Bonjour à tous du Yunnan…

Nous voilà maintenant à Kunming dans le Yunnan, province du sud-ouest de la Chine. Nous sommes à 1800m d’altitudes et les paysages sont plus montagneux. Kunming est surnommée la “cité de l’éternel printemps”, car il y fait toujours bon quelque soit la période de l’année. Il fait encore chaud, mais un peu moins qu’à Yangshuo, et ce n’est pas désagréable… Nous sommes essentiellement de passage à Kunming, qui est une grosse ville de 1 millions d’habitants, en attendant d’aller à Dali, dont la vieille ville est parait-il magnifique. Nous partirons demain, après la messe. En fait, après de nombreuses recherches sur Internet, nous n’avons trouvé qu’une seule église catholique dans tout le Yunnan et c’est ici à Kunming qu’elle se trouve. Nous serons de retour à Guilin dimanche prochain pour notre dernière messe en Chine, avant de reprendre l’avion pour nous rendre en Inde à New Delhi…
En attendant, nous nous plaisons beaucoup en Chine et avons particulièrement apprécié Yangshuo, où nous sommes finalement restés 10 jours. Les paysages étaient absolument magnifiques et la vie à Yangshuo très tranquille et plus traditionnelle que dans les grandes villes modernes. Nous avons pu nous promener plus à loisir au milieu des rizières avec nos vélos. Sans guide et sans carte précise, nous nous sommes enfoncés dans les petits chemins qui bordent les rizières. Très vite, ces chemins se sont révélés impratiquables en vélo et, après une ou deux frayeurs où nous avons failli tomber dans les rizières (surtout pour ceux qui étaient en tandem, plus lourds à manier), nous avons continué à pied en poussant nos vélos… Certains enfants, comme Eric, n’ont pas beaucoup apprécié, pourtant les paysages étaient superbes…
Dans la soirée, nous avons pu aller à un son et lumière au milieu des pains de sucre. Nous avons profité d’une « combine » pour pouvoir y aller à bas prix, car les tarifs étaient tels qu’ils étaient pour nous inabordables… En fait, nous nous sommes retrouvés de l’autre côté de la rivière par rapport au spectacle. De simples chaises attendaient tous les gens qui, comme nous, avaient choisi cette formule officieuse à bas prix. Etait-ce légal? En tous cas, nous avons pu voir, bien que d’un peu loin, ce spectacle, mais n’avons malheureusement rien compris à l’histoire. La chorégraphie et la musique étaient impressionnantes et des centaines de figurants participaient, qui sur des petites embarcations en bambou, qui sur la rive et dans les collines et pains de sucre.
Samedi, jour de repos pour nos « écoliers », j’ai eu la chance de pouvoir aller jusqu’à Long Ji, où se trouvent des rizières en étage, à flanc de montagnes, paysages uniques et grandioses. Il fallait compter 6 heures de voyage en bus, aller-retour, pour s’y rendre, ce qui fait que les enfants n’étaient pas vraiment motivés. Qu’à cela ne tienne, je m’y suis rendue seule, ne voulant pas manquer cette opportunité. Sur une quarantaine de touristes dans le bus, nous étions seulement 5 non chinois. Avant d’arriver à Long Ji, nous nous sommes d’abord arrêtés à Huangluo Yao, village qui abrite une minorité ethnique de Chine. Ce petit village perdu dans les montagnes est même mentionné dans le livre Guinness des records, car les femmes ne se coupent pas les cheveux (une fois seulement à l’âge de 18 ans, si j’ai bien compris les explications de notre guide, qui n’étaient pas simples à suivre en anglais…). Les plus longues chevelures peuvent atteindre 2 mètres, voire 2m50 pour le record. Les femmes roulent leurs cheveux en une coiffure sur le dessus de leur tête, et cette coiffure est différente selon si la femme est mariée ou non et si elle a eu des enfants. De plus, apparemment, les femmes gardent leurs cheveux noirs et, grâce à je ne sais quelle propriété de la rivière où elles se lavent les cheveux, elles n’ont pas de cheveux gris. Là encore, c’est ce que je crois avoir compris. (Notre guide du routard ne mentionne absolument pas cet endroit