des amis qui habitaient Wagga Wagga et qui sont maintenant à plus de 1000 kilomètres au sud de Cairns. Nous passerons Noël avec eux et les enfants, notamment, attendent ce moment avec impatience. Ces amis ont 10 enfants (ils en avaient 5 lorsque nous vivions en Australie) et nos enfants auront enfin des amis de leur âge avec qui échanger. C’est une des difficultés de ce tour du monde pour nos garçons, et en particulier pour Xavier: pouvoir échanger avec des enfants parlant la même langue et ayant un peu le même niveau d’éducation.

Nous ne devons donc pas tarder, et nous espérons bien admirer la Grande barrière de Corail, si magnifique le long de cette côte, à notre retour, vu que nous devons reprendre l’avion à Cairns le 5 janvier pour partir en Nouvelle-Zélande. Nous avons changé nos billets d’avion pour la suite du voyage, suite à notre « rendez-vous » raté avec la Thaïlande, et, pour notre plus grande joie, nous avons maintenant des billets électroniques qui remplacent nos 108 billets papier… Ouf! C’est quand même plus adapté à notre type de voyage… C’est aussi une chose de moins que nous pouvons perdre…

Nous louons une voiture et reprenons la route… Cette fois, la voiture est moderne et relativement neuve… Les paysages sont extraordinaires, entre la côte avec vue sur une mer bleue azur et sur des plages de sable fin, et l’intérieur avec ses « rainforests » incroyables. Tout est vert et la végétation exubérante est extraordinaire. Nous admirons des cascades et faisons un détour pour aller voir un arbre très spécial: ayant poussé sur un autre arbre, puis ayant colonisé et « tué » cet arbre, ses racines pendent sur plus de 15 mètres et forment un rideau impénétrable et incroyable. Nous restons longtemps en admiration devant ce phénomène de la nature. En repartant, Ian et David aperçoivent un « tree-kangourou », un petit kangourou capable de grimper aux arbres. Nous cherchons tous à le voir, mais il est déjà reparti dans l’épaisse forêt… Nous nous retrouvons ensuite dans une zone volcanique et prenons le temps d’aller nager dans un lac installé dans un ancien cratère de volcan. L’eau est bonne et nous nageons avec plaisir après ces heures passées dans la voiture. Nous sommes au milieu des poissons et des petites tortues (à priori, pas de crocodile, nous sommes en zone surveillée…) et le paysage est toujours aussi magnifique. L’Australie est vraiment un superbe pays!

Nous repartons ensuite, toujours plus au sud. Chaque fois, nous devons trouver un endroit où dormir et ce n’est pas toujours aussi simple (surtout parce que notre budget est plutôt limité dans ce pays cher en comparaison de l’Asie). Une soir, alors qu’il se fait tard, nous n’avons toujours pas trouvé de logement et nous n’avons toujours pas dîné non plus. Nous devons être sur la « côte d’azur » australienne, vu les prix pratiqués dans cette région, et finalement, bien après 23 heures, nous abandonnons notre quête et décidons de dormir dans la voiture. Nous recherchons un endroit bien tranquille, et nous nous installons en bord de route, au milieu des champs de canne à sucre. Peu avant, nous apercevons un petit kangourou en bord de route et un drôle de rongeur dont nous ne connaissons pas le nom. Le ciel étoilé est magnifique et, après avoir contemplé la Croix du Sud, cette constellation en forme de croix qui guide les voyageurs dans cette partie du globe, nous nous installons tant bien que mal pour dormir. Dormir est un bien grand mot: certains d’entre nous (les plus petits) parviennent a dormir quelques heures, pendant que les autres somnolent et cherchent une position confortable… Finalement, un peu avant 2 heures du matin, nous reprenons la route pendant que les trois plus jeunes dorment. Nous devons avancer et, après tout, pourquoi pas de nuit… Nous nous arrêtons 2 heures plus tard et « reprenons » notre nuit… Un petit peu reposés, nous émergeons aux premières lueurs du jour… Après un bon petit-déjeuner, nous voilà d’attaque pour une nouvelle journée. Cette fois, nous chercherons un logement tôt dans l’après-midi, histoire de nous reposer réellement… Dès le surlendemain, nous serons à Gracemere, cette petite ville où habitent Richard et Mary et leurs 10 enfants.

Epilogue: c’est de Rockhampton, dans un motel confortable et après une vraie bonne nuit, que je me dépêche de finir d’écrire ce blog commencé dans la voiture. Nous ne voudrions pas vous laisser plus longtemps sans nouvelle de notre périple australien… Comme vous le voyez, nous allons tous bien et profitons de cette vie australienne. Notre budget limité est plutôt une très bonne chose, après tous les pays si pauvres que nous avons traversés. Notre gros cadeau de Noël est ce voyage autour du monde et toutes les rencontres et découvertes que nous faisons. Que demander de plus?

Dès ce soir, nous serons chez nos amis pour vivre ces fêtes de Noël. Nous sommes le 22 décembre et je souhaite à Cécile, ma petite sœur, un très bon anniversaire.

A tous et à chacun en particulier, nous vous souhaitons un très très joyeux Noël dans la paix et l’amour. A très bientôt pour plus de nouvelles et merci pour tous vos messages et commentaires.

Blog d’Amandine en Australie

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Je suis en Australie et j’ai pris un avion pour arriver dans la ville de Sydney. La mer est partout autour de Sydney et j’aime beaucoup cette ville. J’ai été voir un jardin où il y avait des arbres bizarres que je n’avais jamais vus avant et j’ai vu des perroquets qui avaient une crête jaune et d’autres qui étaient de toutes les couleurs. Dans un arbre, il y avait un trou où il y avait un animal gris avec des poils et je ne sais pas si c’était un koala. J’ai vu des fleurs carnivores: quand un insecte rentre dedans, la fleur se ferme et mange l’insecte qui est dedans. J’ai aussi vu un gros lézard de “plus de 2 mètres” (plutôt soixante-dix centimètres d’après le Papa…) qui était gris, avec une longue queue et des genres de piquants sur lui. Il avait des griffes sur ses pattes et je l’ai vu sortir sa langue. J’ai été dans un magasin et j’ai vu un grand sapin de Noël, plus grand que tout le monde, et j’ai vu une horloge qui disait le temps avec un bateau qui tournait autour. Dans un autre magasin, quand on avait fini la messe, j’ai vu des petits lutins qui bougeaient et préparaient des cadeaux et des gâteaux de Noël. Il y avait de la musique de Noël et pour chaque scène, la musique était différente. J’aimerais fabriquer des lutins comme ça.

Après Sydney, on a pris une voiture et on est allé à Wagga Wagga, une autre ville, là où Xavier est né. J’ai vu la maison où il était né et j’ai vu le Père Murphy qui a baptisé Xavier. Je suis allée dans un zoo où j’ai vu des kangourous. Je suis allée chez Amanda, une amie de Maman et Daddy. C’était une ferme où il y avait un énorme cochon « de plus de 3 mètres » (1,6 mètres d’après Eric) et mes frères sont montés dessus. J’ai joué avec des petites filles, Rachel (Amandine prononce « rickshaw ») et Elizabeth.

