Sawubona!!! (Bonjour en Zoulou)

Vendredi 1er Aout

Unjani? (Comment allez-vous?)

Ici, toute la petite famille va bien. L’intoxication alimentaire est maintenant loin derrière nous, heureusement… Depuis, nous avons participé à 3 « braai nights » (barbecues), typiques en Afrique du Sud. Nous continuons à aller à l’école les après-midi pour aider et jouer avec les enfants. Chaque jour à St Theresa est différent et l’expression « chaos organisé » décrit bien ce qui s’y passe. Avant-hier, en arrivant, nous avons commencé par aider des enfants à faire leurs devoirs de mathématiques. Le niveau n’est pas brillant, brillant… Beaucoup de ces enfants sont zoulous et leur anglais n’est pas forcément excellent, ce qui ne les aide pas. Pendant que Yann et moi aidions pour les mathématiques, David était en grande conversation avec Cihle (prononcer Cishley), qui a son âge et qui est passionné par les voitures. Xavier et Eric avaient apporté des cartes à jouer et tout un cercle s’est formé autour d’eux pour jouer. Amandine est restée avec nous. Puis, après les devoirs, tout le monde est sorti. L’un des enfants avait un ballon gonflable et un volley-ball impromptu s’est organisé. Ni les équipes, ni les règles, ni le terrain n’étaient vraiment bien définis, mais tout le monde criait de joie dès que le ballon touchait par terre et revendiquait le point. Plutôt sympa… Et chaque jour est ainsi différent.

La première semaine, j’étais dans la maisonnée Don Bosco avec Eric et Amandine. C’est là que les plus jeunes enfants sont rassemblés. Leurs âges vont de 4 à 11 ans, à l’exception de Brackley qui à 13 ans et qui est trisomique et qui nous salue joyeusement chaque jour. Le premier jour, les enfants étaient tous devant la télévision. Une personne, qu’ils appellent « tante », est avec eux chaque jour à chaque moment et c’est elle qui décide des activités. Chez les petits, un jour sur deux est passé à  l’intérieur devant la télévision. Certains enfants ont vite compris qu’ils pouvaient me demander de leur lire des histoires et j’enchaîne ainsi les livres qu’ils me présentent (cela va du plus simple imagier pour petits au roman). Mazwi, Lungelo, Llewellen, Praai, Bongani, Pelele… semblent montrer le même intérêt quelque soit le livre, étonnant… Pendant ce temps, Eric et Amandine jouent avec d’autres enfants Les jours où les enfants sont dehors, nous jouons au basket, au foot ou à toute autre activité du moment selon les idées des enfants qui ne manquent pas d’imagination pour jouer avec 3 fois rien…

Certains enfants ont visiblement des familles qui les soutiennent financièrement et les contrastes sont assez marqués. Quelques rares enfants ont des vélos, des téléphones portables, des chaussures, de vrais ballons, etc., alors que d’autres, sans chaussures, portent des habits déchirés et se fabriquent des ballons avec des sacs plastiques. Mais tout ce petit monde cohabite avec joie et bonne humeur et pas mal de générosité dans l’ensemble.

Hier, nous avons été invités à visiter l’une des écoles des enfants avec Mike, l’un des volontaires qui y travaille. Elle se trouve à plus de 40 km et nous nous sommes levés à 6h pour pouvoir nous y rendre en taxi. Certains enfant de St Theresa, eux, se lèvent chaque jour à 5h pour y aller…. C’est une école primaire qui comprend plus de 500 enfants, zoulous pour la plupart. Les niveaux d’anglais des enfants sont très différents au sein des mêmes tranches d’âges et cela rend l’enseignement, en grande partie en anglais, très difficile. Les enfants sont en uniforme, mais il y a pas mal de variations sur le thème… Nous aidons pendant la classe d’informatique (cette école est l’une des rares écoles de la région qui possède des ordinateurs, fruits d’un don). Peu après, le professeur d’anglais étant absent,  on me demande de faire la classe pour des enfants de 10 ans. Plus de la moitié des enfants comprennent à peine les mots simples, pas facile, facile… Ils doivent notamment recopier un exercice et le compléter avec les mots donnés. Deux enfants finissent en 15 minutes, mais la plupart auront besoin de plus d’une heure pour y arriver, et de beaucoup d’aide… et tout cela dans un grand chaos. Certains enfants mangent, d’autres boivent. Certains n’ont pas de crayon ou de papier. Il doit y avoir 2 bouts de gomme dans toute la classe, et tout le monde en  a besoin…