et, comme pour l’Afrique du Sud, où il n’y avait aucune mention d’une des régions que nous avons préférée, nous restons souvent sur notre faim en le consultant…). Nous avons le droit à un spectacle de danses traditionnelles et à des chants. Les vêtements des femmes sont très beaux et toutes les femmes de ce village portent ces vestes roses chatoyantes aux broderies délicates et cette jupe noire, brodée elle aussi sur le côté. La broderie est une tradition de ce village et tous les vêtements et couvertures que nous voyons sont magnifiques. Les petites maisons sont en bois et se fondent parfaitement dans ces montagnes vertes. Après ce spectacle, nous reprenons le bus pour arriver au pied du village où se trouvent toutes ces rizières en étage. Patiemment construites et entretenues depuis des générations, il a fallu des centaines d’années pour arriver à ce résultat: toute la montagne est recouverte de rizières vertes qui épousent les formes de la montagne et ondulent au gré de la pente et du relief. C’est extraordinaire et vraiment très très beau. Nous restons longtemps à contempler ces paysages où les hommes ont su si magnifiquement utiliser chaque possibilité du relief pour cultiver le riz, si important en Chine, sans pour autant défigurer ces montagnes majestueuses. Le village, lui aussi situé sur la pente de la montagne, s’étend tout en hauteur et les petites maisons en bois, un peu comme des chalets, sont très jolies. Partout sèchent du maïs et des piments rouges, ajoutant des touches de couleurs vives à ce décor très vert.  Ajoutés à cela, les vêtements aux couleurs chatoyantes des femmes et les tapis et couvertures brodés, pendus un peu partout sur les petits étals, sont un vrai régal pour les yeux… C’est comblée que je reprends le bus et retrouve toute ma petite famille 3 heures plus tard. Eric n’est pas très bien et a un peu de fièvre. Le soir, nous nous baladons dans les rues de Yangshuo. C’est le “moon festival” et tous les gens se réunissent pour célébrer ce moment et la ville est en fête pendant tout le week-end. Sur la place, des gens dansent, lentement et avec beaucoup de grâce et de légèreté. A 23 heures, la musique s’arrête, et, efficacité chinoise oblige, en moins de 5 minutes, il ne reste plus personne, ni plus aucune trace de la fête.
Le soir, nous prenons Eric dans notre chambre (Amandine a un peu de mal à céder son lit, car être avec nous la rassure) et pendant toute la nuit et au petit matin, il a beaucoup de fièvre. Je relis toutes les fiches que j’ai préparées sur toutes les maladies possibles et inimaginables qui existent en Chine et ailleurs, non pas pour me faire peur, mais pour pouvoir reconnaître les symptômes et savoir s’il faut aller consulter un docteur rapidement. Heureusement, peu à peu la fièvre tombe et Eric, bien qu’un peu fatigué, retrouve des couleurs et un peu d’énergie. Ouf! Nous n’irons pas consulter pour cette fois-ci, ni tester les hôpitaux chinois. Mais, du coup, je suis restée garder Eric et je n’ai pas pu aller à la messe à Guilin (il n’y en a qu’une seule le dimanche et Yann et les enfants se sont levés à 5h45 pour pouvoir y arriver à temps, car il y a une heure de route et le bus ne part que lorsqu’il est plein, et plus que plein d’ailleurs…). Le soir, Yann rentre avec les enfants et avec Lillilane, une étudiante chinoise rencontrée à Guilin à la messe, et avec qui ils ont sympathisés. Tout de suite, nous nous entendons bien. Le soir, nous allons nous promener dans la ville et grimpons au sommet de l’un des pains de sucre. Les chinois continuent de célébrer le “moon festival” et l’ambiance est festive. Au sommet, nous trouvons tout un groupe d’étudiants en train de faire la fête. Nous ne voulons pas les déranger, mais ils nous invitent à se joindre à eux et, comme toujours, nous sommes le centre d’attraction et des photos. Lillilane joue le rôle de traductrice. Le soir, nous rentrons à l’hôtel et faisons une place à Lillilane et lui laissons un lit.