J’ai fait une grande marche dans les montagnes appelées « Blue Mountains », car quand on les voit de loin, on croit qu’elles sont bleues. J’ai vu un porc-épic et j’ai pris un train: les sièges n’étaient pas droits et quand on a été tout en haut, ça faisait peur, et les sièges sont devenus droits. La promenade a duré plus de 6 heures. J’ai aimé et j’étais fatiguée aussi.

La voiture était vieille et en rentrant pour prendre l’avion, la voiture ne marchait plus, alors on a téléphoné à la personne qui répare la voiture. Quand la personne est venue, on a mis la voiture sur le camion et après on est allés dans une station essence. On a trouvé un hôtel à côté et on a pris un bus le matin et on a pris l’avion le soir pour aller à Cairns, au nord de l’Australie.

A Cairns, on a été dans un backpacker où il y avait une piscine et l’eau de la piscine était très chaude. Dans la ville, il y avait une piscine à côté de la mer, et je me suis baignée plusieurs fois.

Quelques réflexions et impressions sur notre séjour en Inde… (désolée pour le titre pompeux…)

Nous aurons passé un peu plus d’un mois dans le village de Bhimanapally, ce qui nous a permis de découvrir un peu plus l’Inde rurale traditionnelle. En même temps, nous avons vu quelques grandes villes, comme New Delhi, Hyderabad et Bombay (au plus mauvais moment! ), et passé un peu de temps dans différents états, au Rajasthan, dans l’état d’Andhra Pradesh ou dans la région côtière de Goa, notamment. Nous avions un certain nombre de clichés à propos de l’Inde: les palais des Maharajah, Bollywood, les nombreux dieux et déesses hindous, un pays surpeuplé, une économie qui monte en puissance, un pays très avancé en informatique et qui se modernise, et en même temps, ces bidonvilles, Mère Thérésa, des gens dormant à même le trottoir, des enfants et des femmes exploités, etc. En fait, tout cela est vrai, mais à une échelle difficilement imaginable. L’Inde est le pays des contrastes et de la démesure, et le visiteur, qui arrive tout droit de nos pays occidentaux et qui découvre l’Inde profonde, ne peut que se retrouver sans cesse étonné, sans cesse éprouvé dans ses convictions et dans ses attentes. L’Inde est un pays qu’il faut prendre le temps de découvrir lentement, car à nos yeux, tout y est incroyable et déroutant, voire choquant. Pourtant, c’est aussi un pays d’une grande profondeur, d’une grande spiritualité et d’une riche culture. Les gens y sont incroyablement accueillants et chaleureux, pourvu que l’on prenne le temps de les rencontrer. Nous avons beaucoup aimé notre séjour en Inde, surtout grâce à notre temps passé à Bhimanapally, mais l’Inde nous a aussi fatigués, obligés à sans cesse nous interroger et à nous remettre en cause. Voici quelques unes de mes réflexions et impressions, en vrac… Elles n’engagent que moi…

Le silence est d’or…

En 2 mois, nous avons constamment manqué de sommeil. Le bruit incessant, à toutes les heures de la nuit et du jour, est assez inimaginable. Les klaxons des véhicules résonnent à chaque instant, klaxonner étant partie intégrante et normale de la conduite: aucune animosité dans les coups de klaxons, mais le klaxon est préféré aux freins et donc utilisé de façon illimitée… Le flot incessant des véhicules est un spectacle unique, bruyant et effrayant: des véhicules en tous genres et en toutes conditions, des vaches un peu partout, des chiens, des routes en mauvais état, des gens et des enfants au milieu de la route, des bus bondés où sont accrochées de véritables grappes humaines… tout concourt à rendre la circulation hasardeuse et bourdonnante. Ajoutés à cela, les appels à la prières des muezzins, les fêtes hindoues où les haut-parleurs crachent à tue-tête leurs musiques envoûtantes et fatigantes tout à la fois. Même notre petit village catholique participe à cette cacophonie: à 5 heures du matin, le bus partant pour Hyderabad klaxonne avec insistance pour appeler les retardataires, et à 5h30, la musique résonne dans tout le village et appelle chacun à la prière… Dans le village, les annonces sont faites au haut-parleur et un certain nombre de codes sonores préviennent chacun que l’eau arrive dans les canalisations ou que la station d’eau potable est ouverte. Mais où est donc le silence?

D’un autre côté, personne ne semble affecté par ce manque de silence, à part nous qui avons besoin du silence extérieur pour faire silence en nous…

Mais où sont les poubelles et les décharges?

En 2 mois d’Inde, nous n’avons quasiment pas vu de poubelles publiques ou de camions poubelles… Les détritus s’amoncellent un peu partout, et c’est visiblement normal. Dans les trains, alors que les voyages durent facilement plus de 12 heures, aucune poubelle… Pourtant, les marchands ambulants passent constamment et en 12, 15, 18 ou 24 heures, nous accumulons beaucoup d’articles à jeter… Bouteilles et gobelets en plastique, barquettes en aluminium, emballages divers…. tous ces éléments sont non biodégradables, et pourtant, tous les jettent par les fenêtres, et les détritus jonchent ainsi les milliers de kilomètres de rails, les abords des villes et les villes elles-mêmes. Nous gardons nos poubelles lors de nos voyages en train, ne pouvant imaginer de les jeter par les fenêtres, et à la fin du voyage, lorsqu’une personne vient faire le ménage, que fait-elle? Elle jette par la fenêtre les poubelles que nous avions précieusement gardées! De même, à Bhimanapally, nous ne savons pas trop quoi faire de nos poubelles et, alors qu’elles commencent à s’accumuler de façon peu discrète, le Père Fathima les aperçoit et nous explique où les jeter: dans un endroit à ciel ouvert où elles s’accumulent… Il n’existe pas de décharge à Bhimanapally et les ordures se retrouvent le long des chemins, dans la campagne, un peu partout… Inimaginable pour nous! A Hyderabad, dans la gare, nous apercevons nos premières vraies poubelles. Sur chacune d’elles, une inscription: « cleanliness is a sign of civilisation… » (la propreté est un signe de civilisation…). A Bombay, nous voyons nos premiers camions poubelles… Cela n’empêche pas de nombreux endroits de la ville d’être jonchés de détritus… Des gens fouillent ces détritus et tentent de trouver quelque chose à manger ou à revendre…

Pauvreté dans beaucoup de campagnes…

L’Inde est un pays immense, qui a plein de ressources, mais beaucoup de villages n’ont même pas d’eau potable ou manquent d’eau tout simplement. L’électricité n’arrive pas partout dans les campagnes, et elle est « rationnée » pendant la journée. Parfois, par manque d’électricité, il est impossible de pomper de l’eau pour boire ou arroser les champs, pour ceux qui ont des puits. L’état des installations électriques est assez effrayant, et, en ville, il faut faire attention et se baisser, car des câbles électriques pendent un peu partout, et nous avons entendu des histoires de personnes mortes électrocutées… Le village dans lequel nous étions est un petit village rural traditionnel, et nous avons été étonnés par la pauvreté et le manque d’initiatives du gouvernement pour y remédier… Les écoles d’état, là où nous sommes, ne sont visiblement pas bonnes du tout, et beaucoup de familles ont du mal à envoyer leurs enfants ailleurs. Payer les livres et les uniformes est une vraie charge pour les familles et beaucoup n’y arrivent pas. En cas de sécheresse, comme cette année, ce sera la misère pour beaucoup de familles…