Les enfants vont ensuite à la bibliothèque (là encore, c’est l’une des rares écoles qui dispose d’une bibliothèque dans cette région). Amandine est partie depuis longtemps avec ses « amies » et le communication semble passer parfaitement… Xavier, David et Eric jouent au « mémory » dans la bibliothèque (les paires sont constituées par des mots, l’un est en anglais et l’autre est en … zoulou!) Nous restons jusqu’à 13 heures, heure à laquelle les plus jeunes finissent l’école. Les enfants ici sont tous très ouverts et chaleureux. Très souriants, ils sont visiblement très intéressés et intrigués par notre famille… Dans l’après-midi, nous nous rendons à St Theresa une dernière fois, car le vendredi certains enfants repartent dans leur famille. Nous avons apporté des carnets de chants et avec tous les enfants présents, nous chantons des classiques anglais… L’une des chansons, qu’ils ne connaissaient pas, mais qu’ils ont tous apprise très rapidement et qu’ils nous réclament encore et encore est celle qui s’appelle « Worms »… Eclats de rire de toute la chorale garantis à chaque fois… Je crois que nous avons tous beaucoup apprécié cette première expérience de volontariat.

Aujourd’hui, nous avons prévu d’aller à la plage, car à part notre visite à Ushaka Marine World (absolument superbe), nous n’avons pas beaucoup profité des magnifiques plages de Durban. Il fait suffisamment chaud pour se baigner normalement… à voir…

A partir de demain, nous allons louer une voiture pour le reste de notre séjour en Afrique du Sud. Il nous reste beaucoup de kilomètres à parcourir pour découvrir un peu plus ce pays magnifique… et cela nous permettra d’être un peu plus indépendants, car pour l’instant nous dépendons des taxis. La semaine prochaine, nous allons participer, en tant que volontaires, à un projet dans un village Xhosa, en pleine nature, au-delà de Port St John. Cela promet d’être dépaysant. Bien sûr, nous n’aurons pas de connection Internet pour au moins une semaine… Il faudra être patients… Ici, se connecter n’est pas toujours facile, même si toutes les auberges de jeunesse ont Internet. Dans l’auberge Tekweni Backpakers où nous sommes, nous ne pouvons pas connecter notre ordinateur, ni mettre des photos… d’où moins de publications…

Voilà pour les nouvelles pour le moment. Tout le monde va bien et semble apprécier cette nouvelle vie. Peu à peu, nous trouvons nos marques et nous organisons: ranger son sac, faire sa lessive chaque jour ou presque, faire les courses, se déplacer, etc. Nous venons de faire le plein de livres de lecture pour les enfants et le morale est au beau fixe. Nous achetons des livres d’occasion que nous laissons ensuite sur place… histoire de ne pas ajouter de poids à nos bagages… Eric a trouvé son « Lord of the Ring » tome 3 et est déjà plongé dedans.

 

Sinon, pour répondre aux questions sur la situation en Afrique du Sud, il n’y a plus de ségrégation raciale, mais plutôt une « ségrégation » économique et sociale. Presque 80% de la population est noire, 9% est métis, 8% est blanche et 2,5% est indienne. Il y a différentes ethnies noires, Zoulous, et Xhosa notamment, et 11 langues officielles, dont l’afrikaans, le zoulou et l’anglais. En 2005, les estimations faisaient état de 65% de la population qui vivait au-dessous du seuil de la pauvreté et on voit de nombreux bidonvilles qui contrastent très fortement avec les quartiers résidentiels riches… Le chômage touche près de 40% de la population noire, et seulement 3% de la population blanche, et nous croisons régulièrement des femmes noires qui nous demandent du travail…

L’un des grands problèmes ici est le problème de la violence sous toutes ses formes (vols, carjackings, etc.) Il ne faut pas sortir le soir après 17h30, quand il fait nuit. Toutes les maisons que nous voyons sont protégées par des barbelés, fils électriques, alarmes, etc., et l’Afrique du Sud détient le second taux mondial (après Israël) de barbelés au mètre carré! Et c’est probablement ce qui surprend le plus au début… Mais, sinon, tout le monde semble s’accorder à dire que se promener dans la journée est sans risque, pourvu que l’on ne sorte pas paré de tous ses bijoux…

L’Afrique du Sud est un pays riche pour le continent africain et moderne. Pour nous, le coût de la vie ici est plus bas qu’en Europe, et cela nous permet de respecter notre budget que Xavier tient bien à jour…

Cette fois, je m’arrête…

Sala Kahle (au revoir)

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