Le matin, nous quitons Yangshuo pour nous rendre à Guilin, d’où nous prendrons un train pour Kunming le surlendemain. La station de bus est bondée, comme ne nous l’avions encore jamais vue, car tous les chinois qui se sont réunis pour célébrer le “moon festival”, rentrent chez eux. Mauvais jour pour voyager donc… Nous faisons la queue pour acheter les billets de bus et on nous annonce que tous les bus sont plein jusqu’à 14 heures. Nous cherchons une autre solution et essayons, avec l’aide de Lillilane, de négocier pour voyager dans l’un de ces petits mini-bus, mais ils savent qu’ils vont faire des affaires aujourd’hui et demandent 2 fois le prix normal, et ils ne veulent pas en démordre… Nous refaisons la queue pour acheter des billets et, cette fois, ils ne veulent plus vendre de billets et disent qu’il vaut mieux trouver une autre solution. Il fait chaud, la place est bondée, nous avons tous nos bagages avec nous et commençons à nous dire qu’il va falloir prendre quand même l’un de ces petits mini-bus. A ce moment-là, un bus d’une autre compagnie arrive. Nous savons reconnaître le nom de Guilin en caractères chinois et celui-là va à Guilin. Nous nous précipitons, mais nous ne sommes pas les seuls et, au rythme où il se rempli, il est evident que nous ne rentrerons pas dedans. Un deuxième bus arrive. Nous courons et Yann rentre les bagages dans les soutes, il ne nous reste donc plus qu’à réussir à embarquer… Nous sommes en nombre et essayons de faire un peu barrage pour pouvoir monter et permettre à Amandine de ne pas se faire écraser. Finalement, nous parvenons tous à monter, ouf! Le bus est bondé et nous sommes tous serrés, mais nous avons réussi…
A Guilin, nous sommes accueillis par les prêtres de la paroisse et cette nuit nous logerons chez eux. Il y a en fait des petits appartements le long de l’église pour accueillir ainsi les gens. Un peu reposés, Lillilane nous emmène déjeuner et nous fait essayer plein de petits plats différents que nous achetons un peu partout avant de nous installer dans un petit restaurant. Le prêtre est venu avec nous, même s’il a déjà déjeuné. Il ne parle pas anglais, mais, jusqu’au moment de notre départ en train pour Kunming, il nous prend en charge et nous accompagne régulièrement. Le sens de l’hospitalité en Chine est très fort et nous découvrons cette hospitalité généreuse et attentive. Plus tard, Lillilane nous emmène “quelque part de différent”: elle ne veut pas nous dire où nous allons pour nous laisser la surprise. En fait, nous arrivons dans un village de la région où les maisons sont encore en bois. Toutes petites et quasiment sans fenêtres, elles tranchent avec les grands immeubles que nous avons l’habitude de voir un peu partout dans  les grandes villes. Partout, des petits magasins vendent des antiquités chinoises et des objets de la période Mao. Nous flanons dans la petite ruelle bordée de ces étroites maisons en bois. David s’assied sur une pierre et aussitôt, une vieille chinoise qui habite dans la maison d’en face lui fait signe de venir. Il s’approche et elle lui tend un tabouret. Toute courbée par le poids des années, elle n’arrive pas à la taille d’Eric, et pourtant, elle insiste quand nous nous approchons pour nous donner des tabourets. Elle ne veut pas que nous l’aidions alors qu’elle cherche assez de petits tabourets en bois pour nous tous. Puis, elle va chercher deux grands éventails pour que nous puissions nous éventer. Avec l’aide de Lillilane, nous parlons un peu. Nous sommes assis à l’extérieur de sa maison et nous pouvons voir la petite pièce, meublée de 3 fois rien et très sombre. Elle ne doit pas posséder grand chose, mais elle nous accueille ainsi généreusement. Nous restons un certain temps avec elle, puis nous continuons notre marche. Nous profitons de la présence de Lillilane pour parler de la Chine, de ses traditions et de son histoire. Lillilane est étudiante en robotique et plutôt brillante. Venant d’une famille pauvre de 4 enfants (ce qui est particulièrement rare en Chine),  elle étudie assidûment pour réussir. Son anglais, qu’elle a appris en partie seule, est très bon. Elle a découvert la foi catholique pendant ses études et s’est convertie, à la grande désapprobation de sa famille, pour qui le grand-père est vénéré comme le fils d’un dieu.