En France, nous sommes habitués à être aidés pour tout: allocations familiales, remboursement de beaucoup de soins médicaux, écoles et livres scolaires gratuits, aide au chômage, au logement, aide aux agriculteurs, etc. Dans le village de Bhimanapally, très peu d’aides sont fournies par le gouvernement, laissant à la charge des prêtres, religieuses et de tous ceux qui peuvent aider, le soin de mettre en place une aide absolument nécessaire, comme cette station pour filtrer l’eau, ces puits qui sont creusés pour arroser les récoltes, ces médecins qui visitent le village 2 fois par mois, cette école d’informatique, etc. Mais chacune de ces initiatives est ralentie et parfois compliquée par le système bureaucratique et n’est pas réellement soutenue par le gouvernement. Des initiatives sont quand même en cours pour améliorer le quotidien des familles, et notamment ces cartes, instituées il y a 3 mois dans l’état d’Andhra Pradesh, et donnant le droit d’acheter, chaque mois, 4 kilos de riz à 2 rupees le kilo, 1 kg de sucre à 16 rupees, et quelques autres denrées de base à des prix inférieurs au marché. Ces cartes sont réservées aux agriculteurs dont les champs ont moins de quelques hectares et qui n’ont pas d’autres revenus, ce qui est le cas de la plupart des familles à Bhimanapally.

Nous avons été frappés et touchés par cette pauvreté. Nous ne nous attendions pas à une telle pauvreté et, pour nous occidentaux, il est difficile d’imaginer comment quelqu’un pourrait vivre avec moins d’un euro par jour. Pourtant, la vie dans ces campagnes, bien que pauvre, est très loin de la misère des villes…

Richesse et misère dans les villes...

A Bombay notamment, les contrastes entre riches et pauvres sont visibles de façon spectaculaire (Calcutta est probablement un exemple aussi frappant, mais nous n’y avons pas été). C’est à Bombay que nous apercevons les plus belles voitures: des limousines immenses, des voitures de sport ultra-modernes. Bombay est la ville du cinéma, surnommée Bollywood, à l’image de la ville d’Hollywood aux Etats-Unis. Beaucoup de gens, et de femmes en particulier, sont richement habillés… L’hôtel du Taj Mahal, tristement touché par les attaques terroristes, est un exemple de ce contraste. La nuit est à 400-500 US$, ce qui est difficile à imaginer dans un pays où une grande partie de la population a moins d’un euro ou un dollar pour vivre par jour. Tout contre notre hôtel, qui n’a rien du Taj, bien au contraire, mais qui est quand même situé à moins d’un 1km du Taj (nous avons mal choisi notre quartier, mais comment même imaginer qu’une attaque terroriste allait se produire?), des gens vivent à même le trottoir… Le matin, après notre première nuit dans cet hôtel, et alors que les attaques au Taj vont crescendo, nous ouvrons notre fenêtre et découvrons, derrière l’hôtel, un mini bidonville… Tout autour, dans les rues, des gens dorment, cuisinent et vivent sur le trottoir. Le matin, nous les voyons balayer et laver à grande eau leur partie de trottoir, leur chez-eux… Pendant ce temps, les hommes d’affaire se rendent au travail… Les villes possèdent presque toutes leurs bidonvilles et Bombay est ainsi entourée d’immenses bidonvilles. Mais dans la ville elle-même, la misère est aussi palpable, visible et quotidienne.

Le travail et la mendicité des enfants

Pour la première fois depuis le début de notre voyage, nous voyons des enfants travailler dans les hôtels, les restaurants ou sur les trottoirs, pour cirer les chaussures notamment. Ces enfants ne semblent guère plus âgés que David (13 ans) et, pourtant, ils travaillent toute la journée, sont probablement sous-payés, et ne sont pas particulièrement bien traités. C’est dur à voir, et c’est pourtant une réalité de l’Inde. Dans les trains, à chaque arrêt, des enfants montent et mendient. Certains, à genou, passent un torchon sale et usé par terre et demandent de l’argent, d’autres passent simplement et tendent la main silencieusement. Lorsqu’ils aperçoivent à manger, ils nous montrent les plats et font le signe de manger.

Au début, nous nous disions que donner de l’argent était encourager cette mendicité et peut-être éloigner certains enfants de l’école, en leur faisant préférer « l’argent facile ». Puis au fur et à mesure que nous nous enfonçons un peu plus en Inde et que nous découvrons le quotidien des gens, nous réalisons que beaucoup de ces enfants n’ont même pas la possibilité d’aller à l’école et qu’ils n’ont pas forcément à manger tous les jours. Il y a un vrai problème de fond par rapport à cette misère quotidienne. Par la suite, nous avons donc pris l’habitude de toujours garder des pièces sur nous pour pouvoir les donner à ces enfants et aux femmes qui passent, et chaque fois que nous le pouvons, nous leur donnons des bananes, des biscuits, des plats… Nous ne pouvons pas faire grand chose pour eux, le problème étant beaucoup trop profond, et nous savons que ces quelques pièces ne solutionnent rien. Mais nous savons aussi maintenant qu’avec quelques rupees, il est possible d’acheter à manger, et pour l’immédiat, cet argent leur permet d’avoir quelque chose à manger.

Amandine, qui a accumulé plein de petites boites de crayons et de carnets qui lui viennent de nos voyages en avion, décide de les donner à ces enfants. A chaque enfant qui passe, en plus des quelques pièces ou aliments que nous pouvons lui donner, Amandine lui tend un petit carnet et une boite de crayons. La réaction des enfants est la même chaque fois. Incrédules, ils ouvrent la boite de petits crayons et un immense sourire éclaire leur visage. Ils ne doivent jamais recevoir ce genre de cadeaux… Si nous voyageons une autre fois en Inde, nous nous munirons de ces babioles qui peuvent faire germer un sourire chez ces enfants qui manquent de tout… Pour nos enfants et pour nous, voir ces enfants travailler et mendier est difficile, et pouvoir faire un petit geste, aussi minuscule soit-il, est important.

Une autre fois, c’est une mère qui monte avec sa petite fille de 2 ou 3 ans. La fillette s’approche des gens et se prosterne silencieusement devant eux jusqu’à ce qu’ils donnent quelque chose. Il est évident que la mère se sert de son enfant pour mendier, mais comment la juger alors que son quotidien doit être si difficile à vivre. Cette petite fille, si jeune, a beaucoup impressionné les enfants, car elle n’avait pas un comportement d’enfant, mais plutôt un comportement de « grande ».

Les transports en Inde

Nous devons avoir passé près de 80 heures dans les trains indiens. Rarement ponctuels, ils sont tout de même plutôt agréables, pourvu que l’on ne voyage pas dans la classe sans couchette, où les sièges ne sont pas réservés et où les gens se serrent pour 12, 15 ou 24 heures… Pour les couchettes, il existe plusieurs types de billets: la 1ère classe avec air conditionné (jamais testée, vu les prix pratiqués….), la 2ème et la 3ème classe avec air conditionné (testées au début de notre séjour en Inde alors qu’il faisait si chaud) et la classe sans climatisation (que nous avons utilisée régulièrement). Nous avons tous appréciés ces longs voyages, propices à la réflexion, à la contemplation du paysage, à la lecture, aux jeux et même au sport, les enfants ayant tendance à se prendre pour Tarzan et à se pendre un peu partout… Les vendeurs ambulants qui sillonnent le train en vendant du thé, du café, de la soupe ou bien des samosas ou autres plats indiens mettent un peu d’animation par leurs cris et leurs allées et venues. Nous apprécions particulièrement ce thé indien, bien sucré et épicé, et devons en avoir bu des litres pendant nos longs voyages…

A Bombay, nous avons pris les trains de banlieue, et là, tous les clichés de l’Inde nous sont revenus à l’esprit. Il faut physiquement pousser et presque se battre pour monter dans le train qui est bondé. Ian bloque un coin de porte et nous montons tous en ordre, du plus petit au plus grand, aussi vite que nous le pouvons. Pendant ce temps, quelqu’un en profite pour tâter les poches arrières de Ian (qui ne contiennent rien de valeur, heureusement…), et tout le monde pousse… Nous sommes serrés comme des sardines (l’expression est particulièrement bien adaptée), et ce quelque soit l’heure de la journée. Nous créons un mur, un « rempart » pour Amandine et Eric qui sont au centre, afin qu’ils ne soient pas écrasés. Les trains ne s’arrêtent que quelques secondes souvent, et il faut donc réellement pousser tout le monde pour pouvoir entrer ou sortir et beaucoup sautent avant même que le train ne s’arrête ou s’accrochent aux portes, qui ne ferment pas. Pourtant, personne ne se plaint ou ne montre de mouvements d’humeur. Tout est parfaitement normal….

Nous avons aussi passé un certains nombre d’heures dans les bus, assis ou debout, et les routes étant souvent en très mauvais état, nous avons été secoués et ballotés… En allant à Hyderabad, depuis Bhimanapally, nous expérimentons ce qu’est un bus indien bondé… Alors qu’il n’y a plus de places assises et que beaucoup sont déjà debout, nous nous arrêtons devant une école où attendent au moins 50 enfants. Il semble impossible qu’ils montent tous, et pourtant une grande majorité réussit à monter… Là aussi, serrés de façon si compacte qu’il est impossible de tomber, personne ne se plaint. Une voiture de police nous fait des signes. Ils veulent contrôler les billets de tous! Il faut d’abord faire sortir tous ceux qui sont debout, et le contrôle durera longtemps… Nous arrivons donc tard le soir à Hyderabad…

Les autorickshaws…. Superbe moyen de transport, les autorickshaws sont particulièrement bien adaptés à l’Inde. A trois roues, avec un guidon de moto et un petit moteur, ils sont incroyablement maniables et étonnamment « extensibles »: lorsque les banquettes sont pleines, on s’accroche à l’arrière, sur les côtés, sur le toit…. Nous réussissons plusieurs fois l’exploit de monter à 6, avec tous nos bagages, dans ces rickshaws prévus pour 3-4 personnes… Vu l’état des routes, il vaut mieux bien s’accrocher et, lorsque l’on est grand, faire attention à ne pas se cogner la tête… Ian et Xavier ont quelques bosses pour en témoigner…. Dans les villes et dans les campagnes, c’est souvent le meilleur moyen de transport et le moins cher. On peut le réserver pour toute la journée, le conducteur nous attendant alors. N’allant pas à plus de 40 km à l’heure, il vaut mieux ne pas être pressés… De toutes façons, les routes de campagne ne permettent pas d’aller très vite!

Les rickshaws « vélos »: nous n’en avons vraiment vu qu’à Agra et ne les avons essayé qu’une seule fois. Ils sont peu à peu remplacés par les autorickshaws. Peu payés, les conducteurs essayent parfois de se faire un peu plus d’argent en emmenant les touristes dans des magasins où ils touchent une commission…

La moto… Ian et les garçons ont voyagé à moto, derrière le Père Fathima à plusieurs reprises, pour leur plus grand plaisir… Amandine a eu le droit a un mini trajet elle aussi. Il n’y a donc que moi qui n’aurait pas essayé…

Les éléphants ou les chameaux… Pour les touristes, il y a plein d’opportunités d’essayer ces moyens de transports quelque peu différents de ce que nous avons l’habitude d’utiliser.. Notre balade à dos d’éléphant nous a beaucoup plu, mais nous avons aussi été contents de descendre… Il vaut mieux bien s’accrocher, ce qui à 6 a été difficile à faire… et faire attention aux câbles électriques, plutôt bas dans les villes… Nous n’avons pas essayé les chameaux, ce sera pour une autre fois…

La cuisine indienne

Nous nous sommes tous régalés avec la cuisine indienne, particulièrement à Goa, où nous avons goûté la meilleure cuisine de tout notre séjour en Inde. Les plats sont parfois très épicés -la palme d’or revient à notre repas à l’évêché de Nalgonda, où, rouges et transpirants, nous essayions en vain d’apaiser nos papilles gustatives, en feu, avec le riz blanc accompagné de curd (yaourt indien)-, parfois peu épicés -surtout dans les endroits pour touristes. Les plats sont variés et délicieux et tous, mais vraiment tous, nous avons beaucoup aimé cette cuisine! Dans beaucoup d’endroits, on ne sert que de la cuisine végétarienne, et certains plats sont étonnants, notamment les omelettes sans œufs… (je ne sais pas ce que l’on met dans ces omelettes, n’ayant pas essayé… manque de curiosité, peut-être…).

Lorsque nous sommes invités, à Bhimanapally notamment, et qu’il y a du poulet au repas, nous pouvons être sûrs que le volatile était encore bien vivant quelques moments auparavant… Nous avons ainsi l’occasion de rencontrer l’un de ces volatiles avant qu’il ne finisse dans notre assiette. Les enfants avaient envie de voir toute l’opération, mais heureusement, cela s’est fait discrètement ailleurs…

Dès notre arrivée en Inde, et après 1 mois de Chine sans aucun problème pour nos systèmes digestifs, nous avons tous eu quelques jours d’adaptation nécessaire et avons découvert ce qu’est la fameuse « tourista ». Heureusement, sans rien faire (car elle est restée à un niveau contrôlable… Oui, vous saurez tout…), elle est passée en 2-3 jours pour certains d’entre nous, et en un peu plus d’une semaine pour les moins chanceux d’entre nous… Après ces premiers temps, nous n’avons plus eu aucun problème, alors que nous avons souvent été invités et que les assiettes n’étaient pas forcément parfaitement essuyées. Au début, nous ne buvions que de l’eau minérale, et dès notre arrivée à Bhimanappaly, nous avons bu l’eau filtrée et par la suite, nous avons bu l’eau que l’on nous servait, dès lors qu’elle était filtrée.