Le lendemain, après la messe à 7 heures, nous sommes invités à aller petit-déjeuner avec les 3 prêtres de la paroisse: au menu, nouilles chinoises et viande… et ce à 7h30 du matin. Nous excusons les enfants pour qu’ils se reposent (et surtout pour leur épargner les nouilles au petit-déjeuner dont ils n’ont pas très envie…) et allons petit-déjeuner. Pendant que nous mangeons, l’un des prêtres se lève et revient avec … 4 bols en papier remplis de nouilles chinoises pour ramener aux enfants! L’expression des enfants, quand nous leur ramenons ce petit-déjeuner auquel ils croyaient échapper, est tout un spectacle… Après « l’école », le prêtre nous emmène visiter un parc de Guilin, le long de la rivière, puis Lillilane nous rejoint. Nous voulons faire quelques courses, avant d’embarquer pour nos 18h de train jusqu’à Kunming et c’est sous l’oeil attentif de Lillilane et du prêtre que nous faisons nos courses dans un genre de petit supermarché. Finalement, c’est l’heure de prendre notre train et c’est accompagné de tout le monde que nous prenons notre bus et montons dans le train. Nous avons choisi les couchettes dures, car plus abordables pour notre budget, et de plus ce sont des compartiments, non fermés, de 6 lits. Nous pensions avoir réservé les 6 lits d’un même compartiment, et nous découvrons finalement que nous avons en fait les 6 couchettes du haut de 3 compartiments successifs, couchettes visiblement les moins demandées, car très basses de plafond. Contrairement aux autres couchettes, il est impossible de s’asseoir. Tant pis, après tout, les couchettes sont assez confortables et les draps, housses de couette et taies d’oreiller sont propres. A 3 heures du matin, je suis réveillée par un garde qui m’éclaire et qui éclaire Amandine et qui me montre nos billets rangés dans son petit classeur. Il essaie de me faire comprendre quelque chose, mais, bien sûr, il ne parle pas anglais et je ne comprends rien. Je soupçonne qu’il veut récupérer le lit d’Amandine pour quelqu’un d’autre. Je ne suis pas pressée de comprendre et il repart finalement… Les 18 heures de train passent en fait assez vite et nous arrivons à Kunming. Nous allons à l’auberge de jeunesse indiquée dans notre guide. Il y a de la place et nous avons droit à un dortoir de 6. Il y a une table de ping-pong et une table de billard, ainsi qu’Internet. Les enfants sont ravis et peu motivés pour nous accompagner pour découvrir la ville… Nous les laissons et partons en compagnie d’Amandine explorer le parc de la ville. Le parc est joli et partout des petits groupes jouent de la musique et chantent. C’est très sympathique. Nous rencontrons un chinois qui parle anglais et nous discutons. Lorsqu’il apprend que nous avons 4 enfants, il nous parle de la politique de l’enfant unique et à quel point c’est difficile pour ceux qui aimeraient avoir plus d’enfants. Nous en avons déjà parlé avec d’autres chinois et lorsque nous lui demandons ce qui se passe lorsqu’une maman attend un 2ème enfant, alors qu’elle n’en a théoriquement pas le droit, sa réponse est édifiante: avortement forcé s’il est encore temps! Et sinon, très grosse amende et dificultés pour l’avenir…. Ce chinois est lucide et pense que d’ici 20 à 30 ans maximum, cette politique devra surement être abandonnée, car la société chinoise vieillit et il n’y a plus assez de jeunes…
Au gré de nos rencontres, nous parlons ainsi de la Chine, de son histoire, des grands évènements, de la période Mao, etc. Nous sommes très étonnés de découvrir ainsi que beaucoup n’ont jamais entendu parler de Tienanmen, les nouvelles n’ayant visiblement pas beaucoup circulé… Un étudiant français, rencontré à Kunming et installé en Chine depuis plusieurs mois, nous dit que lorsque les journaux français couvrent certains évènements en Chine, ils ne sont pas forcément accessibles depuis Internet ces jours-là… et beaucoup de sites Internet en anglais ne sont pas consultables depuis la Chine (dont notre blog!). Mais tous les chinois que nous rencontrons se sentent très libres et très fiers de leurs pays. Nous sommes étonnés de découvrir des livres publiés en anglais en Chine qui critiquent ouvertement le gouvernement ou des figures centrales de l’histoire chinoise..
A l’heure où j’écris ce blog, les enfants sont tous occupés a écrire le leur. Finalement, avec l’école le matin, et les sorties l’après-midi, la journée et la soirée passent très vite… Du coup, nous faisons une séance de rattrapage de blog aujourd’hui…. Mais, sans avoir accès au blog, c’est plus difficile. J’espère que nous pourrons envoyer ces textes en France pour qu’ils soient publiés et que vous puissiez les lire. Merci pour tous vos messages et toutes les nouvelles que nous recevons, et merci d’avance à Rémy pour son aide pour publier ces blogs.

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