L’Inde a le sens de la fête et des couleurs

Partout, dans toutes les villes, nous avons vu des fêtes hindoues, et à Bhimanapally, nous avons assisté à la fête de Diwali (la fête de la lumière) et été invités à deux mariages. La musique, les percussions, les couleurs vives des saris et des couronnes de fleurs, les mets d’offrande, l’encens, etc. , tout contribue à faire de ces fêtes un régal pour les yeux et pour les sens. Les saris des femmes, leurs bijoux et les tenues des jeunes filles sont souvent superbes (quelque soit le niveau de vie) et, même dans les campagnes et aux champs, ces tenues apportent une note de couleur vive et de gaité. L’Inde nous a vraiment éblouis par ses couleurs…

Quelques contrastes entre les villes indiennes « modernes» et les campagnes traditionnelles

A Bhimanapally, nous avons découvert l’Inde rurale et traditionnelle. Les femmes ne portent que des saris, les jeunes filles des jupes longues et des hauts brodés, ou ces longues tuniques sur des pantalons plus ou moins larges. Le jean est une exception que l’on ne voit que sur quelques enfants. Les hommes sont en chemise et « pagne » (un grand rectangle de tissu porté en « pagne » ou enroulé autour des jambes) ou pantalon de toile. Lorsque nous arrivons à Bombay, le contraste est saisissant: partout les femmes et jeunes filles portent des jeans et des petits hauts moulants, ou des tenues courtes… et le sari est beaucoup moins porté. Pourtant, il y a quelque chose de réellement magique et digne dans ces saris et tenues multicolores des campagnes.

Les deux mariages auxquels nous assistons à Bhimanapally sont des mariages arrangés. Pour le 2ème mariage, nous apprenons que les mariés ne se sont vus que 2 fois auparavant. Il en est ainsi de beaucoup de mariages dans les campagnes et dans les villes, même si les mariages « d’amour » sont de plus en plus courants dans les villes. La dote est toujours de mise dans ces mariages arrangés et constitue parfois une vraie source de difficultés pour certaines familles…

Les religions en Inde

L’Inde est un pays profondément religieux et spirituel, où cohabitent de nombreuses religions, dont beaucoup sont uniques à l’Inde: l’hindouisme, le jaïnisme, le zoroastrisme, etc. En même temps, d’autres religions, comme le bouddhisme, la religion musulmane et le christianisme sont présentes dans ce pays. L’Inde est à 82% hindoue et comprend 12% de musulmans, ces 2 religions dominant en Inde. Toutes ces religions cohabitent avec plus ou moins de bonheur. Les tensions entre hindous et musulmans peuvent toujours être fortes, comme elles l’ont été à de nombreuses reprises dans l’histoire récente de l’Inde. En même temps, les chrétiens sont de plus en plus persécutés dans certaines régions de l’Inde, notamment dans la région d’Orissa. Dans l’état d’Andhra Pradesh, où nous avons donc passé un peu plus d’un mois, un prêtre, séminariste en même temps que le Père Fathima, a été tué il y a peu. Heureusement, dans beaucoup d’autres régions, toutes ces religions cohabitent de façon positive et tranquille…

Voilà quelques réflexions que je voulais coucher par écrit pour pouvoir m’en souvenir et y revenir avec plus de recul… Il y en aurait bien d’autres, mais je ne voudrais pas épuiser la patience de mes lecteurs…

Terror in Mumbai!

Terror has struck Mumbai in the form of

Terrorists. These men went on a suicide

mission after some extensive training.

Their goal: To put terror in all the hearts.

To do this, they attacked Mumbai’s most

sensitive spots.

The terrorist’s attacks aimed at a maternity,

a train station, some random streets, a café

and 2 luxury hotels. The terrorists killed

over 150 people, injuring many more.

Unfortunately, they managed their goal:

They struck terror in the town of Mumbai!

How could men kill women and innocent

babies? How could they aim for a maternity?

Of all their acts,this is the worse! They

wanted to destroy the lives of innocent babies,

some who hadn’t even seen the world. They

destroyed young families.

Through attacking the stations and the hotels,

they struck terror in the hearts of tourists, and this

could be disastrous for India’s economy. They

shot at random in the station, killing, destroying

families, and bringing fear. They held hostages

in the hotels, killing men,women and children

alike. They felt no pity. They had a mission to

kill citizens, and they stopped being men. They

became machines of destructions, intent on

killing. They cannot have had a good reason.

They killed in cold blood.

Journal d’Eric en Inde

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22/11/08 – A Goa

Après le déjeuner nous sortons pour aller à la plage. Nous prenons un taxi qui nous amène au mauvais endroit et nous devons marcher jusqu’à la plage. Nous arrivons, nous baignons pendant quelques heures et nous nous rhabillons. Il fait noir alors on revient en passant par une autre route et nous trouvons un taxi qui nous ramène.

23/11/08

Juste après la messe du dimanche, nous allons voir la tombe de St. François Xavier. Nous passons une demi heure dans un bus pour aller à Old Goa et nous visitons une grande église vide. Tristement elle n’était pas active, je crois que c’est parce qu’il y a plusieurs églises au même endroit. Nous rentrons dans un musé d’histoire et d’art de cette ville, et à la fin il y avait un bon panneau qui était normalement vrai en anglais: ”We have noticed that children are being dragged against their will to monuments and (…) ” Nous sortons et rentrons dans une autre église non active. Puis nous pénétrons dans l’église de St. François Xavier. Nous voyons sa tombe et restons quelques minutes, puis nous décidons de manger mais il n’y a rien dans cette ville. Nous rentrons en bus à Panaji (notre ville) et mon père prend un de ses fameux accourcis très très long. Nous mangeons dans un restaurant délicieux et rentrons.

24/11/08

Aujourd’hui, mon père à été appelé tôt le matin pour lui dire qu’on avait gagné un prix pour la famille et qu’on allait faire un tour de 1 heure… A 2 heures, nous avons été appelés pendant qu’on mangeait au restaurant pour nous dire qu’un taxi nous prendrait à l’hôtel dans 15 minutes. Nous avons attendu un quart d’heure et un monsieur nous a amené à ” Whale inn”. Puis, on a parlé avec une dame et remplit un formulaire. Mais ce n’était que pour deux personnes et on devait aussi payer. Ils nous dirent ensuite que il n’y avait pas de personne pour nous faire faire le tour, alors on est rentré Ma mère n’était pas contente d’avoir gâché une heure. On rentra en passant par des magasins et s’arrêta pour voir des habits. Ensuite on est rentré à l’hôtel.

27/11/08

Je n’ai pas raconté les jours précédents car il n’y a rien à raconter. Maintenant je vais raconter ce jour. Nous rentrâmes dans un train pour aller à Mumbai et nous apprîmes que des terroristes attaquaient Mumbai, notre destination. Nous passâmes un peu près 12 heures dans le train et sortirent au terminal. Il était 10:30. Un chauffeur voulu nous conduire mais nous refusâmes. Nous marchâmes un peu et le chauffeur nous suivit. Comme mon père ne savait pas l’emplacement exact de notre hôtel, il accepta pour un prix qui était pour les bagages aussi. Il nous amena à l’hôtel et nous demanda beaucoup plus pour les bagages. Nous refusâmes mais il eut plus que le prix normal car on n’avait que des grands billets. Ma mère voulait voir les nouvelles et apprit qu’un super hôtel avait été attaqué et que des personnes étaient en train de tirer sur des gens avec des fusils.

28/11/08

Nous sommes restés dans l’hôtel toute la journée et sommes sortis seulement pour manger. Nous avons regardé aussi les nouvelles sur la télévision.

29/11/08

Pour sortir de la ville des terroristes, nous sommes allés à un parc d’eau hors de l’endroit des terroristes. Nous prîmes un train, puis un ”rickshaw”. Ensuite nous mangeâmes un déjeuner rapidement et prîmes un bateau pour arriver au parc. Nous rentrâmes et payâmes. Il y avait des super attractions d’eau. Mais, j’étais 2 centimètres trop petit! Un peu moins que 2! Il n’y avait qu’une piscine pour moi. Je n’avais rien à faire. Le soir, je jouai avec des enfants à la balle, dans l’eau. En tout je me suis ennuyé pour quelques heures. Au soir nous rentrâmes très tard à l’hôtel et dormîmes.

30/11/08

Nous sommes allés à l’aéroport. Nous avons mangé des ”samosas” et des sandwichs. Nous avons passé la sécurité et attendu que l’avion atterrisse. Nous sommes ensuite montés dans l’avion et il décolla peu après. Puis nous vîmes des films. Nous dormîmes ensuite.

Au revoir Bhimanapally…. (18 novembre)

Après plus d’un mois passé à Bhimanapally, il est temps pour nous de reprendre nos sacs à dos et de recommencer nos pérégrinations. Nous laissons beaucoup d’amis et de gens merveilleux à Bhimanapally et nous repartons, tout à la fois excités par les nouvelles découvertes qui nous attendent, et attristés de quitter ainsi tous ceux qui nous ont ouvert leurs portes et leurs cœurs. Mais nous n’oublierons pas Bhimanapally et nous espérons bien pouvoir aider un peu dans le futur, voire y revenir, qui sait?

Notre prochaine destination est la région de Goa, sur la côte. Nous arrivons le soir, après 14 heures de train, à Panjim (Panjini), et cherchons un hôtel. Sans Internet et sans téléphone, nous n’avons pas eu le temps de préparer la suite de notre séjour (de toutes façons, même sans cette excuse, nous procédons souvent ainsi, nous laissant guider…). Nous nous rendons compte très vite que les prix à Goa sont bien plus chers que ceux que nous avons connus jusque là. Nous trouvons quand même un hôtel où poser nos sacs. Nous avons 2 chambres et les lits ont des matelas (nous en avions perdu l’habitude…) et il y a l’eau chaude théoriquement. L’eau chaude se révèle vite une un mirage, mais nous n’en avons pas vraiment besoin, après tout… Devant la fenêtre de la chambre des garçons, un énorme nid d’abeilles est installé à l’extérieur. Espérons que la fenêtre ferme bien… Nous voulions un hôtel avec Internet pour rattraper tout notre retard, mais « on ne peut pas tout avoir », comme le dit si bien notre Amandine, qui est devenue très philosophe et nous sert des grandes vérités très régulièrement, comme cette autre formule « C’est mieux que rien!…. ». Merci Amandine! Tu as tout compris…

A Goa, nous goûtons la meilleure cuisine que nous ayons essayée jusque-là. Peut-être est-ce aussi dû au fait que nous savons maintenant manger à l’indienne et savons quoi commander…. Nous retrouvons le goût de la viande et nous essayons tous les plats au fur et à mesure. Rien de tel qu’un mois à cuisiner pour apprécier de nouveau de pouvoir mettre les pieds sous la table… Il reste bien d’autres choses à faire pour nous occuper, ne vous inquiétez pas…

Le 21 novembre, c’est notre anniversaire de mariage… 16 ans déjà… Les enfants, qui ont bien compris que nous avons besoin d’intimité, nous poussent hors de l’hôtel, avec mission de bien nous amuser… Les repas pouvant être pris à l’hôtel, nous ne nous faisons pas prier et les laissons ensemble avec mission de ne rien faire de dangereux et avec un budget maximum pour le repas… et aussi avec plein de devoirs, il ne s’agirait pas de faire l’école buissonnière pour autant! Nous savourons notre journée à deux, car nous n’avons pas beaucoup d’occasions de nous retrouver seuls…

A Goa, nous redécouvrons les joies de la plage, au grand bonheur d’Amandine. Nous en profitons aussi pour aller visiter la vieille ville de Goa. Toute la région était sous domination portugaise, et il y a un nombre incroyable d’églises très impressionnantes. Les maisons et monuments portent aussi l’empreinte du style portugais. C’est joli et très différent de ce que nous avons vu auparavant. C’est dans la vieille ville de Goa que se trouve le corps de Saint François Xavier, corps miraculeusement et naturellement préservé. Il n’est exposé maintenant qu’une fois tous les 10 ans, nous ne le verrons donc pas, mais nous pouvons prier dans l’église où il repose. De plus, c’est bientôt la fête de Saint François Xavier et la ville est en effervescence. Des gens sont venus d’un peu partout pour venir prier la neuvaine qui se terminera le 3 décembre.

Dans un café Internet de Panjim, nous rencontrons Martin, un suédois, et entendons son histoire. En débarquant à Panjim, fatigué, il s’est endormi sur la plage avec tous ses bagages. A son réveil, bien sûr, il n’avait plus rien… Plus de passeport, plus de carte de crédit, plus d’argent. Lorsque nous le rencontrons, cela fait deux jours qu’il n’a pas mangé, la police ne voulant pas l’aider et lui refusant même d’effectuer un appel en PCV. Son ambassade est à Delhi et il ne peut la joindre… Même boire est un problème, vu que l’eau n’est pas potable et qu’il ne peut pas acheter d’eau minérale. Le café Internet le laisse appeler et il arrive à joindre sa mère. Il va devoir patienter jusqu’à l’arrivée de sa carte de crédit, mais au moins il aura un toit pour dormir, sa famille ayant pu lui payer un hôtel par Internet. Il a dormi dans la rue la nuit précédente… Nous l’invitons à venir dîner avec nous. Les enfants sont impressionnés par son histoire; cela pourrait nous arriver, même si nous ne nous endormirions pas ainsi à l’extérieur avec tous nos bagages…

Le jeudi matin, nous quittons Goa pour Bombay. En montant dans le train, nous découvrons dans les gros titres des journaux que Bombay a fait l’objet d’attaques terroristes la veille au soir, et ce dans la gare où nous allons et à l’heure où nous devons arriver… Si nous étions partis un jour plus tôt, nous aurions été en plein dedans… Nous découvrons en même temps que l’aéroport de Bangkok, notre prochaine destination, est bloqué et que le pays n’est pas sûr pour le moment. Nous ne pouvons pas faire grand chose dans le train, et nous attendons d’en savoir plus pour prendre une décision… Nous arrivons le soir à la gare, où rien ne transparait des attaques de la veille, si ce n’est les policiers et soldats qui patrouillent. Il y a beaucoup de monde, peut-être moins que d’habitude, mais c’est difficile à dire. Par contre, les rues de Bombay sont vides, ce qui n’est pas normal dans une ville indienne, et surtout à Bombay. Notre hôtel, que nous avons réservé la veille, est tout près de la gare et à peine plus d’un kilomètre de l’hôtel Taj Mahal, ce qui n’est pas franchement idéal, mais nous avons déjà eu beaucoup de mal a trouver un hôtel qui avait de la place et qui était à un prix abordable pour nous 6. Le soir, nous regardons les nouvelles à la télévision, ce n’est pas rassurant, il vaut mieux ne pas sortir, et la situation à Bangkok semble bloquée… Le lendemain, nous décidons de changer nos billets et de partir en Australie directement. Les bureaux de British Airways ont changé d’adresse par rapport à l’adresse que donne notre guide. Le temps de découvrir où ils se trouvent et nous réalisons qu’il ne nous reste plus qu’une heure pour y aller, les bureaux fermant ensuite pour tout le week-end. Notre vol pour Bangkok part le lundi matin, à 5 heures du matin, c’est donc notre seule opportunité pour changer nos billets. Ian part en taxi et parvient à l’agence juste à temps. Vu les circonstances, on nous trouve un avion pour Sydney, le dimanche soir. Ouf! Le personnel de British Airways est visiblement très inquiet, ils doivent avoir du personnel dans le Taj, qui fait toujours l’objet d’attaques terroristes. Les télévisions parlent de « guerre » et la police répète que la situation n’est pas maitrisée. Nous passons la journée de vendredi dans la chambre hôtel, qui est petite et où nous sommes tous entassés, et la journée passe lentement. Nous ne sortons que pour les repas, de toutes façons, la plupart des commerces et restaurants sont fermés, ainsi que les écoles… Nous sommes fatigués et nous attendons notre avion avec impatience. Le samedi, la situation semble un peu meilleure, nous décidons de sortir et d’aller très au nord, dans un parc aquatique, histoire de changer un peu le moral des troupes… Cette journée nous fait du bien à tous. Elle nous fait un peu oublier toutes ces attaques. Nous regrettons de ne pas pouvoir visiter un peu Bombay, car nous sommes impressionnés par les nombreux monuments imposants que nous avons aperçus, mais tant pis.

Le dimanche, nous nous rendons à l’aéroport. La sécurité est maximale. Interdit de stationner devant l’aéroport et, pour pénétrer dans l’aéroport, gardé par des soldats, il faut montrer ses billets d’avion et passeports. Nous sommes en début d’après-midi et notre vol ne part pas avant 21h45… Mais, avec nos bagages, il est difficile d’attendre ailleurs qu’à l’aéroport… Des soldats armés patrouillent l’aéroport. L’un d’eux vient vers nous et nous demande d’évacuer notre place, des bagages abandonnés ayant été trouvés un peu plus loin. Finalement, les propriétaires des bagages reviennent, autant dire qu’ils passent un très mauvais moment… Ensuite, nous devons nous rendre au guichet d’embarquement. Mais avant, nous devons faire la queue pour aller faire scanner nos bagages qui partent en soute. Ces bagages, après avoir été scannés, sont scellés. A chaque étape, nos passeports et billets sont vérifiés de nouveau, nos bagages à main scannés et étiquetés eux aussi, et les étiquettes vérifiées à chaque passage de porte. Tous les voyageurs sont fouillés, en plus de passer sous le détecteur de métal… Nous mettrons plus de 3 heures à passer tous ces contrôles… Heureusement que nous sommes venus bien à l’avance… Finalement, nous embarquons. Nous faisons escale à Singapour et devons sortir de l’avion, juste quand certains d’entre nous avaient enfin réussi à s’endormir. Par la suite, impossible de se rendormir. Nous arrivons à Sydney, heureux d’être arrivés à destination, mais complètement épuisés. Entre le changement d’horaire, la nuit manqué en avion, et les évènements de Bombay, nous ressemblons à des zombis… Pendant que nous cherchons une auberge, David s’endort sur les bagages. Les enfants deviennent capables de dormir dans n’importe quelle position et en n’importe quel lieu, un des nombreux talents acquis pendant ce tour du monde…

Nous avons tous besoin de nous reposer et de souffler. Vive l’Australie. Nous sommes « chez » nous. Nous avons déjà habité à Sydney, en 1993, et Xavier est né en Australie, à Wagga Wagga. C’est un pays que nous aimons beaucoup et nous espérons bien revoir tous nos amis…. Rien de tel pour récupérer.

Notre auberge a l’eau chaude et des matelas moelleux… Quel luxe! Notre première visite dans un supermarché nous laisse tous ébahis devant la diversité des produits. Après 3 mois d’Asie et surtout 2 mois d’Inde, nous ne sommes plus habitués a tant d’abondance. Amandine pousse des cris de joie à chaque rayon et nous appelle toute excitée à chaque nouvelle découverte. Elle ne sait plus où donner de la tête! Les gens doivent se demander d’où nous sortons…

A normal day

I wake up. The church is shouting music at me, and that has the irritating habit of dragging me out of my sleep. At least the bus departing at 5 didn’t wake me up… The only problem is that the music, starting at 5.30, will last half an hour until mass. Its mission is to wake everybody up to go to work. The music is Indian type, which means its melody will stay almost the same throughout the whole song. But that melody booms! Actually, this is probably one of the best songs to wake people, not very comfortably perhaps but then who cares about comfort?

Although it’s rather hot, I drag the covers over me. I prefer enduring a little uncomfortable heat than fall prey to the mosquitoes. The mosquitoes they have here are big, mean, and seemingly everlasting. Their stings don’t just itch, but also hurt. Then I drag my I-pod under with me and listen the hours through.

8 o’clock. Time for breakfast. This is a rather painful meal for me because Indians mostly eat rice for breakfast (as all meals). I’ve tried rice with sugar once or twice, but normally I’m not that desperate. Sometimes we have industrial bread with a rare luxury, jam. Before this village I hated this jam, as I’m not into bland chemical tastes. Now though, I regret that jam. Sometimes we replace it with a mixture of lemon juice and sugar…

School. I go to fetch my laptop, and when on my bed, one of my feet falls through a hole and throws me down. Our beds are made of interlacing straps, which continually move, forming treacherous gaps. At the beginning I used to sleep directly on these, but now I have a plastic sort of mat to sleep upon. I used to use my jumper as a cushion, but now I’ve given up on that and sleep just on my arm. Two hours of painful school pass. Working on my own is significantly harder than with teachers, especially in literary subjects. And here, I can only blame myself if I advance slowly, or don’t understand something. In a school, I just have to adapt to the rhythm and eventually, even if I don’t complete the program, it will not really matter. It’s the difference between swimming out of habit and swimming out of sheer will. The second might be more impressive, but it’s much less agreeable than the first.

Almost 11 o’clock. I’m the only one which still has another hour of school, but I’ll do it in the afternoon. Time to go see the kids at school. As we enter in the playground, all the children there shout ‘Good morning’ and run to shake our hands. I find it hard to shake hands without halting, while still seeming to respect the other, so I walk just behind my Dad, so that he receives the brunt of the attack. I stop just behind the wall, waiting for my family to catch up, then turn. At once we have roughly 50 ‘Good morning, everyone’s’. I observe with a smile that they’ve progressed. They used to say ‘Good morning, sisters’ before. Good morning children, my father responds, and, before the rows of disciplined 4-6 years old we place ourselves in a line.

Then its Head Shoulders Knees and Toes with actions. They know the words well, although they probably do not understand all the meanings. It’s remarkable how they can take the words and absolutely destroy the tune.

I love these children. They’re happy and eager to learn. And they’ve got just the right amount of pride at what they’re learning to make you glad to teach them. They’ve got a truly amazing capacity at learning by heart rhymes and songs, when they don’t even know what the words mean! They’re probably better than me at this. If we were to teach me German songs, I would be close to incapable of learning them without first understanding the language. Proof that they don’t understand the words is that one song finishes with ‘My fair lady’, where we taught them to point to my mother. One girl keeps pointing to my father…

‘Alice the Camel’ follows, then ‘The wheels on the Bus’, ‘If you’re Happy’, ‘Round the Garden’, ‘In the Jungle’, ‘B-I-N-G-O’, ‘The Ants go Marching’, ‘Once I caught a Fish Alive’, ‘Baa-baa Black Sheep’, ‘Farmer Joseph’ (=Old Mac’Donald, except in India the cow goes ‘Amba’, and the dog goes ‘Bow Pow’) and so on. All these songs have taking an incredible amount of remembering for us (we got Internet once though, and sort of cheated).

Then it’s goodbye and my family go ‘home’ while my father and I direct ourselves to the school edifice, to see the headteacher. We give computer lessons. When she sees us she asks a random teacher to get a random class for us to teach. They have 5 computers, so old that they only accept diskettes. (That seems incredibly old to me, but maybe not so much to you.)

I’ve programmed (=made) games on the computer which attempt to teach the students how to use a computer. The first throws letters then words at you and you must type the same letter or word before it grows too big. The smaller they are, the more points you win. The second is a maths game, which throws sums and subtractions at you at adjustable difficulties. A third features a war versus evil words which fall from the sky in increasing difficulties and which you must shoot (by typing the same word), before they destroy your village. Each time you destroy one, it contributes to the building of your cross. When this is fully built, it casts a protective aura on your village and secures your victory. The last is a compilation of 4 unique games, football, saving birds from rain with an umbrella (I love originality), avoiding rocks with a spaceship and getting through mazes. This last game is a sort of reward games for hard work, and they also have as goal to teach arrow-keys usage.

Anyway, the class comes, and distribute themselves about 4-8 per computer. My father says hello. They stare back. My father lifts a keyboard, says ‘today we will learn how to use the keyboard’ and suddenly the power cuts. We wait awkwardly for ten minutes, then go back home. Once we did manage a one hour course…

Lunch! Our father has made a potato curry with rice. It’s pretty nice (actually in the present conditions it’s superb), except one does get tired of getting the same meal twice a day for over a week. Sometimes my parents break the monotony with rice alone. Sob…

Follows another hour of school for me, then I read or practice programming.

Shouts suddenly break the cool silence. Shouts screaming ‘Xavier! David! Eric! Amandine? Come please!’ My watch has long broken, but I can guess it’s roughly 6 o’clock. Most nights I go out to play with the children. If not they’ll literally break our house apart with pounding on the door, choruses of shouts and screams, and what not. This time I go out, say hello. They say Bagunara (=how are you)? I answer Bagunamu (=fine) with my horrible accent, and a little boy keeps on asking Bagunara so he can hear me answer again. Every night is a new adventure.

Today, I asked Joseph to organize a game of ‘Kabadee’, their national sport. He said okay, but him and I never got to even choosing the players, because of all the fighting. I tried to take a hand in it, but not speaking Telegu means I have to use Joseph as an interpret, whom I suspect to deform my words to serve his purpose. I tried various tactics to start the game, each ending miserably and at last told them I was going in 3 minutes if we did not start. After one minute of everybody running, we finally started playing for 30 seconds, before Joseph rebelled and brought the game to a standstill. Two hours of waiting for 30 seconds’ playing. Not too bad!

On my third day here, I had decided to organize a special game with the skipping rope, where I twirl the rope around myself and people have to jump when it passes under them. But as 30 children ran to play, I could never play 2 seconds before hitting someone’s legs. I thought I would be able to turn this bad beginning into an organized game, where 3 people would start, and we’d proceed with elimination until only one was left. This person would continue to the next game and two more would be chosen, etc.

Now every time I would choose the next two people, I’d have a pure energetic force of 20 frenzied children rushing into me, shouting, screaming, touching and probing me to be chosen. And when the game would start, all the people who had not been chosen would rush in, making the game unplayable. Ah well…

Yesterday night we were invited to eat at a man’s house. There’s an Indian proverb saying that visitors are like a half-God. If I may, there’s ample place in the 33 million Hindu Gods for visitors. Anyway, this proverb is actually rather scary because most invitations tend to end up the same way. They lead us to a table, seat us, and even the old man who invited us serves us during all the meal, not eating himself. His wife and child serve us too. They’ll eat later, when we’re gone. Although they never get to eat meat themselves, they’ve slaughtered one of their chickens just for us. This thought makes me feel guilty, but I am so deprived of meat that me, who in France wasn’t very fond of it, water at the sight of it. When I see a live chicken, I can’t stop a sudden feel of affection.

I have a momentary puzzlement when I observe that the cutlery is missing. Then I realize and with a tinge of sadness plunge my hand in my plate, mixing the curry and rice together, then raising it up and shoving it in my mouth. Some Indians laugh when they see me eat, I probably have terrible manners, I wouldn’t know. All I really know is that you don’t eat with your left hand, reserving it as a replacement for toilet paper (people here looked at our toilet paper with puzzlement, feeling it in a futile attempt to classify this strange substance). The hardest thing is eating yoghurt mixed with rice with only one hand.

Before going to bed, at 10 when everybody’s asleep, I like to walk alone in the dark. I need the calm, the time to put my ideas back together. Then sleep.

Bonjour à tous de Sydney!

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Juste un petit coucou pour vous dire que nous allons tous très bien. Nous sommes maintenant à Sydney. Nous étions à Bombay pendant les attaques terroristes et sommes arrivés dans la gare où ont eu lieu des attaques et à la même heure, mais le jour d’après, heureusement… C’était très impressionnant, car toutes les rues, commerces, restaurants, etc. étaient fermés et la télévision passait en boucle les images des attaques terroristes. Pendant plusieurs jours, la police disait que la situation n’était pas maitrisée et les titres étaient “War on Mumbay”. Impossible d’avoir Internet (les Internet cafés étaient fermés) et d’avoir des nouvelles autres que celles de la télévision et des journaux. Nous avons aussi dû changer nos plans, car nous devions aller en Thaïlande le 1er décembre, à Bangkok, et le pays n’est pas sûr actuellement… Nous avons réussi à changer nos billets in extrémis, et nous voilà maintenant à Sydney, où nous avons tous besoin de nous reposer… Mais rien de tel que la mer, le soleil et le sourire des australiens pour récupérer…

A bientôt pour plus de nouvelles et la publication des blogs de toute la famille…